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Incinérateur : lettre ouverte aux élus et aux citoyens

vendredi 4 décembre 2009, par Hervé Mantelet

Les associations mobilisées contre l’incinération et le projet d’incinérateur à Clermont-Ferrand [1], sont lassées de la volonté de la majorité des élus du VALTOM et de leur entêtement coupable à vouloir imposer aux populations, contre leur gré, un projet industriel sanitairement, écologiquement et financièrement inutile et obsolète.

L’Institut National de Veille Sanitaire (INVS) a montré la recrudescence des cancers autour des incinérateurs. Elle cible la dioxine, mais surtout les mélanges gazeux, issus des combustions, rejetés dans l’atmosphère – Ces rejets polluent les productions agricoles, à l’insu des citoyens qui les consomment.
Quelle est la population du Grand Clermont ? Combien de personnes vont être concernées ?
Si les juridictions administratives ne veulent pas reconnaître le risque sanitaire, les juridictions pénales le jugeront un jour !

Le gouvernement vient de promulguer la loi 2009-967 du 3 août 2009 de programmation, relative au Grenelle de l’environnement. Parmi les objectifs :

  • Réduire les déchets à incinérer ou à stocker de 15 % d’ici à 2012 : le tri / valorisation devrait être privilégié ;
  • Réduire la production d’ordures ménagères de 7 % par habitant pendant les 5 prochaines années ;

Ne retenir l’incinération qu’en avant dernière position dans la hiérarchie du traitement des déchets, encore faut-il qu’elle ait une capacité de valorisation énergétique …
Les habitants de l’agglomération clermontoise font l’effort de mieux trier leurs déchets. Globalement, les tonnages d’ordures ménagères ont diminué dans le département (251 kg/an/hab en 2008 contre 316 kg/an/hab recensés par l’ADEME (2007)), même si tous les habitants ne font pas le même effort (merci à l’implication de ces « élus »).

Il n’est pas question que cette baisse de volume soit compensée par un accroissement des déchets industriels banaux (DIB) issus des commerces et de l’industrie qui sont responsables de leurs déchets, ni par l’importation de déchets provenant d’autres départements pour atteindre les 150 000 tonnes prévues (Ces déchets généreront eux aussi après incinération un volume important de résidus à enfouir dans les C.E.T. de classe 1 et 2).

Le montant annoncé de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ne tient pas compte des coûts de transport. Le VALTOM et le Président du Conseil Général ne sont pas opposés à un partage de ces coûts de transport par l’ensemble des usagers. Certains élus du département ne se préoccupent aucunement de traitement écologique de leurs déchets, et vont imposer le partage du coût du transport pour les expédier chez le voisin … C’est une prime aux mauvais élèves de la classe ! Les habitants du Grand Clermont devraient supporter les pollutions et les nuisances, et en plus, payer pour cela ? Voilà une belle conception républicaine de la solidarité !

Nous demandons à monsieur le préfet du Puy-de-Dôme d’appliquer dès maintenant le plan de traitement et d’élimination des déchets actuel en ce qui concerne la mesure d’accueil des déchets ultimes dans les décharges traitant les ordures ménagères. Cette mise en œuvre permettrait d’obliger les syndicats qui ne font pas d’effort en matière de traitement sélectif des déchets d’assumer les vraies dépenses de leur politique de démission.

Tolérer une installation polluante parce qu’elle serait quelque peu éloignée de son domicile est une erreur du point de vue scientifique. Personne dans le département ne peut prétendre être à l’abri de l’influence des polluants issus de l’incinération car c’est l’exposition à de faibles doses pendant plusieurs années qui est dangereuse. L’utilisation des mâchefers en sous couche routière va contaminer l’eau, insidieusement partout, et la dispersion des effluents gazeux dans l’air va imprégner des produits alimentaires qui circulent dans tout le département

L’INCINERATEUR NE DOIT PAS ETRE CONSTRUIT

  • Pour préserver les populations ;
  • Pour que le contenu de nos poubelles soit une ressource, pour ne plus gaspiller, pour réutiliser, recycler, valoriser (méthane et compostage) ;
  • Pour une gestion responsable de nos déchets, mettons en place, dans tout le département, le tri y compris des fermentescibles, des filières de recyclage, la pesée embarquée et une gestion de proximité des déchets ultimes.

D’autres collectivités ont fait des choix intelligents. Pourquoi le Puy-de-Dôme serait-il arc-bouté sur un traitement dépassé ?


[1LAVE, CIIPAC, ARMURE, PDNE, ADEL Lempdes, Bien-être à Aulnat, Nature & Progrès, Collectif des Médecins, UFC-Que choisir, Alerte Déchets, Comités de quartiers Clermont Est et Croix Neyrat, FDEN, Brigades Vertes Lempdes, CLCV, Collectif pour l’Environnement Pont du Château, Greenpeace, ADEC Lezoux, Les Verts, NPA, PG, Alterékolos, Les Alternatifs, Association des riverains de Beaulieu