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Complément sur le dossier de l’eau

lundi 1er février 1999, par le bureau

Rumeurs

L’attribution des marchés de l’eau constitue souvent un enjeu financier et politique de premier ordre. N’oublions pas que ce sujet a agité des communes aussi importantes que Saint-Étienne ou Grenoble, par exemple. Il a également souvent été question de ces marchés dans le cadre du financement de partis politiques.

Il a même été avancé par de nombreux observateurs que les grands opérateurs du secteur (CGE et Lyonnaise des Eaux par exemple) avaient pour habitude de se partager le marché, sans se concurrencer et donc sur le dos des collectivités. Que doit-on croire ?

Le 30 décembre dernier, le « Canard Enchaîné » fait état de tarifs brutalement revus à la baisse dans le cas de marchés détenus (Sainte-Maxime, Avoriaz ...) par la CGE ou la Lyonnaise des Eaux. Ces baisses faisaient suite à des audits menés par un expert indépendant. Sans doute de simples rumeurs ... même si l’expert en question a été directeur régional d’un de ces groupes jusqu’en 1990.

Quelques chiffres pour Beaumont

  • Le contrat d’affermage est d’une durée de 12 ans, à partirde début 1999.
  • Son montant financier excède 900 000 Francs/an.
  • À Beaumont, il y a 2 910 abonnés.
  • Le volume annuel d’eau acheté par le fermier est de 875 000 m3. Il en revend aux consommateurs 700 000 m3. La différence résulte de fuites diverses.

Une histoire de fuites

Fréquemment interrogé sur la qualité de notre réseau et sur le nombre de fuites l’affectant, le Maire a toujours été rassurant. Or, quelques doutes subsistent à la lumière des données fournies par SEMERAP et CGE. En effet, la SEMERAP prévoit 50 fuites sur branchements et 9 fuites sur réseau. Elle fixe ces chiffres en se référant à ses observations effectuées ailleurs : il s’agit donc de moyennes, de références. La CGE, pour sa part, envisag e 90 fuites sur branchements et 15 sur réseau, chiffres réellement notés par elle-même en 1997. Au vu de ces chiffres, il semblerait donc que le nombre de fuites affectant notre service de l’eau soit supérieur d’environ 80 % à la « norme » observée ailleurs.

Des analyses... à analyser

Dans sa dernière offre de prix, la CGE s’engage sur 26 analyses officielles de la qualité de l’eau pour un coût total de 6 480 F. Voilà qui a étonné les élus d’Union-IDÉES Pour Beaumont qui par la bouche de François Saint-André ont contesté cet engagement. En effet, une analyse de base coûte au minimum 205 F de prélèvement + 324,35 F d’analyse (+ TVA à 5,5 %). Dans ces conditions, le nombre d’analyses risque d’être considérablement amputé ... ou alors c’est l’addition qui changera ! Cette remarque a été validée puisqu’un représentant des Services Techniques a confirmé que le nombre des analyses obligatoires et suivies par la DDASS étaient de 12. Pourquoi une telle « erreur » ?

De nouvelles dispositions

Une directive européenne « Eau potable » est entrée en vigueur le 25 décembre dernier. Elle invite les États membres à plus de rigueur en matière de qualité de l’eau potable et fixe de nouvelles valeurs conformes à celles de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Elle fixe notamment la teneur limite dans l’eau de nitrates, chlorures, sulfates et surtout du plomb.

Du plomb

La présence de branchements en plomb n’est pas satisfaisante en termes de santé publique. À Beaumont, sur 2 910 branchements, 1 130 sont encore en plomb. C’est trop et la CGE propose de n’y consacrer que 140 000 F par an (soit 35 changements/an d’après l’article 25 du document contractuel liant la commune et la CGE). À ce rythme, en 2012, date à laquelle ce matériau sera interdit, il risque d’en rester environ 600 de non-conformes (la SEMERAP prévoyait un budget annuel de 296 500 F). Ceci est d’autant plus gênant que la directive citée ci-dessus prévoit que le seuil maximal de 50 microgrammes de plomb par litre d’eau devra être ramené à 10 microgrammes d’ici 15 ans. Bien que les élus d’Union-IDÉES aient attiré l’attention du Maire sur cet aspect, il est à craindre que la commune ne soit dans une situation délicate dans les années à venir.

Pour en savoir plus

Sachez qu’il existe un Règlement du service de distribution publique d’eau potable qui en 17 pages aborde plusieurs aspects des relations existant entre abonné et fermier. Ce règlement peut vous être très utile. Il est disponible aux Services Techniques. En cas de nécessité, IDÉES Pour Beaumont peut contribuer à votre information.