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La France d’en bas

dimanche 24 novembre 2002, par Le Groupe IDÉES Pour Beaumont

Voilà une belle expression de l’actuel Premier ministre.

Cette « France d’en bas » est celle qui vit de son travail ou qui en manque. C’est celle qui, à 70%, peut prétendre à un logement social, qui espère un avenir pour ses enfants, qui a le plus besoin d’équipements sociaux, culturels, qui compte sur une redistribution des richesses qu’elle produit.

La logique voudrait que priorité lui soit donnée. Le premier budget du gouvernement de droite prouve que c’est l’inverse qui va se produire.

Citons quelques chiffres. Le budget de l’emploi est en baisse de 6,2%. Celui de la culture de 5,2%. Ceux consacrés à l’écologie et à la recherche (pourtant indispensables pour l’avenir) sont aussi en baisse.

Les impôts diminueront me direz- vous. Mais quels impôts ? La TVA qui affecte tous les ménages, y compris les plus démunis : Non. Les taxes sur les carburants : Non, au contraire.

Seul l’impôt sur le revenu est concerné : belle satisfaction quand on sait qu’environ la moitié de la population n’en profitera pas du tout. Belle satisfaction quand la tranche basse va gagner 0,45 point contre 3,13 points pour la tranche supérieure. On est content pour les riches.

De quoi a besoin « la France d’en bas » ? : de travail, d’infrastructures, d’établissements scolaires, de services de santé efficaces, de logements corrects. Pour cela, il faut redistribuer l’argent et, au risque de nous opposer aux tenants de « la pensée unique », nous pensons que l’impôt sur le revenu doit être un outil de redistribution et de progrès.

Cette baisse de 1% en 2003 aura un coût de 557 millions d’euros nous dit M. Raffarin. Au moment où notre équipe municipale réfléchit aux équipements qui feront du plateau de la Mourette un lieu de vie équilibré, accessible au plus grand nombre, doté d’infrastructures indispensables à l’avenir, nous posons une seule question. 557 millions d’euros, cela représente combien de centaines de terrains de sports, de lieux de vie pour les aînés ou de formation pour les jeunes, de gymnases, d’emplois d’éducateurs ou animateurs ?

Simple question. Mais qui remet certaines choses à leur place. Croyez-vous encore à la sincérité de ceux qui, à Beaumont comme ailleurs, parlent de la France d’en bas ?