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La rentrée des classes

dimanche 12 octobre 2008, par le bureau

La rentrée des classes, c’était hier. Le Ministre de l’Education affichait sur les médias un sourire satisfait et n’avait de cesse de répéter à l’envi que cette rentrée s’était « déroulée dans d’excellentes conditions ». Faut-il le clamer à tue-tête pour que cela soit vrai ?

Supprimer 11 000 postes d’enseignants en 2008, 13 500 en 2009 n‘est pas sans conséquences sur la qualité de l’enseignement et sur les conditions de travail des professeurs.

Le 1er septembre, bon nombre d’entre eux ont eu la surprise de découvrir leur service hebdomadaire alourdi de plusieurs heures supplémentaires – jusqu’à 5HS dans les lycées clermontois ! Naturellement, il est toujours loisible de les refuser (sauf la première) ; bien évidemment les pressions exercées sur les enseignants sont telles qu’il est souvent difficile de le faire. Bien sûr, les effectifs sont à la hausse : 35 élèves par classe en seconde, première et terminale !
Pour faire face à cette pénurie organisée de profs, heures sup et bourrage des classes sont donc de mise mais aussi regroupement de groupes de classes pour gagner une poignée d’heures, conséquences : il n’est pas rare que certains élèves aient 9 heures de cours dans une journée : 8h-12h et 13h-18h ! Incroyable, comment peut-on parler d’une pédagogie réussie et exiger 9 heures de concentration d’autant que les élèves « difficiles » sont de plus en plus nombreux.

Les conséquences de cette casse scolaire se feront sentir dans quelques années et il sera trop tard. Jamais autant d’enseignants n’ont démissionné après deux ou trois années d’exercice, cette approche strictement comptable de l’éducation de nos enfants est non seulement nuisible mais aussi stupide. Tout va bien, Monsieur le Ministre est content…et veut distribuer des médailles pour mieux cacher la misère !