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Le PPRI, une bonne initiative ?

lundi 1er octobre 2001, par le bureau

Propos d’un Beaumontois

L'Artière
Le Plan de Prévention aux Risques Naturels d’inondations est une très bonne initiative pour l’information.

Il permettra de toujours construire dans la quasi-totalité des zones, moyennant des règles de « sauvegardes » minimales, ou d’aménager les existants si cela va dans le sens d’un rehaussement des constructions.
Il permettra peut-être de sauver des vies en préconisant l’aménagement d’une sortie sur le toit de la maison ! voire de posséder une barque sur le toit !!!

Il permettra d’informer les nouveaux arrivants ou les éventuels acheteurs sur Beaumont du risque hypothétique d’inondations catastrophiques centennales voir bi-centennales (puisque seules celles-ci sont envisagées par ce plan).

Ce plan de prévention est aussi une très bonne initiative :

  • Pour l’État qui se « couvre » sans bourse délier.
  • Pour les compagnies d’assurance qui ne manqueront pas de monter leurs exigences.

En revanche, sans qu’il y ait compensation pour les risques beaucoup moins catastrophiques annuels ou bi-annuels (réalisation de bassin de rétention en amont, aménagement du lit de l’Artière, par exemple), ce plan ressemble fort à un contrat non équitable pour les habitants directement concernés. En effet si les risques majeurs sont acceptés par tout un chacun, car hypothétiques, les risques « ordinaires » et habituels le sont beaucoup moins.

Cela revient à envisager des situations extraordinaires pour ne pas faire grand chose et ne pas envisager les situations moins extraordinaires pour ne rien faire.

En effet, pénalisés une première fois par manque d’information, ces habitants vont l’être une deuxième fois « grâce » à ces informations

La réponse de Pierre Cassan (Maire adjoint) : Quelques précisions sur le PPR

Question : Quel est le champ d’intervention du PPR ?

Pierre Cassan : Il s’agit d’un document de l’État concernant exclusivement les risques majeurs. Pour les inondations, il ne s’intéresse qu’aux crues extraordinaires, dites centennales. C’est pourquoi, on y trouve en référence une crue du XVIIIe siècle, même si cela paraît pour le moins étonnant.

Question : Les mesures préconisées sont-elles aberrantes ?

Pierre Cassan : Celles envisagées sont souvent de bon sens. Elles peuvent être mises en œuvre à l’occasion de travaux prévus. Certaines ne réclament pas de véritables dépenses : éviter les dépôts inutiles, protéger les issues ... D’autres semblent incohérentes avec d’autres réglementations ainsi que nous l’avons signalé aux services de l’Etat.

Enfin, la commune aura en charge les mesures de sécurisation d’ensemble dont l’objet est d’améliorer la sécurité.

Question : L’État se « dédouane » à bon compte

Pierre Cassan : C’est un sentiment légitime, facile à comprendre. Depuis très longtemps, à IDÉES Pour Beaumont, nous préconisons un moratoire des constructions dans la zone de l’Artière. À l’époque (années 1990), la municipalité en place nous accusait de vouloir “semer la panique”. Pourtant si nous avions été écoutés, nous serions, et de nombreux habitants avec nous, dans une situation moins pénalisante.
Nous avons d’ailleurs écrit à M. le Préfet que l’Etat devait assumer les décisions qu’il a longtemps soutenues ou laissé se produire.

Question : Prévoit-on des interventions pour se prémunir contre les crues classiques ?

Pierre Cassan : Oui. Clermont-Communauté dispose d’études sur les différents cours d’eau de l’agglomération. Une récente délibération (18 septembre dernier) a d’ailleurs admis l’élargissement des compétences de Clermont-Communauté sur ce sujet. Il en résultera des travaux destinés à la prévention, à l’entretien et à la mise en valeur. L’équipe municipale en place est tout à fait favorable à cette démarche.
Par ailleurs ? Les réseaux d’assainissement de Beaumont sont très largement insatisfaisants. Ils ont été abandonnés depuis trop longtemps. Il faudra que notre commune commence à rattraper ce retard inadmissible. Mais cela sera long et coûteux.

Question : L’information actuelle pénalise-t-elle les habitants ?

Pierre Cassan : Si des mesures adaptées pallient l’essentiel des risques, ce sera un progrès. Il ne sert à rien de poursuivre la « politique de l’autruche ». Une information qui peut contribuer à sauver des vies constitue une amélioration.

En conclusion, il apparaît qu’il aurait mieux valu prévenir les risques éventuels. Mais nous sommes devant une situation dont nous avons dénoncé les aberrations. Nous intervenons donc pour rechercher des solutions cohérentes et équilibrées.

Nous espérons que les services de l’État iront dans ce sens et qu’à l’issue de tout ce travail la sécurité des biens et des personnes sera mieux préservée.