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Musique Actuelle

Norfolk A.C. - Josh Houseman - Franck Arbaretaz

mardi 25 octobre 2011, par le bureau

Jeudi 10 novembre à 20 heures au Tremplin, concert de Norfolk A.C. - Josh Houseman - Franck Arbaretaz.

On la sent presque. Sous les doigts, sur la peau, dans les cheveux. Soulevée par les trucks et un vieux pickup, dans la pénombre d’une grange, en tourbillons au-dessus des maïs, collée au gasoil, sous les bottes. L’odeur de la poussière. Can’t sleep tonight. Trop chaud, le vent est trop chaud. On est au croisement. Midnight hour, et la vie qui pousse vers l’ailleurs.
Et alors il a eu cette guitare, et il lui a appris à parler…
Vingt ans à rêver de ça, d’une Telecaster fendillée pendue à une bretelle de vieux cuir, et la route qui s’ouvre devant. On bosse dur, on ne lâche rien. Tenir. Des heures et des heures de blues et de rock, ici ou de l’autre côté de la Manche. De porte en porte, de chemin en chemin, devant Willy DeVille, Elliott Murphy, avec John Brassett, son mentor, ou Ali Harter, qui partage là quelques chœurs et un duo enchanteur, Cyril Amblard devient Norfolk A.C. Un type et un sourire qui réchauffent les cœurs, une allure comme là-bas, au loin, où les champs et les villes se nourrissent du sang et de la sueur des hommes. L’histoire est juste ici, tout au fond, elle grandit. Elle a pris vie doucement, bercée par un rimshot, le mid tempo des longues nuits passées à la radio, quand le meilleur de l’americana et de la country gardaient l’Auvergne éveillée…
2007. Le concours Rock en Strophe est dans la poche. Fin de la valse hésitation. Norfolk A.C s’entoure d’une poignée de fidèles, les chansons sont fraîches, toutes, craquantes comme du bois sec et attachantes comme les héros modestes de la fière Amérique. Guitares flamboyantes, caisses claires marteau-pilon, harmonicas chantants, tapis de six-cordes dorées comme les blés, mélodies divines, on y est. En plein. Ici, on chante et on écrit comme un John Deere étriperait la terre, des sillons profondément marqués sous le soc des Bruce Springsteen, Steve Earle, Johnny Cash, Hemingway ou Steinbeck.
Midnight Road, douze titres et quelques cœurs brisés, des destinées tragiques et des fondations à bâtir. La route passe entre 1929 et 2001, entre la Johnstown Company et la Bible Belt. Et l’amour, énorme douze cylindres en V planté droit dans le cœur, pour tirer la vie vers l’avant. Et pour se frotter aux grandes figures, fantasmes aux gueules cassées et rêves limpides, un voyage inoubliable en compagnie des Ryan Adams, Chris Knight, John Mellencamp, Ryan Bingham…
Le héros du jour n’est ni pompier ni ouvrier, le héros du jour chante l’Amérique souterraine, universelle et quotidienne, l’Amérique du rêve et du marasme industriel, l’Amérique déchue et remplie d’espérance.
Le héros du jour s’appelle Norfolk A.C, comme Auvergne County. Tout simplement.

Hervé Deffontis