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Communiqué de presse

Incinérateur : après la lutte, quelles perspectives ?

mercredi 14 mars 2012, par Gaël Drillon

L’agglomération clermontoise est devenue le chef de file de la lutte contre les incinérateurs à déchets, en France mais aussi en Europe. La mobilisation est plurielle autour d’un objectif commun et partagé : une approche plus responsable et respectueuse pour l’environnement et la santé.

Parmi les acteurs, le Collectif anti-incinérateur fait figure de tête de réseau. Il rassemble et coordonne les différentes initiatives. Il conduit la lutte sur le terrain juridique avec d’autres associations ; une requête sera d’ailleurs tout prochainement déposée pour remettre en cause le projet d’incinérateur du VALTOM. Le collectif est aussi le principal acteur en matière d’éducation populaire et de vulgarisation sur ce sujet complexe, depuis les nombreuses manifestations, conférences… [1] [2] et jusqu’au village de la résistance ou encore site internet.

Relevons aussi l’engagement des membres de l’association RESPIRE qui, a plusieurs reprises, ont su créer la surprise à travers des actions de résistances citoyennes : blocage de camion ; banderoles et personnes enchainées sur les grues ; manifestation nus et debout à Gergovie [3] ; happening dans les rues de Clermont [4].
Notre association enfin, Idées pour Beaumont, agit de son côté sur le terrain européen en animant deux actions originales : pétition européenne jugée recevable par la Commission Européenne (une enquête est en cours de la Commission Européen [5] ; initiative citoyenne européenne, avec l’association E2P [6], qui réunit plusieurs citoyens des pays d’Europe autour d’une proposition de moratoire soumis à la délibération du Parlement Européen [7].

Mais cette lutte CONTRE, indispensable pour résister contre une décision publique absurde, ne doit pas masquer ce que tous défendent : le POUR une gestion responsable des déchets. Autrement dit, quelles perspectives envisager à la place de l’incinération ? Car à trop communiquer CONTRE, nous risquons presque d’en oublier de dire que les solutions alternatives fonctionnent ! Nous risquons surtout d’enfermer le citoyen dans une attitude de défiance, alors qu’il est plus que jamais nécessaire sur ce sujet de s’inscrire dans une co-production citoyenne pour changer les habitudes et faire des choix collectif durable.

Manspach et les 33 municipalités de la Communauté de communes des portes d’Alsace sont en cela un modèle pour expliquer et envisager une autre approche. Résumons, à force de sensibilisation et d’opiniâtreté d’un élu convaincu par l’approche responsable (en l’occurrence Dany DIETMANN), ce territoire 74 % de ces déchets, contre 33 % en moyenne France entière. Chiffre qu’il convient de rapprocher du poids moyen que tout un chacun produit : 316 kg de déchets par an.
Ce résultat est le fruit d’une vraie mobilisation citoyenne pour limiter la part des déchets à traiter au strict minimum (les déchets sales) et envoyer tous les déchets propres dans des filières de recyclage. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde, car les bouteilles plastiques se revendent entre 400 et 500 euros la tonne, le papier 130 euros…Ainsi, Manspach tire près de 200.000 euros de recettes du tri des déchets, des recettes conséquentes en période de crise économique pour maintenir des services publics de qualité dans les territoires. Et côté environnement, pas de pollution atmosphérique liée à l’incinération et un enfouissement réduit à peau de chagrin.

Et l’approche responsable contribue aussi de manière directe à réduire les charges des ménages et favoriser la justice sociale. Avec la mise en place de la pesée embarquée, le territoire de Manspach propose une part fixe de 50 euros annuels par foyer, couplée à une part variable de 56 euros en moyenne liée au poids des déchets non recyclés.

Et même les supermarchés et hypermarchés jouent le jeu à Manspach. Des containers sont disposés en sortie vers les caisses permettant aux consommateurs de se débarrasser à la source (ou presque) des emballages et sur-emballages.

Au final, nous le voyons bien ! La gestion responsable de nos déchets, la protection de notre environnement et de notre santé, le respect des générations futures… n’est que le fruit d’une volonté politique positive et d’une citoyenneté accompagnée. De même que l’incinération n’est que le résultat d’un entêtement de certains à favoriser le développement économique et l’enrichissement d’intérêts privés.


[1Toutes les actions du Collectif anti-incinérateur :
http://www.airpur.org/

[2Le lobbying auprès des CHSCT des entreprises de l’agglomération clermontoise :
http://ice.id.st/other-actions-autr...

[3La manifestation de RESPIRE « nus et debout » :
http://nusetdebout-org.over-blog.co...

[4Une des actions de résistance citoyenne de l’association RESPIRE : http://foire-ecobiologique-humus-chateldon.fr

[5La pétition européenne et l’enquête de la Commission européenne :
http://ice.id.st/other-actions-autr...

[6Les actions de l’Association E2P – évaluation politiques publiques avec le citoyen :
http://www.e2p.zic.fr

[7L’initiative citoyenne européenne auprès du Parlement européen : http://ice.id.st/fr-moratoire-c970679