Retour sur les législatives

Politique

La constitution de la cinquième République a été conçue pour générer une assise parlementaire confortable au gouvernement en amplifiant le phénomène majoritaire. La réussite est aujourd’hui totale puisque Jacques Chirac avec 19,88 % des suffrages au premier tour voit son parti obtenir 369 députés, c’est à dire 64 % de la représentation nationale ! Des pans entiers de l’électorat ne sont pas représentés à l’assemblée nationale et, même si nous n’avons aucune sympathie pour certains d’entre eux, force est de constater que si on leur ajoute 40 % d’abstentionnistes et 8 à 10 % de non inscrits sur les listes électorales, ce n’est pas la France d’en bas à laquelle nous avons affaire mais, pour reprendre le titre d’une ancienne émission de télévision, ce serait plutôt la France défigurée ...
Il faudra bien que les partis dits “de gouvernement” abordent ce problème mais ils ne manifestent aucune hâte à modifier un système qui leur laisse la part belle.

Dans notre circonscription, Valéry a choisi son fils et l’électorat, servile, a suivi en renâclant certes un peu puisque, au deuxième tour, il a manqué à ce dernier 4318 voix de droite (sans compter celles de l’extrême droite) avec, il est vrai, 5760 suffrages exprimés en moins qu’au premier.

Danielle Auroi a vu son score progresser de 2498 voix par rapport au total des suffrages de gauche du premier tour. Il semble bien que, même à droite (si, si, c’est possible...), certains électeurs aient trouvé la touche monarchique un peu trop appuyée.

À Beaumont, la gauche demeure majoritaire puisque Danielle Auroi en progressant de 115 voix par rapport à l’ensemble des votes de gauche obtient 51,51 % des suffrages exprimées et ce malgré une mauvaise participation (482 votants en moins). Ce résultat témoigne d’un excellent report de voix à gauche. Son distingué adversaire recule de 526 voix par rapport au total des trois représentants de droite du premier tour, la cuillère dorée n’étant pas toujours suffisante pour faire avaler la potion. Il faut toutefois déplorer, chez nous comme ailleurs, une hausse des abstentions entre les deux tours.