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Économie, service public et grand emprunt

jeudi 1er octobre 2009, par Le Groupe IDÉES Pour Beaumont

Il est sans doute temps de repenser en profondeur la notion de service public et affirmer clairement qu’un service public ne peut pas fonctionner correctement dans un secteur concurrentiel.

L’absurdité d’une politique fondée sur le coût

Le gouvernement va, bien qu’il prétende le contraire, à nouveau privatiser un service public, La Poste. La transformation de La Poste en société anonyme conduira sûrement, comme pour GDF dernièrement, à la privatisation. La principale raison annoncée par le gouvernement est la nécessité de donner les moyens à La Poste de continuer d’exister dans un univers concurrentiel ! Nous savons bien ce qui se produit quand on met en concurrence un service public et le privée : la mise en concurrence va de pair avec une réduction des coûts de services qui, même s’ils sont essentiels à la population, ne sont pas économiquement viables ! On réduit de plus en plus fortement les horaires des bureaux de poste en zone rurale avant de les fermer définitivement ; la SNCF se recentre sur ses lignes rentables, supprime nombres d’arrêts ou de lignes transversales. Quant à l’État, il utilise le même système de calcul de coût que le privé pour mettre en place sa révision générale des politiques publiques. Pour Beaumont, une des conséquences de cette politique a été la fermeture du bureau de police. Un bureau de police n’a pas à être rentable économiquement, il doit rendre un service d’utilité public à l’ensemble des citoyens.

La nécessité de services publics non concurrentiels

Le fonctionnement actuel du capitalisme néolibéral nous a montré très nettement les limites du secteur concurrentiel. La nécessaire et massive intervention de l’État dans le secteur bancaire en est un exemple flagrant. Pour pallier le système actuel, il est sans doute indispensable de définir clairement des secteurs stratégiques à sortir du domaine concurrentiel et les transformer en monopole : c’est-à-dire (re)créer de véritables services publics autour de biens d’utilité publique comme la santé, l’éducation, mais aussi l’eau, le transport, l’énergie ... Un référendum d’initiative populaire pour la définition de ces secteurs publiques semble être le moyen le plus démocratique pour faire passer le message à l’ensemble de notre classe politique.

Le grand emprunt : une privatisation de la santé ?

L’État français vit dangereusement au-dessus de ses moyens. Le déficit explose. La proposition de Nicolas Sarkozy de lancer un grand emprunt, qui va encore plus augmenter le déficit paraît des plus curieuses, surtout lorsque ce dernier ne sait pas vraiment quoi en faire. La seule annonce semble être la création de cinq Instituts Hospitalo-Universitaires. Des super CHU qui seraient financés par ce grand emprunt et des partenariats privés. Inversement, les bénéficiaires des cadeaux fiscaux de 2007-2008 de N. Sarkozy se frottent les mains : avec ces sommes ils pourront souscrire cet emprunt et augmenter encore leurs super-bénéfices.

Il vaudrait bien mieux taxer l’ensemble des revenus du capital dans les mêmes proportions que ceux du travail ! Malheureusement, notre gouvernement n’en prend pas le chemin !