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Un monde de paradoxes

samedi 5 décembre 2009, par Le Groupe IDÉES Pour Beaumont

Tous les états et en particulier, les plus puissants, semblent prendre en compte le défi climatique et participeront au sommet de Copenhague afin d’inverser le processus le réchauffement de la planète, alors que le G8 (les pays les plus riches et les plus libéraux) ne s’est pas rendu au sommet de Rome sur la sécurité alimentaire (plus d’un milliard de personnes souffrent désormais de faim chronique et 24 000 personnes meurent chaque jour de faim ou de problèmes de sous-alimentation). Autre contradiction, on a célébré à juste titre la chute du mur de Berlin, mais quel silence sur les autres murs érigés depuis 1989 : aucune réflexion sur les 17 murs de la honte dans le monde. On recense aujourd’hui 7 500 km de murs et si les projets annoncés sont menés à terme ils atteindront les 17 000 km. Ils attisent la haine, la peur d’autrui, la crainte et le repli : les visibles, comme le mur dressé par les Israéliens face au peuple palestinien ; les invisibles, comme cette Europe qui se replie dans l’Espace Schengen et qui permet ainsi à M. Besson de pourchasser des clandestins innocents et d’agiter le spectre d’une « identité nationale soi-disant menacée ».

Autre paradoxe, face à la crise qui secoue le monde capitaliste, l’intervention de l’État est apparue indispensable et pourtant nous assistons depuis à un retour en force des valeurs libérales, en particulier, l’allégement du poids de la puissance publique. Ainsi la droite détricote lentement mais avec beaucoup de pugnacité idéologique, les acquis de justice et de solidarité instaurés par le Conseil National de la Résistance : les services publics, les emplois, la sécurité sociale ... par exemple, N. Sarkozy, de nouveau, s’empare du thème de la sécurité et en même temps, il diminue les effectifs de police, (ce qui entraîne la fermeture du bureau de police de Beaumont) ; Il s’attaque aux collectivités territoriales et à leurs éventuelles « dépenses dispendieuses » mais pour pallier les déficiences de plus en plus nombreuses de l’État, les communes doivent développer des services publics de proximité (CCAS, police municipale, état civil ...).

En parlant de la situation écologique de la planète, J. Chirac disait « La maison brûle et nous regardons ailleurs ». Cette maxime est à attribuer aux actes politiques de la droite : la maison France brûle, les solidarités sont mises à mal et la précarité est devenue un état permanent. Aujourd’hui la société est une société d’individus, elle a donc besoin de l’État comme principe d’unification et de protection. Repeindre en vert le capitalisme n’est pas suffisant. Les états doivent mettre en place un mode de développement qui soit à la fois durable, soutenable et renouvelable sur le plan écologique, générateur de progrès social et d’émancipation humaine, démocratique et citoyen.