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Madame Boutin ou l’art de vouloir trop en faire ...

dimanche 13 juin 2010, par Jiherre

« J’ai une superbe mission, une responsabilité majeure qui va sans doute participer à la pacification mondiale. Quand il s’agit du travail des enfants, de l’inégalité sociale entre travailleurs, excusez-moi du peu, ça mérite qu’on s’y donne à fond »

Madame Boutin n’y va pas avec le dos du crucifix et nous assène des propos d’une remarquable ambition pour justifier les 9 500 € mensuels, avec effet rétroactif, que cette véritable croisade pour la paix va lui rapporter. Il est vrai que se sentir responsable d’une future « pacification mondiale », combattre l’inégalité des travailleurs et défendre les enfants, justifient une rétribution proportionnelle à la noblesse de la tâche mais dont la légitimation outrancière peut étonner chez cette grande Chrétienne ... Il y a assurément, dans cette impudeur tranquille à vouloir nier l’indécence de la rémunération et sur le coté messianique de la quête, un jeu sur la naïveté qui relève du plus grand cynisme.

Surprise par les réactions qu’elle aurait entendues, Madame Boutin vient, semble-t-il, de renoncer à ses gratifications. On eût préféré que les seules remontrances de sa conscience chrétienne la conduisissent à cette décision.

En réalité, le Président de la République n’a que faire de Madame Boutin qui ne fréquente d’ailleurs que trop rarement le Fouquet’s. Il se contente d’acheter ainsi la non participation de cette dernière aux prochaines présidentielles comme il l’a fait hier avec M. Morin et le « Nouveau Centre » dont plusieurs membres sont entrés au gouvernement.

Après un petit clin d’œil à l’électorat centriste, un second en direction des catholiques, ça ne mange pas de pain ... de messe …

Il s’agit là d’une stratégie somme toute assez banale et prévisible. Certes, d’aucuns pourraient trouver choquant de voir qu’en une période où beaucoup se font un sang d’encre pour leur travail, leur retraite, l’avenir de leurs enfants ou leur fin de mois, notre Président se consacre à de telles futilités. C’est sans doute oublier que son destin personnel le préoccupe plus que celui des Français ...