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Le 19 mars : Pourquoi Beaumont a-t-elle commémoré la guerre d’Algérie ?

samedi 1er juillet 2006, par le bureau

Depuis quelques années, le choix de la date de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie suscite un vif débat. Cette année encore, la FNACA et la majorité de la municipalité se sont retrouvées, le 19 mars devant le monument de la fin de la guerre d’Algérie pour célébrer le souvenir de cette période douloureuse. Or, depuis quelques années, le gouvernement de droite souhaite que le 5 décembre devienne date officielle de commémoration.

Notre opposition au 5 décembre

À quoi correspond cette date ? À l’inauguration par le Président de la République d’un mémorial. Cela n’a aucun sens. Va-t-on remplacer le 8 mai par la date anniversaire de l’inauguration du Mémorial de la Paix à Caen ?

Ce choix du 5 décembre comme journée nationale d’hommage révèle un réel mépris et relève d’une inadmissible démarche partisane. Pour nous, ce choix n’est pas anodin. En choisissant une date qui n’a aucune signification historique, le pouvoir porte atteinte au sens de l’histoire et à l’intérêt des commémorations.

Pourquoi le 19 mars ? Pour le respect de l’Histoire et des valeurs républicaines

La stèle située derrière la mairie
Une date commémorative doit avoir un sens réel et les cérémonies l’accompagnant doivent dépasser la stricte commémoration. Une telle date, intégrée dans la tradition républicaine, est plus qu’un simple moment d’hommage. Elle doit être un temps fort dont chacun connaît (ou devrait connaître) l’origine. À cette occasion, chaque citoyen doit réfléchir, avec les convictions qui sont les siennes, aux événements évoqués, à leurs causes et origines, à leur réalité. Le premier respect dû ce n’est pas une manifestation formelle et expédiée, c’est la volonté d’amener chacun à un véritable comportement digne d’un citoyen responsable. La date du 11 novembre permet de réfléchir aux atrocités des guerres. Celle du 8 mai évoque la barbarie nazie et les dangers de tous les totalitarismes, de tous les racismes. Le 14 juillet est une date fondatrice de notre République mais aussi un temps de réflexion sur notre devise “Liberté, égalité, fraternité”, sur sa modernité et sur les défis qu’elle recouvre.

Dès lors, le 19 mars est une date clé. Le 19 mars 1962, c’est le cessez-le-feu en Algérie résultant des accords d’Evian. Ces accords ont été ratifiés par un référendum, avec 91 % de oui. Ce 19 mars signifiait la fin d’une aventure militaire pénible, une victoire de la paix, un moment de cohérence avec la Déclaration des Droits de l’Homme.

Certes, des événements dramatiques ont ensuite endeuillé la terre d’Algérie.

Il n’empêche que seule cette date, reconnue par une majorité de députés et des associations représentatives d’anciens combattants, peut remplir le rôle dévolu à une célébration.

Comme F. Mitterrand et H. Kohl ont su dépasser les drames du passé, comme J. Chirac s’est recueilli à Alger devant le monument des Martyrs, sachant surmonter les séquelles d’un passé douloureux : faisons du 19 mars une date d’amitié entre les peuples et de victoire de la paix et qu’un espace public beaumontois prenne rapidement cette date emblématique