Accueil > Bulletins > Année 2003 > Bulletin - Juillet 2003 > Éditorial : sale temps pour ceux d’en-bas !

Éditorial : sale temps pour ceux d’en-bas !

mardi 1er juillet 2003, par le bureau

Retraites plus tardives et moins élevées, sécurité sociale menacée, emplois jeunes supprimés, aide personnalisée à l’autonomie rognée - et l’on pourrait hélas continuer longtemps ainsi - la droite s’en prend sans vergogne aux acquis sociaux, qu’ils soient récents ou anciens ... les travailleurs du privé en savent quelque chose, sans évoquer la fonction publique et ceux qui la servent, coupables de tous les maux, de tous les déficits, de tous les dysfonctionnements, qu’il est de bon ton de vilipender à l’Assemblée Nationale tout en déplorant sa disparition quand on retrouve sa circonscription ... Et le tout avec un cynisme tranquille mais dangereux ...

Tranquille, parce qu’ils avaient promis “des réformes”, puisqu’il faut bien “adapter notre économie à la mondialisation”, “réduire nos dépenses publiques”, bref mener une politique de recul social en faisant croire qu’il n’en existe pas d’autres ... C’est ce qu’ils feignent de prendre pour du courage politique.

Cynique, tout ayant été fait pour que l’on en arrive là, grâce à une mécanique libérale bien huilée, le secteur privé puisse enfin faire ses choux gras dans le système des retraites, celui de la santé, de la poste ou de l’électricité, partout où l’on peut faire du profit ... Et dans le même temps, alors que la précarité, vecteur incontournable du libéralisme ne cesse de progresser, on propose des réductions d’impôts qui ne profitent qu’à quelques-uns, sans la moindre pudeur pour les plus défavorisés ...

Dangereux, car prétendre qu’il n’existe pas d’alternative, c’est nier la politique, c’est ouvrir la voie à l’abstention dans le meilleur des cas ou aux extrémismes populistes dans le pire, bref c’est oublier le premier tour des présidentielles ... On ne pourra impunément taxer de conservateurs les Français qui souhaitent légitimement préserver leurs acquis sociaux sans que notre Démocratie finisse par en pâtir.

À IDÉES, nous pensons qu’une autre politique est possible ...