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La vie est difficile

dimanche 3 janvier 2010, par le bureau

“La vie est difficile ; elle est difficile pour tout le monde” : ainsi s’est exprimé le Président de la République voici une semaine. Lors de ses voeux, il a également parlé des “bonus extravagants”.
Quel brave homme !
Alors, juste pour l’aider et puisque plus personne n’en parle vraiment, nous nous permettons de rappeler à notre Président qu’il peut rectifier 3 mesures qui rendront la vie moins difficile à nombre de ses compatriotes.

Suppression de la fiscalisation des indemnités journalières consécutives à un accident du travail

Supprimer la fiscalisation des indemnités journalière consécutives aux accidents du travail. Elle est sympa cette mesure. Imaginez : un accident du travail (ça arrive vite) comme une main un peu écrasée, une chute un peu mauvaise... Quelques interventions chirurgicales plus loin, vous n’êtes plus apte à votre emploi. Dans l’affaire vous avez subi l’augmentation du forfait hospitalier (+ 2 € au 1er janvier), perdu votre emploi, perdu l’espoir de bénéficier d’un reclassement en qualité de travailleur handicapé (décision gouvernementale prise le 24 décembre). Par contre, vous êtes fier de payer des impôts sur vos indemnités journalières.

Il a raison N. Sarkozy, « la vie est difficile ».

Mais, nous pouvons lui donner d’autres idées.

Suppression du bouclier fiscal

Supprimer le bouclier fiscal : quelques chiffres simples remettent les choses à leur place. Les 100 plus gros bénéficiaires du bouclier fiscal ont perçu l’équivalent de 7 000 SMIC mensuels bruts. Les 834 foyers les plus fortunés ont encaissé en moyenne et chacun 368 261 €, soit une dépense pour la collectivité de 307 millions d’euros. Au total, le bouclier fiscal, c’est 1/2 milliard d’euros de cadeaux chaque année.

Suppression de l’exonération sociale des retraites chapeau

Autre piste : les retraites chapeau. Il s’agit de ces bonus payés à de grands patrons lorsqu’ils quittent leur poste ; ces bonus leur sont payés sous forme de « rente » jusqu’à leur mort. Bref, ils ne travaillent plus pour continuer à gagner. Les montants sont colossaux. Pour le patron de Vivendi, c’est 1,2 million d’€/an, pour celui de Vinci, c’est 2,2 Million d’€/an...Si j’osais, je dirais, il y a encore pire. En effet, ces retributions ne sont soumises ni à CSG, ni à cotisations sociales. Le manque à gagner pour la sécurité sociale est proche de 1 milliard d’€uros par an.

L’accidenté du travail appréciera.

Voilà quelques chiffres qui nous semblent importants à connaître et à ne pas oublier.