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Crise sociale en banlieue : l’inévitable aboutissement

vendredi 10 février 2006, par le bureau

Dans notre éditorial du 30 juin 2005 nous évoquions les dangers représentés par les propos irresponsables, certains diraient incendiaires, tenus par notre médiatique ministre candidat. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de regret mais sans le moindre étonnement que nous voyons ce que vivent certaines de nos banlieues.

Des politiques urbaines au coup par coup

Il convient de condamner tous les actes de violence et il serait injuste de mettre sur le dos de ce seul politique, qui croit parler vrai alors qu’il ne s’exprime qu’avec mépris, le ou les problèmes des banlieues. Cependant sa responsabilité est lourdement engagée à travers la politique d’abandon de la police de proximité, publiquement fustigée à Toulouse lors d’un de ses précédents passages au ministère de l’intérieur. D’autres causes, nombreuses et ne datant pas d’aujourd’hui, n’ont guère été traitées par nos responsables politiques, eux-mêmes incapables d’intégrer au sein de la représentation nationale, non seulement les jeunes issus de l’immigration mais aussi les femmes, pourtant majoritaires dans notre pays.

L’apprenti-sorcier

À force de promener l’allumette au-dessus de la poudrière, il n’est pas très étonnant que celle-ci finisse par exploser, au détriment bien sûr de ceux qui vivent autour... et non aux habitants de Neuilly…

Reste à se demander le but recherché par ce qui relève à l’évidence d’une stratégie de la provocation. S’agit-il d’aller chercher des suffrages à l’extrême droite ? D’apparaître comme le seul recours possible aux partisans du retour à l’ordre en faisant de la sécurité le paramètre fort de la prochaine campagne présidentielle ? D’exploiter un dossier, un de plus, dans lequel le Président Chirac, pourtant grand pourfendeur de “la fracture sociale”, n’a pas particulièrement brillé ?

Stratégie bien dangereuse car il n’est pas exclus que ce soit l’extrême droite qui tire les marrons du feu, à populisme, populisme et demi … Mais, ce qui est certain en revanche, c’est que les jeunes de ces banlieues, y compris les plus méritants, auront encore plus de difficultés à trouver un emploi, que beaucoup de ceux qui y vivent ont vu leurs voitures détruites, leur environnement saccagé, que l’image de ces quartiers en sera encore plus dégradée et que de tels événements laisseront beaucoup d’amertume dans les cités.