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Les bords de l’Artière, des quartiers à protéger

dimanche 1er février 2004, par le bureau

Une urbanisation rapide

Depuis une dizaine d’années, les quartiers qui bordent l’Artière dans la traversée de Beaumont ont subi un changement important. Du stade à la limite Beaumont-Aubière, l’Artière s’écoulait à travers une zone agricole faite de jardins séparés par des murs en pierre de Volvic, typiques de notre région ; elle arrosait les cultures maraîchères et, lorsqu’elle sortait de son lit, les conséquences étaient minimes, sinon positives, pour les Beaumontois, sans doute moins pour leurs voisins Aubiérois, voire Aulnatois, chez lesquels, par le passé, ses crues ont fait d’importants dégâts.

Les bords de l'Artière, un espace à préserver
C’est précisément à cette époque, voire un peu plus tôt, que l’urbanisme a connu un bond en avant impressionnant dans les communes environnant Clermont-Ferrand, dont Beaumont : ainsi les quartiers de la Châtaigneraie, de Boisbeaumont, de la Mourette, du stade et de Champ-Madame ont accueilli soit des maisons individuelles, soit des ensembles immobiliers, à un point tel qu’il ne reste actuellement, si l’on fait un rapide bilan, que la zone de la Châtaigneraie, bien qu’un peu grignotée, et la zone de l’Artière, avec et dans le prolongement du bassin d’orage, qui peuvent constituer des écrins de verdure autour de la ville.

Les principaux projets immobiliers ont été initiés il y a cinq ou six ans, telle l’AFU Bernard Maître ; il faut aujourd’hui les gérer et, compte tenu des nouvelles compétences dévolues au Maire et à la commune par les lois de 1983 et 1987 sur l’urbanisme et la loi Solidarité et Réseau Urbain de 2002, il convient de veiller à leur meilleure intégration dans le site et, à l’occasion, tenir compte de nos orientations politiques pour y implanter du logement social. De la même façon, il faut faire progresser l’implantation d’entreprises dans la zone industrielle à la fois pour l’emploi, mais aussi pour une diversification de la fiscalité locale.

Un équilibre à préserver

Cependant, aujourd’hui, n’avons-nous pas atteint le point critique en matière d’urbanisation de la ville et de ce quartier en particulier ? Le cours de l’Artière, si l’on fait un peu d’histoire, a connu quelques crues importantes ; avant que les bassins d’orage du Pourliat ne soient réalisés, ce sont nos voisins qui en ont surtout fait les frais. Mais aujourd’hui, ce pourrait être les riverains qui ont été autorisés à construire quasiment sur les rives de la rivière, notamment aux alentours du pont, rue B. Maître ... Pour protéger leurs terrains et leurs constructions, certains ont renforcé la rive, côté Vieux-Bourg, et cela au détriment de murs plus anciens que le cours orienté de la rivière ravine désormais. Les risques d’inondations sont réels sur la partie amont du bassin d’orage.

Dès lors, n’est-il pas temps de limiter cet urbanisme et de rendre ce qui nous reste de patrimoine encore en l’état sur ce secteur à un usage d’agrément ? Pourquoi ne pas réhabiliter les murs des jardins pour rendre la vue plus homogène ? Pourquoi ne pas prolonger les chemins qui serpentent dans le bassin d’orage pour aménager un parcours au bord de l’Artière, ce qui permettrait d’éviter que ne soient entreposés sur les berges des détritus qui sont emportés au moindre débordement et favoriserait ainsi la promenade dans un site quelque peu protégé ?