Accueil > Bulletins > Année 2006 > Bulletin - Juillet 2006 > Contre la précarité proposée par la Droite

Contre la précarité proposée par la Droite

samedi 1er juillet 2006, par le bureau

Précariser l’ensemble du parcours de la vie telle est la trouvaille de Madame Parisot, Présidente du MEDEF : “la vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?” c’est le choix de société proposé par le patronat et la Droite.

Les contrats de la régression sociale

La précarité serait censée remédier au chômage. Personne ne pourra sérieusement le croire. Comment construire sa vie quand on ne sait pas si l’on aura du travail le lendemain ? Quelle banque accordera un prêt à un jeune dans cette situation ? Quel propriétaire louera son logement à quelqu’un qui n’offre aucune promesse de revenus ? Où est la liberté individuelle et quel est le sens du mot démocratie quand se syndiquer devient périlleux, quand on peut se retrouver arbitrairement sans emploi, face à une vie financière précaire, où logement, vie de famille deviennent … des problèmes ? La pauvreté explose en France, comme jamais, c’est le résultat du chômage et de la précarité. Pendant ce temps, les richesses du CAC 40 ont augmenté de 23 % en 2005, les actionnaires des plus grosses entreprises ont empoché 22 milliards d’Euros sans remuer le petit doigt … Jamais, dans les média, on ne nous parle de cela !

Du CPE au CNE, du contrat jeunes au contrat vieux …

Claude Imbert écrit dans l’hebdomadaire Le Point : “le mérite [du CPE] est d’enfoncer un coin dans la Bastille de cet ancien régime, le Code du travail et son byzantinisme malthusien”. Et de fait le code du travail vole en éclats avec les licenciements sommaires sous couvert du recrutement à l’essai (CNE). Et si les jeunes sont durement touchés, les anciens ne sont pas oubliés non plus. Le “contrat senior” supprime la contribution Delalande, pénalisation contre les entreprises licenciant des salariés de plus de 55 ans. Il élargit le cumul emploi et retraite et propose de porter la surcote de 3 % à 5 % de manière à inciter plus fortement les salariés à poursuivre leur activité professionnelle au-delà de 60 ans. La retraite devient ainsi une notion aléatoire et l’objectif final est clair : généraliser à tous les CDI la notion d’embauche à l’essai. L’idéologie du patronat a évolué vers l’instauration d’un droit de relations individuelles à la place des relations collectives du travail. On fragilise le maintien dans l’emploi, la capacité à défendre son salaire et ses conditions de travail, on fait du salarié un pion mobile.

Transformer le citoyen en simple consommateur, non !

Donnons un instant la parole à Hans-Hermann Hoppe économiste “libéral” autrichien : “ce n’est pas la démocratie mais la propriété privée, la production et l’échange volontaire qui sont les véritables sources de la civilisation et de la prospérité humaine”. La précarité, les inégalités, réduisent la possibilité pour les citoyens de se projeter dans l’avenir, donc de se sentir partie prenante de la société. En brisant les solidarités, en favorisant le repliement sur soi et la concurrence entre les individus, on s’achemine tout droit vers cette société où, comme le disait Karl Marx “le bestial devient humain et l’humain devient bestial”. Cette société-là nous n’en voulons pas, la riposte des jeunes et le rassemblement politique et syndical l’ont clairement montré. Dans les manifestations, les slogans étaient l’expression d’une force puissante, celle qui assemble toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans des valeurs de Gauche. À Beaumont comme ailleurs dans le pays, sachons les porter bien haut dans le débat, la lutte, l’action et bien évidemment l’unité.