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Ce que nous disent les Gilets Jaunes ... ou, du moins, ce que cette crise révèle.

samedi 26 janvier 2019, par François Saint-André

Premier constat

la grande majorité de nos concitoyens vit durement les remises en cause répétées du pacte social issu du Conseil National de la Résistance. Et ces remises en cause ne sont plus acceptées :

  • les inégalités s’accroissent depuis ces vingt dernières années alors que l’espoir était que les disparités les plus flagrantes s’amenuisent. La suppression de l’ISF en est le parfait exemple ;
  • le code du travail a été massivement remis en cause malgré les très grandes mobilisations contre la loi El Kohmeri ;
  • les souffrances au travail deviennent monnaie courante, voire même méthode de gouvernance, et elles touchent tous les secteurs (personnels de soins dans les hôpitaux, les EHPAD, les cliniques ..., enseignants, employés, ouvriers de production, agriculteurs ...) ;
  • les atteintes à la santé deviennent un marqueur des inégalités tout autant qu’un marqueur des atteintes à notre environnement, tant au niveau du travail (amiante, pesticides ...) que dans nos vies de tous les jours (alimentation, pollution de l’air, ...) ;
  • les services publics deviennent moribonds, de plus en plus absents ou éloignés des gens (suppression des bureaux de poste comme à Beaumont, réductions massives des agents de la fonction publique, suppression de milliers de postes d’enseignants dans les collèges et les lycées, sélection à l’entrée dans l’enseignement supérieur, ...) ;
  • les remises en cause sont incessantes dans le secteur de la couverture santé et des retraites ;
  • le mal logement reste d’une actualité dramatique malgré les appels renouvelés des associations (cf. Rapport annuel de la Fondation Abbe Pierre), comme si nous en étions revenu au constat effectué ... dans les années 50 !

Deuxième constat

Le système démocratique issu de la fin du XIXe/début du XXe siècle est arrivé à la fin d’un cycle :

  • les grandes décisions économiques et politiques échappent au contrôle citoyen ( référendum sur la constitution européenne balayé par des choix des dirigeants, commission européenne non élue imposant ses décisions, ...) ;
  • des dirigeants « hors sol » coupés des citoyens, professionnels de la politique, ne cherchant que leur réélection et ne tenant pas compte de l’avis des citoyens ;
  • des partis et syndicats ayant perdu leur importance et leur poids dans le débat national ;
  • le rejet de plus en plus massif du modèle électoral avec des taux d’abstention toujours en hausse, voir le refuge dans un vote en faveur de l’extrême droite vue comme force « anti-système » ;
  • en parallèle, exigence de formes de démocratie directe intéressantes pour certaines (démocratie participative et de proximité, mais dont l’articulation avec la démocratie représentative reste à inventer), fort discutable pour d’autres (la question des référendums qui pourraient aller jusqu’au rejet de la suppression de la peine de mort, la remise en cause de l’IVG et du mariage pour tous, etc.).

Que faire ?

Difficile de répondre à cette question aujourd’hui, mais impossible de se réfugier dans des recommandations faisant appel « aux temps anciens » (il n’y a qu’à rejoindre les partis traditionnels ou les syndicats, ...).

Faut il participer à la « grande consultation nationale » ? Pour réaffirmer un certain nombre de points importants : nécessité de l’ISF, lutte contre la pauvreté, lutte contre le réchauffement climatique, démocratie participative, etc. Mais n’est ce pas tout un système qui devrait être remis en cause ???
Quoiqu’il en soit, il parait absolument nécessaire de réaffirmer que les causes majeures de cette crise sont bien issues du système parfaitement inégalitaire de notre société et de notre système économique (cf. L’information publiée hier comme quoi le différentiel de salaire était de 1 à 300 ! A vérifier sans doute ...).

Et ce n’est pas le retour aux 90 km/heure qui changeront quoi que ce soit !

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