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Non à lʼincinérateur, oui à la valorisation des déchets !

vendredi 24 septembre 2010, par le bureau

Le traitement et la valorisation des déchets sont devenus un problème grave et prioritaire, lʼincinération nʼest pas la solution. Voyons pourquoi ? et que faire ?

Les conséquences néfastes de ce choix de traitement par incinération

Risques sur le plan sanitaire :

Contenu de nos poubelles
Depuis 2003 l’Institut National de Veille Sanitaire a montré la recrudescence des cancers et autres pathologies autour des incinérateurs. Il incrimine les dioxines et les mélanges gazeux issus des combustions qui sont rejetés dans l’atmosphère malgré la présence de filtres. Ils arrivent directement dans nos poumons ou par le biais de la chaîne alimentaire. Soulignons que tous ces polluants toxiques, cancérigènes (plusieurs centaines) n’existent pas à l’origine dans nos poubelles, ils se créent pendant la combustion, lors d’une alchimie complexe de ces multiples déchets mélangés.

Pas d’incitation au recyclage :

La solution incinérateur ne crée pas d’incitation au recyclage des déchets et donc à leur réelle valorisation : impact négatif sur l’environnement et gaspillage des ressources.

Conséquences sur le plan politique :

Le schéma préconisé de gestion des déchets dans le récent Grenelle de l’environnement ne retient l’incinération qu’en avant dernière solution [1], et recommandation est donnée lorsqu’on ne peut faire autrement, de ne faire que de petits incinérateurs. Des alternatives sont préconisées à commencer par le tri des déchets dès leur production et la collecte sélective, car toutes les communes ne les pratiquent pas encore.

Lʼentêtement du Valtom

Malgré ces risques santé et ces nouvelles recommandations, le VALTOM (syndicat ayant à sa charge la valorisation des déchets sur notre département), s’entête dans la solution d’un INCINÉRATEUR de 150 000 tonnes / année à Beaulieu, incinérateur de grande taille qui justifiera l’apport des déchets provenant de l’extérieur du département et qui confortera les communes en retard sur les collectes sélectives et les solutions de proximité, type enfouissement et compostage, de continuer à ne rien faire.

Ce ne sont pas les seuls reproches que lʼon peut faire au VALTOM

L’implantation de l’incinérateur, c’est la porte de Clermont qui a été choisie comme site départemental, dans cette cuvette bien connue météorologiquement, qui a le triste privilège de cumuler toutes les pollutions aériennes lors des phénomènes réguliers d’inversion de température, phénomènes potentialisés par la rareté des vents. La pollution liée aux dégagements de gaz des voitures est à elle seule un souci quotidien Sur le coût : la solution incinération revient chère et crée peu d’emploi. Quelques chiffres : projet d’incinérateur Vernéa du VALTOM, en investissement 360 Millions d’euros et en fonctionnement environ 135 € par tonne par an sur 20 ans. En comparaison le projet Ophrys [2] sans incinérateur proposé par Clermont-Co demande un investissement de 230 Millions d’euros et en fonctionnement 86 €/tonne /an. Même avec un dédommagement pour la société Vernéa, le projet Ophrys permet une bien meilleure utilisation des deniers publics sur tous les plans.

Le phénomène d'inversion météorologique

Quant à la démocratie, elle est bafouée. Après deux enquêtes publiques avec avis défavorable, après une pétition de 28 000 personnes, après une pétition de 530 médecins, après l’opposition de Clermont Communauté, du préfet en 2008, malgré des solutions alternatives possibles, le VALTOM continue à vouloir implanter son incinérateur !, car sur le plan administratif la représentativité des délégués du VALTOM est sans rapport avec les bassins de population, ainsi Clermont agglo qui représente 45% de la population est représentée seulement par 5 délégués sur 24. Ainsi le projet d’incinérateur peut s’imposer contre l’avis des populations devant un tribunal !! surtout que le risque sanitaire n’avait plus à être évoqué.

Entre temps, tri et récolte sélective se sont améliorés (notamment pour l’agglomération), cela se traduisant par une augmentation des quantités de déchets recyclés, et depuis 2009 la mise en place de la 3e poubelle des bio-déchets permet de conforter ce bilan. L’extension du centre d’enfouissement de Puy Long est terminée ce qui permet l’attente et la mise en place d’une solution de traitement complémentaire.

Que faut-il faire pour faire reculer le spectre de lʼincinérateur ?

Au quotidien

Continuer le tri à son domicile.

En maison individuelle, installation de composteurs : seulement 21% des ménages en sont équipés.

Dans le court terme

Faire pression sur les élus à tous niveaux de responsabilité (local,
national, européen) pour inciter chaque département à mettre en oeuvre les moyens du tri et des collectes sélectives, pour prendre en compte les objectifs gouvernementaux de réduction des déchets, pour développer la gestion de proximité des déchets ultimes, pour inciter les industriels à concevoir des emballages moins gourmands en matière première et développer les consignes, inciter les commerces à proposer sur leur site des plateformes de déballage et recyclage, et pour exiger la mise en place de solutions alternatives à l’incinération. Solutions qui sont nombreuses et déjà mises en application dans nombreux départements :

  • la Méthanisation : elle consiste à dégrader de la matière organique en absence d’air par divers micro-organismes. Cette technique aboutit à la production d’un mélange gazeux combustible appelé “bio gaz”, (composé de 50 à 70 % de méthane) qui permet une valorisation en chauffage ou énergie électrique. Pour exemple Amiens traite 100 000 tonnes/an, ainsi que Varennes Jarcy en région parisienne, Montpellier peut traiter 200 000 tonnes/an.
  • le Compostage : il consiste à extraire des poubelles tout ce qui est décomposable (vert et biodéchets), et qui constitue 30% du volume de la poubelle. Cette fraction importante des déchets peut rejoindre le compostage individuel ou regroupé, grâce à l’installation de plateformes de compostage disséminées sur le département. Une fois le compost préparé, il peut être à nouveau redistribué ou vendu.
  • le Tri Mécano Biologique : Le tri est effectué par un système de machines permettant la séparation des déchets adaptés pour le recyclage et le traitement biologique. À l’issue du tri, la fraction fermentescible est dirigée vers le module de traitement biologique pour devenir du compost, et les déchets valorisables rejoignent les filières traditionnelles de recyclage (revente). Le reste des déchets triés est évacué hors du site pour une valorisation énergétique ou en centre de stockage pour enfouissement.

Peut-être faudra-t-il dans l’avenir adopter la mesure dite « de pesée embarquée » qui taxe les déchets ultimes et donc incite à trier et à respecter les consignes de tri. En plus d’un forfait correspondant en partie à la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères il y aurait ajout de la taxe de déchets ultimes, incitatrice au tri (quelques 360 communes ont adopté ce système en France et constatent ses effets positifs, ainsi la communauté de communes des portes d’Alsace a vu passer la production de déchets de 400 kg à 96 kg par an par hab. entre 1999 et 2006 !).

Dans l’urgence, c’est-à-dire maintenant

Nous n’avons pas d’autre alternative que de nous mobiliser et participer aux manifestations organisées par le collectif anti-Incinérateur et par certaines collectivités, il en va de notre santé et de notre porte-monnaie.

Incinération de déchets

Nous ne devons pas attendre la répétition du scandale de l’amiante. Tout le
monde savait (responsables politiques, industriels, scientifiques,…) et pendant des dizaines d’années rien n’a été fait, or nous sommes dans le même cas de figure.

Exigeons le plan de Traitement et d’Élimination des Déchets (élément politique du dossier) que devait réviser et actualiser le Conseil Général du Puy de Dôme cette année. Son président refuse de le faire sous prétexte d’affaire entérinée, c’est en fait une collusion car cela revient à mettre en application le précédent qui préconise l’incinérateur, cependant que le Conseil Général de Haute Loire a voté à l’unanimité un vœu repoussant la mise en oeuvre de traitements locaux, affirmant qu’un projet d’incinérateur est bien avancé dans l’agglomération clermontoise, présentant toutes les garanties environnementales (ainsi la boucle est bouclée) !

LA GESTION DES DÉCHETS UNE AFFAIRE CITOYENNE AVANT TOUT

NOS DÉCHETS EN KG PAR HABITANT ET PAR AN

  • En 1960, nous produisions chaque année 220 kg de déchets ménagers par habitant et par an.
  • En 2000, ce chiffre sʼélevait à 345 kg par habitant et par an.
  • Actuellement en 2010, ce chiffre continue à progresser pour atteindre maintenant 370 kg par habitant et par an.
  • Les emballages consitutent 30 % du poids de ces déchets et 50 % de leur volume.
  • En France, nous recyclons 24 % de ces déchets alors quʼen Europe, les bonnes pratiques atteignent 60 % !

[1La loi du 13/07/1992, oblige les collectivités locales à privilégier la valorisation des déchets. Elle consiste dans « le réemploi, le recyclage ou toutes autres actions visant à obtenir, à partir des déchets, des matériaux réutilisables ou de l’énergie

[2Clermont Communauté propose la mise en place d’un pôle de recyclage et de valorisation baptisé OPHRYS, où sera réalisé un tri mécanisé supplémentaire qui permettra d’extraire les bio déchets transformés en compost. Le carton, le fer, le bois et le plastique seront recyclés. Au total, ce dispositif, associé aux collectes sélectives (emballages et bio déchets) permettra de valoriser plus de 60% des déchets produits par les habitants. En aval, les déchets ultimes, dont on aura considérablement réduit la quantité et le caractère polluant, seront stockés dans des casiers sécurisés de l’extension de Puy Long.