<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>ID&#201;ES Pour Beaumont</title>
	<link>https://www.idees-beaumont.org/</link>
	<description>Association citoyenne de Beaumont</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.idees-beaumont.org/spip.php?id_auteur=22&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>ID&#201;ES Pour Beaumont</title>
		<url>https://www.idees-beaumont.org/local/cache-vignettes/L144xH144/idees_logo_2021-d97e6.png?1744032742</url>
		<link>https://www.idees-beaumont.org/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Conclusions, pour une co-construction des 'outils complexes' destin&#233;s &#224; la transformation sociale</title>
		<link>https://www.idees-beaumont.org/Conclusions-pour-une-co</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.idees-beaumont.org/Conclusions-pour-une-co</guid>
		<dc:date>2008-05-15T08:00:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janine Guespin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection</dc:subject>

		<description>Les outils que l'on peut forger pour enrichir la m&#233;thode dialectique en utilisant des concepts issus des sciences de la complexit&#233;, telles la dynamique des syst&#232;mes non lin&#233;aires, ou la science des r&#233;seaux, se sont av&#233;r&#233;s utiles, du moins je l'esp&#232;re, pour comprendre la dynamique d'un processus concret, l'&#233;volution du CIUN. Ils ont pu &#233;galement &#234;tre propos&#233;s pour r&#233;fl&#233;chir &#224; l'ad&#233;quation de la structure d'un r&#233;seau militant &#224; ses objectifs. Je d&#233;signe leur utilisation par le terme &lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Conclusions-pour-une-co' class=' pts_suite'&gt; (lire la suite&#8230;)&lt;/a&gt;

-
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Politique-+" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Election-+" rel="tag"&gt;&#201;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les outils que l'on peut forger pour enrichir la m&#233;thode dialectique en utilisant des concepts issus des sciences de la complexit&#233;, telles la dynamique des syst&#232;mes non lin&#233;aires, ou la science des r&#233;seaux, se sont av&#233;r&#233;s utiles, du moins je l'esp&#232;re, pour comprendre la dynamique d'un processus concret, l'&#233;volution du CIUN. Ils ont pu &#233;galement &#234;tre propos&#233;s pour r&#233;fl&#233;chir &#224; l'ad&#233;quation de la structure d'un r&#233;seau militant &#224; ses objectifs. Je d&#233;signe leur utilisation par le terme &#8216;analyse dynamique', ce qui ne doit pas masquer le fait que leur utilisation correspond &#224; une d&#233;marche globale, que je propose de d&#233;signer comme &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#8216;la pens&#233;e, ou le parti pris du complexe'&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils peuvent aussi constituer une grille de lecture. Le lecteur int&#233;ress&#233; pourra consulter le texte, publi&#233; sur le site d'Espaces Marx, o&#249; j'utilise ces concepts pour analyser les apports de l'ouvrage de Jean Louis Sagot Duvauroux, &#8216;Emancipation'. (&lt;a href=&#034;http://www.espaces-marx.eu.org/article.php3?id_article=286&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir l'article&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces outils comme tout outil, ne se substituent pas &#224; l'ouvrier qui les emploie. Et, comme tout outil ils ne peuvent pr&#233;tendre &#224; l'universalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ceci peut sembler une &#233;vidence ; cependant, en d&#233;pit du fait que je n'omets (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'analyse dynamique, rendue possible gr&#226;ce &#224; ce type d'approche ne remplace pas l'analyse politique&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, elle n'est pas de gauche par exemple, m&#234;me si elle enrichit et pr&#233;cise la m&#233;thode dialectique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui peut elle m&#234;me d'ailleurs &#234;tre utilis&#233;e par une droite intelligente. Il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle rend l'analyse politique plus efficace et mieux adapt&#233;e au monde tel qu'il est devenu. C'est ce dont j'esp&#232;re vous avoir convaincus par ces quelques exemples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais ces outils ne sont cependant pas pr&#233;sents sur les rayons d'un magasin. M&#234;me s'ils sont potentiellement utilisables plus largement, ils doivent &#234;tre forg&#233;s &#8216;&#224; fa&#231;on' &#224; partir des concepts. Or il &lt;strong&gt;s'agit maintenant de rendre cette m&#233;thodologie utilisable pour la transformation sociale&lt;/strong&gt;. Et pour cela &lt;strong&gt;il faut que les militants se l'approprient&lt;/strong&gt;. Et pour cela il faut que les exp&#233;riences qui se font &#224; partir de ces outils, de ces concepts puissent se fertiliser mutuellement, s'enrichir, et donc se confronter. Et pour cela il faut d'abord que soit pr&#233;sente la conscience que &lt;strong&gt;l'on ne peut pas aborder ce monde devenu si complexe avec les simples outils du bon sens&lt;/strong&gt;, qui vont si souvent &#224; l'encontre de la r&#233;alit&#233;. &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Accepter ou pas la complexit&#233; du monde est un choix politique, un &#8216;parti-pris'&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. La refuser c'est se cacher derri&#232;re l'incertitude pour justifier tous les &#233;checs, ou nier l'incertitude pour justifier tous les pouvoirs. L'accepter c'est reconna&#238;tre que l'on a besoin de th&#233;orie, que l'on peut moins que jamais se satisfaire de r&#233;fl&#233;chir &#224; partir des connaissances de base dispens&#233;es encore aujourd'hui par l'&#233;cole, que l'on doit r&#233;habiliter la dialectique et l'enrichir des acquis des sciences de la complexit&#233; si l'on veut ma&#238;triser ce que l'on agit dans ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il tr&#232;s difficile de conna&#238;tre ce qu'il faut des concepts de la complexit&#233; et de la dialectique pour ne pas passer &#224; c&#244;t&#233; de cette r&#233;alit&#233; ? C'est la crainte d'un grand nombre de militants, qui pensent qu'une telle d&#233;marche serait r&#233;serv&#233;e aux &#8216;intellectuels'. Pourtant, ce n'est pas plus difficile (au contraire) de militer en tenant compte des propri&#233;t&#233;s de la complexit&#233; dans un monde complexe, que d'affronter les &#233;checs r&#233;sultant d'une conception lin&#233;aire et simpliste du monde ! Ce n'est pas plus difficile de penser organisation et structure d'un r&#233;seau en le cr&#233;ant, que de lutter contre les d&#233;fauts et les d&#233;rives d'un r&#233;seau d&#233;j&#224; existant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le partage des savoirs est un des enjeux majeurs de la lutte de classes, de la marche vers l'&#233;mancipation&lt;/strong&gt;. Il est donc devenu imp&#233;ratif que les militants de la transformation sociale acqui&#232;rent (et contribuent &#224; forger) les connaissances n&#233;cessaires pour avoir une vision dialectique et dynamique des processus complexes sur lesquels ils souhaitent influer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il est &lt;i&gt; &lt;strong&gt;important que tous ceux qui partagent ce &#8216;parti pris' pour la complexit&#233; et tous ceux qui en ma&#238;trisent d&#233;j&#224; des concepts, unissent leurs efforts pour les expliciter afin de les mettre &#224; la disposition du plus grand nombre de militants&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. C'est une t&#226;che urgente, m&#234;me si elle est difficile car il faut &#224; la fois &#234;tre clair, et ne pas dogmatiser ou codifier ce qui doit au contraire rester cr&#233;atif et dynamique, et le faire gr&#226;ce &#224; un dialogue entre personnes qui mettent en &#339;uvre des aspects tr&#232;s divers de la pens&#233;e du complexe, et &#224; partir de cas concrets. Il serait donc certainement efficace que ceux qui partagent cet objectif, se rassemblent pour parvenir &#224; une telle &lt;i&gt; &lt;strong&gt;co-construction&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Quatrieme-partie-des-garde-fous' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers la quatri&#232;me partie : des garde fous contre les d&#233;rives autoritaires, d&#233;l&#233;gataires ou centralisatrices ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ceci peut sembler une &#233;vidence ; cependant, en d&#233;pit du fait que je n'omets jamais cette mise en garde lors des conf&#233;rences que je fais sur le sujet, il m'a &#233;t&#233; reproch&#233; de ne pas avoir donn&#233; une explication globale du CIUN, ce qui rendait mon approche peu probante. (C'est comme si on reprochait au marteau de ne pas avoir accroch&#233; les tableaux.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui peut elle m&#234;me d'ailleurs &#234;tre utilis&#233;e par une droite intelligente. Il est d'ailleurs vraisemblable que ce type d&#8216;analyse est pour me moment plus souvent utilis&#233;e par la droite, ce qui n'est peut &#234;tre pas totalement &#233;tranger &#224; son succ&#232;s paradoxal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quatri&#232;me partie : des garde fous contre les d&#233;rives autoritaires, d&#233;l&#233;gataires ou centralisatrices ? </title>
		<link>https://www.idees-beaumont.org/Quatrieme-partie-des-garde-fous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.idees-beaumont.org/Quatrieme-partie-des-garde-fous</guid>
		<dc:date>2008-05-15T07:59:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janine Guespin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection</dc:subject>

		<description>Le texte de Lucien S&#232;ve &#8216;le communisme' est mort, vive le communisme' (voir l'article) est une proposition d'organisation o&#249; la forme de l'organisation doit d&#233;couler directement de ses buts. Les notions de centralit&#233; et d'horizontalit&#233; y sont oppos&#233;es &#224; verticalit&#233;. Il m'a donc paru un excellent exemple &#224; confronter aux concepts que je pr&#233;sente ici. Le but de ce travail n'est pas de discuter le fond, (l'analyse politique) des propositions de Lucien S&#232;ve, mais de montrer comment, si &lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Quatrieme-partie-des-garde-fous' class=' pts_suite'&gt; (lire la suite&#8230;)&lt;/a&gt;

-
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Politique-+" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Election-+" rel="tag"&gt;&#201;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte de Lucien S&#232;ve &#8216;le communisme' est mort, vive le &lt;i&gt;communisme&lt;/i&gt;' (&lt;a href=&#034;http://alternativeforge.net/index.php/post/2007/09/07/spip.php?article560&amp;var_recherche=S%C3%A8ve&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir l'article&lt;/a&gt;) est une proposition d'organisation o&#249; la forme de l'organisation doit d&#233;couler directement de ses buts. Les notions de centralit&#233; et d'horizontalit&#233; y sont oppos&#233;es &#224; verticalit&#233;. Il m'a donc paru un excellent exemple &#224; confronter aux concepts que je pr&#233;sente ici. Le but de ce travail n'est pas de discuter le fond, (l'analyse politique) des propositions de Lucien S&#232;ve, mais de montrer comment, &lt;i&gt; &lt;strong&gt;si on se place dans sa perspective, on peut am&#233;liorer ces propositions gr&#226;ce &#224; la science des r&#233;seaux&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Citations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soulign&#233;es par moi&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du texte de Lucien S&#232;ve sur lesquelles s'appuie le pr&#233;sent travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Donner vie &#224; la perspective communiste esquiss&#233;e plus haut implique des fa&#231;ons essentiellement nouvelles de faire de la politique et de s'organiser &#224; cette fin. Questions d&#233;terminantes qui ne trouveront r&#233;ponse appropri&#233;e que dans le mouvement r&#233;el &#8211; c'est une formidable exp&#233;rimentation politique en vraie grandeur qu'il s'agit d'engager.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Imp&#233;ratif de base : &lt;strong&gt;que jamais leurs acteurs n'en soient d&#233;poss&#233;d&#233;s. Ce qui vaut d&#232;s le d&#233;part : l'initiative donc na&#238;t sur le terrain&lt;/strong&gt; &#8211; groupe d'entreprises ou de services, arrondissement urbain ou grand ensemble, r&#233;gion rurale... &#8211; &lt;strong&gt;et y demeure&lt;/strong&gt;. Concr&#232;tement : les adh&#233;rents d'une section &#8211; au sens actuel du terme &#8211; d&#233;cident ensemble des initiatives qu'ils jugent les plus judicieuses dans le contexte qui est le leur &#8211; d&#233;cision r&#233;visable, &#233;volutive &#8211;, chacun choisissant lui-m&#234;me &#224; quel collectif d'initiative &#8211; nommons-le ici par convention atelier &#8211; il veut prendre part. &lt;strong&gt;L'atelier a tout pouvoir&lt;/strong&gt; pour &#233;laborer son initiative : &#233;tude de donn&#233;es, appropriation de connaissances, fixation d'objectifs, engagement d'actions... Dans d'autres sections, d'autres r&#233;gions, des ateliers m&#232;nent une initiative analogue : : &lt;strong&gt;des informations et exp&#233;riences sont &#233;chang&#233;es&lt;/strong&gt;, des probl&#232;mes communs mis &#224; l'&#233;tude, des objectifs plus ambitieux adopt&#233;s ... &lt;strong&gt;Sans perdre ses racines&lt;/strong&gt;, sans &#233;chapper &#224; la responsabilit&#233; pl&#233;ni&#232;re de ses acteurs, &lt;i&gt;l'initiative devient l'affaire commune&lt;/i&gt; de toute une famille d'ateliers, elle peut se nationaliser, voire s'internationaliser ; elle devient p&#233;pini&#232;re de comp&#233;tences et de porte-parole, instrument de transformation &#224; taille efficace comme jamais cellule n'a pu l'&#234;tre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Les ensembles d'ateliers aux objectifs les plus vari&#233;s s'interconnectent eux-m&#234;mes&lt;/strong&gt; en fonction des besoins ... Organiser ces &#233;changes avec une efficacit&#233; &#233;conome, produire une visibilit&#233; de l'ensemble, pr&#233;alable de toute prospective pertinente : c'est le r&#244;le de centres &#224; divers niveaux. &lt;strong&gt;Des centres &#8211; appelons-les par exemple conseils &#8211; ne confisquant rien du pouvoir de d&#233;cision des ateliers&lt;/strong&gt; et de leur maillage, red&#233;centralisant sans cesse au contraire des moyens &#233;labor&#233;s de mieux d&#233;cider. Ceci oriente vers une sorte d'organisation politique en rupture avec le parti.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Ce n'est pas la centralit&#233; qui fait la crise mortelle de la forme-parti mais la verticalit&#233;&lt;/strong&gt; qu'elle recouvre, celle d'une direction d&#233;tenant seule, par position, les moyens de d&#233;cider pour tout ce qui compte et qui, voul&#251;t-on le contraire, d&#233;poss&#232;de les militants de la ma&#238;trise des initiatives dont ils ont pourtant &#224; &#234;tre les acteurs.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les probl&#232;mes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition de fonctionnement correspond bien &#224; celle que j'ai &#233;bauch&#233;e ci-dessus, et &#233;voque, sans le pr&#233;ciser, un r&#233;seau de type global &#233;mergent. Conception novatrice profond&#233;ment contraire &#224; nos habitudes. D'o&#249; les questions : quelle structure de r&#233;seau correspond &#224; cette proposition, et comment faire fonctionner une &#8216;centralit&#233; horizontale' en d&#233;pit des mentalit&#233;s et des habitudes inverses d'une part non n&#233;gligeable de ceux qui ont vocation &#224; en devenir partie prenante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Le risque de retour de la centralit&#233; horizontale &#224; la verticalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que ce risque est tr&#232;s grand, en raison du jeu naturel du fonctionnement et des habitudes. Ce n'est pas une hypoth&#232;se d'&#233;cole, il est av&#233;r&#233; dans de nombreux exemples. Il a trois ressorts puissants : &lt;strong&gt;l'habitude de d&#233;l&#233;guer, la recherche d'efficacit&#233;&lt;/strong&gt; (il est plus rapide de d&#233;cider que de faire d&#233;cider une collectivit&#233;), et &lt;strong&gt;le go&#251;t du pouvoir et de la connaissance&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples r&#233;cents ne manquent pas. Nous avons vu comment le CIUN, qui s'&#233;tait d&#233;fini initialement comme un collectif charg&#233; de coordonner et faciliter le travail des collectifs unitaires locaux, et qui comportait des personnes particuli&#232;rement attach&#233;es, semblait il, &#224; l'horizontalit&#233;, a cr&#233;&#233; avec les collectifs locaux un r&#233;seau centralis&#233; et tr&#232;s peu horizontal. Progressivement il s'est consid&#233;r&#233; et a agi comme une direction. La crise r&#233;cente d'ATTAC est une autre d&#233;monstration de ce danger. Et m&#234;me l'altermondialisme n'&#233;chappe peut &#234;tre pas &#224; cette d&#233;rive, avec, comme on l'a vu ci-dessus des &#8216;jet militants' professionnels, qui, vu le nombre des associations font nombre, mais qui courent le risque de laisser de c&#244;t&#233; l'immense majorit&#233; des int&#233;ress&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se rendre &#224; l'&#233;vidence, le besoin de participation qui se fait de plus en plus entendre est par nature &#233;mancipateur. Mais sa r&#233;alisation n&#233;cessite des militants &#233;mancip&#233;s, et se heurte donc &#224; toutes les habitudes h&#233;rit&#233;es du capitalisme (et en France, en plus, du Jacobinisme). Les militants associatifs le savent, les adh&#233;rents &#8216;r&#226;lent' pour plus de d&#233;mocratie, mais laissent le travail et les responsabilit&#233;s &#224; quelques militants d&#233;vou&#233;s. Une nouvelle culture va se d&#233;velopper, mais cela ne se fera pas &#8216;spontan&#233;ment', il serait bon, dans la mesure du possible, d'en aider l'&#233;mergence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a la question des permanents. La pr&#233;sence de permanents pour assurer un suivi cons&#233;quent des t&#226;ches est probablement tout aussi n&#233;cessaire dans les conseils de divers niveaux que propose Lucien S&#232;ve que dans les actuelles directions de toute grosse organisation, m&#234;me si leur r&#244;le n'est pas le m&#234;me, puisqu'ils doivent cesser de diriger, pour coordonner et assurer la coh&#233;rence. Ils auront non seulement &#224; abandonner les habitudes de diriger, mais &#224; faire abandonner aux militants leurs habitudes de d&#233;l&#233;guer. Est-ce possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenir l'horizontalit&#233; du fonctionnement d'une organisation, n&#233;cessite d'abord une volont&#233; continue et un apprentissage. Mais il faudrait mettre aussi en place, si possible, &lt;strong&gt;des formes d'organisation qui favorisent et p&#233;rennisent l'horizontalit&#233;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - Il est donc souhaitable de pr&#233;voir d'entr&#233;e de jeu, des &#8216;garde fous'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceux ci pourront &#234;tre&lt;/strong&gt; de deux ordres. Les uns consistent dans la &lt;strong&gt;vigilance&lt;/strong&gt; experte des militants, les autres dans des &lt;strong&gt;structures&lt;/strong&gt; qui garantissent au mieux le maintien de l'horizontalit&#233;. La question devient, &lt;strong&gt;existe-t-il des structures meilleures que d'autres pour garantir l'horizontalit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation propos&#233;e par Lucien S&#232;ve est celle d'un r&#233;seau, avec un maillage d'ateliers, des connections, des regroupements. La science des r&#233;seaux a-t-elle son mot &#224; dire, des conseils &#224; donner ? Les r&#233;seaux &#224; connecteurs par exemple, pourraient-ils &#234;tre des garde fous contre d'&#233;ventuelles d&#233;rives verticales et autoritaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord voir que les ateliers et leurs conseils tels que Lucien S&#232;ve les propose ne sont pas des r&#233;seaux au sens o&#249; j'ai pris le mot ci-dessus, parce que les ateliers ne sont pas de la m&#234;me nature que les conseils, ou plus exactement que les interactions entre ateliers, et entre ateliers et conseils ne sont pas de m&#234;me nature. Dans les r&#233;seaux &#224; connecteurs que j'ai pr&#233;sent&#233;s, les n&#339;uds qui deviennent des connecteurs sont au d&#233;part des n&#339;uds comme les autres, mais leur fonctionnement est plus efficace et ils d&#233;veloppent (ou attirent) de plus nombreuses connections que les autres. Ils &#233;mergent du fonctionnement global, qui est auto-organis&#233;. &lt;strong&gt;La coh&#233;rence&lt;/strong&gt; provient de la similitude des r&#232;gles correspondant aux connections, et pas de structures charg&#233;es de la maintenir. Je ne sais pas si de tels r&#233;seaux peuvent exister dans le champ militant. C'est peut &#234;tre un processus trop lent pour se mettre en place spontan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si des conseils (y compris avec des permanents) semblent utiles pour assurer d'entr&#233;e de jeu la coh&#233;rence du syst&#232;me propos&#233;, au moins peut-on envisager qu'il n'y ait pas un conseil central national, qui deviendrait vite, &lt;i&gt;volens nolens&lt;/i&gt; &#8216;sup&#233;rieur', mais que les conseils eux-m&#234;mes (g&#233;n&#233;ralement de niveau national, mais pas forc&#233;ment) forment un r&#233;seau &#224; connecteurs, &#233;tant reli&#233;s les uns aux autres. Il n'y aurait pas alors des conseils de niveaux diff&#233;rents (qui favoriseraient la restauration de la verticalit&#233;, ne serait-ce que par leur similitude avec les structures &#8216;habituelles'), mais des conseils consacr&#233;s &#224; la coordination d'ateliers portant sur des sujets semblables &#8230; et ceux pour lesquels il y a le plus de relations entre les th&#232;mes, auront le plus grand nombre de connections et assureront &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; la plus grande coh&#233;rence. Les conseils &#233;volueraient avec l'actualit&#233;, certains devenant plus connect&#233;s et d'autre moins, selon les avanc&#233;es et les reculs de la conjoncture politique et du nombre d'ateliers se consacrant &#224; leurs th&#232;mes, ce qui serait une autre forme de &#8216;garde fou' contre la verticalit&#233;, aucun conseil en principe ne restant ind&#233;finiment le plus connect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si ce type de r&#233;seau est le seul susceptible de jouer le r&#244;le de garde fou contre la tentation verticale. Mon souci principal ici &#233;tait d'attirer l'attention sur &lt;strong&gt;l'int&#233;r&#234;t de s'appuyer sur la science des r&#233;seaux pour mettre en place&lt;/strong&gt; (&#224; titre exp&#233;rimental au d&#233;but peut-&#234;tre) &lt;strong&gt;des structures&lt;/strong&gt; destin&#233;es &#224; emp&#234;cher les d&#233;rives vers les comportements habituels de verticalit&#233;, en montrant qu'il existe certaines structures de r&#233;seau susceptibles de favoriser le maintien de l'horizontalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que les exigences de fonctionnement d&#233;mocratique et d&#8216;efficacit&#233; n&#233;cessitent probablement &lt;strong&gt;une veille constante&lt;/strong&gt;, semblable &#224; ce que fait la s&#233;lection naturelle pour les r&#233;seaux biologiques. On ne peut jamais se reposer enti&#232;rement sur une structure qui sera, elle aussi susceptible de d&#233;rives. Mais qui dit veille constante, dit aussi r&#233;flexion m&#233;thodologique sur l'organisation. &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Les outils conceptuels que l'on peut forger &#224; partir des concepts des sciences de la complexit&#233; ne peuvent contribuer &#224; r&#233;pondre &#224; des questions, qu'&#224; condition&#8230; qu'on se les pose&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Troisieme-partie-methodes-d-etude' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers la troisi&#232;me partie : m&#233;thodes d'&#233;tude des syst&#232;mes complexes utilisables pour l'action : l'exemple des r&#233;seaux militants ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Conclusions-pour-une-co' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers la conclusion : pour une co-construction des 'outils complexes' destin&#233;s &#224; la transformation sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soulign&#233;es par moi&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Troisi&#232;me partie : m&#233;thodes d'&#233;tude des syst&#232;mes complexes utilisables pour l'action, l'exemple des r&#233;seaux militants ?</title>
		<link>https://www.idees-beaumont.org/Troisieme-partie-methodes-d-etude</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.idees-beaumont.org/Troisieme-partie-methodes-d-etude</guid>
		<dc:date>2008-05-15T07:59:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janine Guespin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection</dc:subject>

		<description>Un cas particulier o&#249; l'analyse dynamique peut &#234;tre assez rapidement utile de mani&#232;re prospective et non plus seulement r&#233;trospective, concerne les actuelles r&#233;flexions sur la militance en r&#233;seau et plus pr&#233;cis&#233;ment les relations entre structure d'un r&#233;seau, efficacit&#233; et d&#233;mocratie. Du grand nombre de r&#233;seaux militants qui se sont d&#233;velopp&#233;s r&#233;cemment, est n&#233;e l'id&#233;e que ces r&#233;seaux repr&#233;sentent une forme de militance plus d&#233;mocratique, voire plus efficace que la forme &lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Troisieme-partie-methodes-d-etude' class=' pts_suite'&gt; (lire la suite&#8230;)&lt;/a&gt;

-
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Politique-+" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Election-+" rel="tag"&gt;&#201;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un cas particulier o&#249; l'analyse dynamique peut &#234;tre assez rapidement utile de mani&#232;re prospective et non plus seulement r&#233;trospective, concerne les actuelles r&#233;flexions sur la militance en r&#233;seau et plus pr&#233;cis&#233;ment les relations entre structure d'un r&#233;seau, efficacit&#233; et d&#233;mocratie. Du grand nombre de r&#233;seaux militants qui se sont d&#233;velopp&#233;s r&#233;cemment, est n&#233;e l'id&#233;e que ces r&#233;seaux repr&#233;sentent une forme de militance plus d&#233;mocratique, voire plus efficace que la forme traditionnelle, hi&#233;rarchique, mise au point au si&#232;cle dernier dans les syndicats et les partis. De nombreuses &#233;tudes ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es, notamment par des sociologues, pour &#233;tudier ces r&#233;seaux. Mais cette id&#233;e, si g&#233;n&#233;rale et r&#233;pandue qu'elle soit, n'a, &#224; ma connaissance jamais &#233;t&#233; confront&#233;e aux connaissances issues de la science des r&#233;seaux. Une telle approche est elle utile ? Je pense qu'elle peut contribuer &#224; choisir une organisation du r&#233;seau conduisant &#224; un fonctionnement plus conforme aux v&#339;ux des participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e de jeu, une tension majeure me para&#238;t provenir de l'opposition entre une &lt;strong&gt;culture organisationnelle centralisatrice&lt;/strong&gt;, qui n'arrive pas vraiment &#224; imaginer un fonctionnement autre que centralis&#233;, avec un secr&#233;tariat, un bureau, un collectif d'initiative nationale, que sais-je, et une &lt;strong&gt;aspiration&lt;/strong&gt; tr&#232;s forte &#224; un fonctionnement &lt;strong&gt;non centralis&#233;&lt;/strong&gt;, mais &lt;strong&gt;non explicit&#233;&lt;/strong&gt; (ayant donc quelque chose de mythique), qui aurait toutes les vertus, ou tout au moins n'aurait pas les d&#233;fauts de l'organisation centralis&#233;e. En effet, &#224; la mode du r&#233;seau, s'oppose &lt;i&gt; &lt;strong&gt;la totale m&#233;connaissance de l'existence et des propri&#233;t&#233;s de structures tr&#232;s diverses de r&#233;seaux&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. Selon le mythe, le r&#233;seau est par essence d&#233;mocratique, quelle que soit sa structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce qui est &#224; la fois m&#233;connaissance et aspiration forte, il me semble que l'&#233;tude pr&#233;cise des r&#233;seaux et de leurs propri&#233;t&#233;s est absolument n&#233;cessaire. &lt;strong&gt;Il y a deux mani&#232;res de proc&#233;der&lt;/strong&gt;. D'une part, on peut (il faut) faire &lt;strong&gt;l'analyse de r&#233;seaux de militance existants&lt;/strong&gt;, en recherchant si leur structure est ou non toujours la m&#234;me, et si elle (ou elles) correspond(ent) &#224; celles des r&#233;seaux &#233;tudi&#233;s par les scientifiques (ce qui permettrait de b&#233;n&#233;ficier des r&#233;sultats de ces &#233;tudes). &#192; ma connaissance ces &#233;tudes restent &#224; faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il ne s'agit pas ici d'&#233;tudes sociologiques, mais d'&#233;tudes d'une autre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'autre part, &lt;strong&gt;ici je me propose de proc&#233;der &#224; l'inverse et tenter de r&#233;pertorier les propri&#233;t&#233;s des types de structures de r&#233;seau scientifiquement connus&lt;/strong&gt; qui me paraissent correspondre le mieux aux aspirations des militants contemporains. Quelles sont les propri&#233;t&#233;s que l'on souhaite, et quels sont les types de r&#233;seaux susceptibles de pr&#233;senter ces propri&#233;t&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Les propri&#233;t&#233;s g&#233;n&#233;ralement souhait&#233;es et attribu&#233;es &#224; &#8216;la' forme r&#233;seau&lt;/h2&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;D&#233;mocratie et &#233;galit&#233;&lt;/strong&gt;. Les membres du r&#233;seau doivent &#234;tre &#233;gaux. Tous peuvent acc&#233;der de la m&#234;me fa&#231;on &#224; l'information (ce qui est relativement facile avec Internet - &#224; condition que tous soient connect&#233;s). Tous ont les m&#234;mes droits de prendre part aux d&#233;cisions. Et tous ont les m&#234;mes droits/facult&#233;s/possibilit&#233;s de proposer, de diriger.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Fonctionnement de bas en haut&lt;/strong&gt;. C'est autre chose. L'id&#233;e est que les d&#233;cisions vont &lt;strong&gt;&#8216;&#233;merger'&lt;/strong&gt; du fonctionnement global d&#233;centralis&#233; du r&#233;seau. Cela se base sur un refus/opposition de fonctionnement hi&#233;rarchique d&#233;cr&#233;dibilis&#233;, mais n'est pas sans analogie avec les r&#233;seaux distribu&#233;s &#233;mergents connus dans la nature, par exemple le cerveau, le syst&#232;me immunitaire, etc. Cela correspond &#224; l'irruption d'une volont&#233; de redonner toute leur place aux individus, et correspond aussi peut &#234;tre au mythe inverse selon lequel les &#8216;appareils' sont par nature dot&#233;s de tous les d&#233;fauts. Cela correspond &#224; la forme &lt;strong&gt;que l'on imagine comme la plus parfaite de d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Fonctionnement robuste&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire p&#233;renne dans le temps, et &lt;strong&gt;adaptation optimale aux buts&lt;/strong&gt; que s'est donn&#233; le r&#233;seau, &#224; son &lt;strong&gt;efficacit&#233; maximale&lt;/strong&gt;. (c'est d'ailleurs l&#224; que l'on trouve les contradictions les plus fortes entre l'aspiration au r&#233;seau et une forme de pragmatisme centralisateur).&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Existe-t-il des r&#233;seaux qui poss&#232;dent toutes ces propri&#233;t&#233;s ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas. Je ne connais &#233;videmment pas tous les r&#233;seaux possibles. Je me propose d'examiner la mani&#232;re dont ces propri&#233;t&#233;s sont r&#233;alis&#233;es dans un type de r&#233;seaux tr&#232;s courants et assez bien &#233;tudi&#233;s, &lt;strong&gt;les r&#233;seaux &#224; connecteurs&lt;/strong&gt;, encore appel&#233;s &#8216;ind&#233;pendants d'&#233;chelle'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Que sont les r&#233;seaux &#224; connecteurs ou ind&#233;pendants d'&#233;chelle ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette forme particuli&#232;re de r&#233;seau (cf. &lt;i&gt;Figure 2, &lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Deuxieme-partie-des-outils-pour' class=&#034;spip_in&#034;&gt;partie pr&#233;c&#233;dente&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) se rencontre un peu partout. Elle a &#233;t&#233; d&#233;couverte r&#233;cemment (en 2000) par l'&#233;tude du Web, et elle a &#233;t&#233; retrouv&#233;e depuis dans un tr&#232;s grand nombre de cas, tant soci&#233;taux que biologiques. Elle semble appara&#238;tre dans les cas de r&#233;seaux mettant en jeu un tr&#232;s grand nombre de participants, et correspondre &#224; une grande efficacit&#233; et adaptabilit&#233;. Je rappelle qu'un r&#233;seau correspond, dans les cas &#233;tudi&#233;s, &#224; un ensemble d'&#233;l&#233;ments dont les relations (r&#232;gles) sont de m&#234;me nature, ce qui implique &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;la coh&#233;rence&lt;/strong&gt; du r&#233;seau. Dans les r&#233;seaux &#224; connecteurs, le nombre de connections par n&#339;ud est tr&#232;s variable. Il y a un petit nombre de n&#339;uds qui pr&#233;sentent un tr&#232;s grand nombre de connections (les connecteurs ou hubs), et un tr&#232;s grand nombre de n&#339;uds qui pr&#233;sentent peu de connexions. En fait, il y a une relation inverse entre le nombre de n&#339;uds et le nombre de connections qui en partent et on obtient une droite de pente n&#233;gative si on repr&#233;sente en coordonn&#233;es log/log le nombre de n&#339;uds en fonction du nombre de connections qui en partent (d'o&#249; la d&#233;nomination aussi employ&#233;e de r&#233;seaux en loi de puissance). La structure du &lt;strong&gt;r&#233;seau am&#233;ricain des a&#233;roports est souvent cit&#233;e en exemple d'un tel type de r&#233;seau&lt;/strong&gt;. Il existe un petit nombre d'a&#233;roports g&#233;ants, internationaux, qui desservent de grands a&#233;roports, en nombre plus &#233;lev&#233;, qui desservent des a&#233;roports moyens plus nombreux&#8230; qui desservent de multiples a&#233;roports locaux encore plus petits, parfois reli&#233;s &#224; un seul de ces a&#233;roports moyens. Les gros a&#233;roports ne sont pas forc&#233;ment tous reli&#233;s entre eux. On appelle aussi cette structure &#8216;ind&#233;pendante d'&#233;chelle', parce que, dans les grands r&#233;seaux, &#224; chaque niveau, chaque connecteur interm&#233;diaire reproduit la structure des connecteurs aux autres &#233;chelles. &lt;strong&gt;Les propri&#233;t&#233;s des r&#233;seaux &#224; connecteurs sont les suivantes&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Il y a le plus souvent plusieurs mani&#232;res de passer d'un n&#339;ud &#224; l'autre. Autrement dit, aucun connecteur n'est le passage oblig&#233; pour aller d'un n&#339;ud &#224; l'autre. Cela entra&#238;ne une grande robustesse puisque la disparition d'un connecteur n'entra&#238;ne pas la disparition du r&#233;seau (si un a&#233;roport est bloqu&#233;, on peut g&#233;n&#233;ralement tout de m&#234;me arriver o&#249; on veut).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le nombre de connections n&#233;cessaires pour passer d'un n&#339;ud quelconque &#224;1 'autre est relativement faible. C'est la propri&#233;t&#233;, d&#233;j&#224; d&#233;crite que l'on appelle &#8216;petit monde'. On peut voir que le r&#233;sultat ne permet pas &#224; chaque passager d'aller le plus vite possible d'un point &#224; l'autre (ce qui n&#233;cessiterait que tous les a&#233;roports soient reli&#233;s &#224; tous les autres, et qui, &#233;videmment, serait une absurdit&#233; &#233;conomique et &#233;cologique), mais que c'est le meilleur compromis entre efficacit&#233; et r&#233;alisme. Un r&#233;seau hi&#233;rarchique, avec un connecteur central et des connecteurs interm&#233;diaires est il un cas particulier des r&#233;seaux ind&#233;pendants d'&#233;chelle ? Non, parce que ces derniers seuls sont &#8216;petit monde'. C'est toute la diff&#233;rence entre le r&#233;seau des a&#233;roports, et le r&#233;seau SNCF au milieu du si&#232;cle dernier o&#249; l'on devait obligatoirement passer par Paris.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Tous les n&#339;uds ne sont pas &#8216;&#233;gaux'&lt;/strong&gt;. Cette propri&#233;t&#233; r&#233;sulte de la pr&#233;c&#233;dente. Ce qui est important c'est que, dans un r&#233;seau &#8216;naturel' (c'est-&#224;-dire un r&#233;seau qui ne s'est pas construit sous la direction d'une personne ou d'un centre organisateur) c'est le fonctionnement m&#234;me qui fait &#233;merger les connecteurs.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Quel est leur mode de fonctionnement, leur dynamique ?&lt;/strong&gt; J'ignore si tous les r&#233;seaux de ce type ont le m&#234;me mode de fonctionnement. Ceux que je connais sont assez semblables. Il n'y a pas de fonctionnement centralis&#233;. Les &#8216;d&#233;cisions' (quelles connections d&#233;velopper, lesquelles ralentir ou supprimer pour les a&#233;roports par exemple) ne peuvent pas se prendre dans chaque a&#233;roport ind&#233;pendamment car elles n'auraient aucune chance d'aboutir &#224; une politique coh&#233;rente. Elles ne se prennent pas non plus dans un centre qui n'existe pas. Elles &#8216;&#233;mergent' du fonctionnement de l'ensemble, c'est-&#224;-dire du flux des voyageurs qui passent par tel ou tel a&#233;roport. C'est donc un r&#233;seau tr&#232;s efficace pour s'adapter au mieux aux r&#232;gles du jeu pos&#233;es &#224; l'origine du r&#233;seau, (le profit maximum pour les a&#233;roports am&#233;ricains, cela va de soi) et qui en assurent le fonctionnement. Ce sont des r&#233;seaux tr&#232;s adaptables.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le cas des a&#233;roports, o&#249; le but du jeu fix&#233; est de gagner le plus d'argent pour chacun des a&#233;roports et des compagnies, ce sont les &#8216;lois du march&#233;' c'est &#224; dire le r&#233;sultat du fonctionnement de l'ensemble selon les r&#232;gles fix&#233;es qui entra&#238;nent les d&#233;cisions de favoriser ou de ralentir, voire de fermer, telle ou telle connexion. Les d&#233;cisions, sont &lt;strong&gt;les mieux adapt&#233;es au but, car elles r&#233;sultent de l'exp&#233;rience du fonctionnement global&lt;/strong&gt;. (On peut d'ailleurs obtenir par simulation sur ordinateurs, &#224; partir de cette loi simple &#8216;maximiser les profits', et des donn&#233;es sur le trafic, le type de r&#233;partition des connections que l'on observe dans la r&#233;alit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple montre que tout r&#233;seau n'est pas obligatoirement d&#233;mocratique, et qu'il peut m&#234;me y avoir &lt;strong&gt;contradiction entre fonctionnement &#233;mergent et fonctionnement d&#233;mocratique&lt;/strong&gt;. Puisque la d&#233;cision se prend par suite du fonctionnement global, les acteurs ne peuvent ils qu'en prendre acte ? C'est pr&#233;cis&#233;ment &lt;strong&gt;la base du lib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;. &#8216;La main invisible du march&#233;' qui g&#232;rerait mieux que les individus qui ne pourraient que se soumettre &#224; sa grande sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, il ne faut pas se contenter de dire &#8216;r&#233;seau', il faut encore se poser la question, &#8216;un r&#233;seau pour quoi faire' ? Autrement dit, quelle est &lt;i&gt; &lt;strong&gt;la r&#232;gle&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#224; laquelle r&#233;pondent les connections et &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#8216;quelle structure pour quel fonctionnement'&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; ? Un r&#233;seau &#224; connecteur, n'est ni bon ni mauvais. &lt;strong&gt;Tout d&#233;pend des r&#232;gles du jeu qui en assurent la coh&#233;rence&lt;/strong&gt;. Si ce sont les lois du march&#233;, il fonctionne &#224; la perfection. Mais il peut fonctionner aussi &#224; la m&#234;me perfection avec de tout autres r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envisageons par exemple un &lt;strong&gt;fonctionnement au consensus&lt;/strong&gt; o&#249; finit par &#233;merger, au cours du fonctionnement, &lt;strong&gt;la solution &#8216;optimale' compte tenu des relations de chaque acteur avec les autres&lt;/strong&gt;. C'est dans un r&#233;seau de type petit monde qu'un tel consensus, s'il est possible, &#233;mergera le plus rapidement et sera le plus solide. On en arrive donc &#224; se poser, &#224; travers celle de la structure d'un r&#233;seau, la question du choix du type de d&#233;mocratie que l'on souhaite. Est-ce respecter l'avis de la majorit&#233; (auquel cas un r&#233;seau centralis&#233; sera le plus efficace) ou faire &#233;merger un avis qui ne laisse personne sur le c&#244;t&#233; ? Il n'est pas int&#233;ressant ici de trancher, d'autant que la r&#233;ponse d&#233;pend tr&#232;s probablement des circonstances, mais d'insister, au risque de lourdeur, sur l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de se poser la question de l'ad&#233;quation de l'organisation du r&#233;seau avec ce que l'on veut en faire, avec son fonctionnement et ses objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - Y a t il d'autres structures de r&#233;seaux qui pr&#233;sentent un int&#233;r&#234;t pour les r&#233;seaux militants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux &#224; connecteurs sont apparus &#8216;spontan&#233;ment' dans des syst&#232;mes &lt;strong&gt;caract&#233;ris&#233;s par le grand nombre des n&#339;uds&lt;/strong&gt;, o&#249; les exigences de d&#233;mocratie n'existent pas, mais o&#249; les exigences d'efficacit&#233; et de robustesse sont pr&#233;valents. (Les syst&#232;mes biologiques par exemple, dont le syst&#232;me nerveux humain est le cas le plus complexe). Dans les r&#233;seaux militants on est toujours confront&#233; &#224; la contradiction entre l&#8216;efficacit&#233;, qui semble r&#233;clamer une certaine centralit&#233;, mais bloque l'&#233;mergence, et la d&#233;mocratie, qui voudrait que tous les n&#339;uds aient les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans vouloir lui faire dire plus qu'il n'en dit, j'ai &#233;t&#233; frapp&#233;e, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;r&#233;seaux &#224; agr&#233;gats&lt;/strong&gt; (cf. &lt;i&gt;figure 2, &lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Deuxieme-partie-des-outils-pour' class=&#034;spip_in&#034;&gt;partie pr&#233;c&#233;dente&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;), o&#249; un faible nombre de connections joint des groupes de n&#339;uds pleinement connect&#233;s sont peut &#234;tre susceptibles d'&#234;tre plus d&#233;mocratiques. Ils devraient permettre &#233;galement un fonctionnement &#233;mergent. Sont ils efficaces lorsque le nombre de n&#339;uds augmente ? &lt;i&gt;A priori&lt;/i&gt;, l'organisation des Forums Sociaux ressemble &#224; un r&#233;seau &#224; agr&#233;gats, chaque organisation pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un agr&#233;gat (si tous ses membres sont connect&#233;s directement entre eux) reli&#233; aux autres agr&#233;gats lors des forums sociaux par un repr&#233;sentant &#233;gal en principe aux autres membres de l'association en question. Mais on voit se constituer, dans chaque pays, pour les Forums Sociaux, une sorte de &#171; jet-aristocratie &#187; militante ; ce sont toujours les m&#234;mes qui participent aux forums qui se tiennent hors de leur propre pays. Ils se connaissent bien et sont devenus tr&#232;s efficaces. Sont-ils devenus des &#8216;connecteurs', et la structure du r&#233;seau des FSM, FSE a-t-elle chang&#233; ? (Mais, r&#233;percutent-ils autour d'eux, ce qu'ils ont fait, prennent-ils les avis des participants moins connect&#233;s ? veillent-ils &#224; la d&#233;mocratie, et les membres de leurs associations respectives exigent-ils ce retour et cette d&#233;mocratie ? &#192; terme, n'est ce pas une d&#233;rive qui fera perdre l'efficacit&#233; acquise en les coupant des organisations qu'ils sont cens&#233;s repr&#233;senter ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or rien n'est plus difficile &#224; rep&#233;rer et surtout &#224; corriger que des d&#233;rives qui s'installent lentement au profit de l'efficacit&#233;. Peut on s'en garder, peut on &#233;riger des garde-fous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Deuxieme-partie-des-outils-pour' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers la deuxi&#232;me partie : des outils pour &#233;tudier la complexit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Quatrieme-partie-des-garde-fous' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers la quatri&#232;me partie : des garde fous contre les d&#233;rives autoritaires, d&#233;l&#233;gataires ou centralisatrices ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il ne s'agit pas ici d'&#233;tudes sociologiques, mais d'&#233;tudes d'une autre nature, recherchant la structure de r&#233;seaux existants et la comparant &#224; celles d&#233;j&#224; connues. Je ne sais pas comment nommer ces &#233;tudes, n&#233;cessairement transdisciplinaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans vouloir lui faire dire plus qu'il n'en dit, j'ai &#233;t&#233; frapp&#233;e, dans l'article d'Aguiton et Cardon consacr&#233; au FSM (congr&#232;s Marx V 2007) que l'&#233;volution de ce dernier (en 2005) l'ait conduit &#171; vers une pluralisation des centres de d&#233;cision (vers laquelle) s'orientent actuellement les acteurs &#187;. N'y a-t-il pas l&#224; l'amorce d'un r&#233;seau &#224; connecteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deuxi&#232;me partie : des outils pour &#233;tudier la complexit&#233;</title>
		<link>https://www.idees-beaumont.org/Deuxieme-partie-des-outils-pour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.idees-beaumont.org/Deuxieme-partie-des-outils-pour</guid>
		<dc:date>2008-05-15T07:59:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janine Guespin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection</dc:subject>

		<description>Mais si le CIUN est bien un processus complexe, alors on peut explorer si et comment, les concepts issus des sciences de la complexit&#233; peuvent &#234;tre utilis&#233;s pour analyser plus avant ce processus. &lt;br /&gt;J'ai utilis&#233; pour ce faire trois de ces concepts qui m'ont paru susceptibles de fournir de bons outils dans ce cas particulier : bifurcations et multistationnarit&#233;, dynamique des r&#233;seaux, et circuits de r&#233;troaction positive. Il ne s'agit ni de tous les concepts disponibles, ni m&#234;me de tous &lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Deuxieme-partie-des-outils-pour' class=' pts_suite'&gt; (lire la suite&#8230;)&lt;/a&gt;

-
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Politique-+" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Election-+" rel="tag"&gt;&#201;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais si le CIUN est bien un processus complexe, alors on peut explorer si et comment, les concepts issus des sciences de la complexit&#233; peuvent &#234;tre utilis&#233;s pour analyser plus avant ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai utilis&#233; pour ce faire trois de ces concepts qui m'ont paru susceptibles de fournir de bons outils dans ce cas particulier : bifurcations et multistationnarit&#233;, dynamique des r&#233;seaux, et circuits de r&#233;troaction positive. Il ne s'agit ni de tous les concepts disponibles, ni m&#234;me de tous ceux qui auraient pu servir &#224; l'analyse de l'exemple choisi. &lt;strong&gt;Je ne pr&#233;senterai donc pas ici une analyse exhaustive de ce processus&lt;/strong&gt; du point de vue de la complexit&#233;, mais trois exemples pour illustrer la faisabilit&#233; du projet et pr&#233;senter les outils disponibles. J'appelle &lt;i&gt; &lt;strong&gt;analyse dynamique&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; les r&#233;sultats de cette d&#233;marche, pour bien insister sur la diff&#233;rence d'avec l'analyse politique. Il ne s'agira donc pas pour moi, de &#171; prendre parti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Encore que le seul fait de se situer dans un cadre de pens&#233;e du complexe, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, mais d'offrir des outils pour la prise de parti.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bifurcation et multistationnarit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Pr&#233;sentation des concepts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce concept provient de la dynamique des syst&#232;mes non lin&#233;aires &#233;tudi&#233;e par la physique, essentiellement depuis les ann&#233;es 70. Il s'agit de syst&#232;mes complexes suffisamment simples pour &#234;tre mod&#233;lis&#233;s par des &#233;quations math&#233;matiques appel&#233;es &#233;quations diff&#233;rentielles non lin&#233;aires, qui d&#233;crivent l'&#233;volution de chaque variable du syst&#232;me en fonction du temps, sous l'influence des autres variables et de param&#232;tres consid&#233;r&#233;s comme constants. En g&#233;n&#233;ral les syst&#232;mes dynamiques tendent vers un &#233;tat dit stationnaire, ou singulier, (solution(s) du syst&#232;me d'&#233;quations diff&#233;rentielles) au cours duquel le comportement global se stabilise. Mais les syst&#232;mes non lin&#233;aires ont ceci de particulier qu'il y a plusieurs types d'&#233;tats singuliers, et que la nature de l'&#233;tat singulier atteint par un syst&#232;me d&#233;pend du syst&#232;me (nature des &#233;quations, valeur des param&#232;tres), mais aussi de ce que l'on nomme les &#8216;conditions initiales', c'est-&#224;-dire l'&#233;tat du syst&#232;me au temps z&#233;ro de l'exp&#233;rience. Un &#233;tat singulier, peut &#234;tre un &#233;tat stationnaire, o&#249; le syst&#232;me n'est pas au repos, mais o&#249; la valeur des variables n'&#233;volue plus (comme la fameuse baignoire qui se vide &#224; la m&#234;me vitesse qu'elle s'emplit). Un autre &#233;tat singulier peut &#234;tre une oscillation, ou encore un chaos (dans lequel les variables ne prennent jamais deux fois la m&#234;me valeur, ce qui donne des oscillations irr&#233;guli&#232;res comme celles d'un enc&#233;phalogramme) et enfin, le cas qui va nous int&#233;resser le plus ici, la &lt;i&gt; &lt;strong&gt;multistationnarit&#233;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, le syst&#232;me &#233;volue vers l'un de deux (ou plusieurs) &#233;tats stationnaires, en fonction de diverses caract&#233;ristiques, et notamment les conditions initiales. On appelle &lt;i&gt; &lt;strong&gt;bassin d'attraction&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; pour un des &#233;tats l'ensemble des conditions initiales qui conduisent &#224; cette solution. Souvent, il est possible de pr&#233;voir la nature des &#233;tats stationnaires, mais pas de pr&#233;dire lequel sera finalement &#8216;choisi' par le syst&#232;me. Ainsi lors d'un match, on pr&#233;voit que l'une des &#233;quipes sera gagnante (ou qu'il y aura match nul), mais, en principe, on ne sait pas pr&#233;dire laquelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les choses se compliquent encore, car la nature m&#234;me d'un &#233;tat singulier peut d&#233;pendre des param&#232;tres du syst&#232;me. Reprenons l'exemple du match de foot. Si l'une des &#233;quipes a un tr&#232;s bon gardien de but et l'autre non, l'issue du match est pr&#233;dictible, il y a un seul &#233;tat stationnaire. Mais que la deuxi&#232;me &#233;quipe change de gardien de but, et l'issue devient incertaine, il y a multistationnarit&#233;. Le changement de ce seul joueur peut repr&#233;senter le changement de param&#232;tre qui va modifier la nature du jeu. On passe ainsi &#224; un jeu sans issue pr&#233;dictible, on dit qu'on a eu une &lt;i&gt; &lt;strong&gt;bifurcation&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; qui a fait passer le syst&#232;me d'un &#233;tat stationnaire unique &#224; deux &#233;tats stationnaires possibles. On appelle ce type de bifurcation, une bifurcation fourche. En changeant 1 joueur (param&#232;tre) sur 22, on a chang&#233; la nature du jeu, &lt;strong&gt;&#224; condition que le param&#232;tre en question ait &#233;t&#233; judicieusement choisi&lt;/strong&gt;. En physique on parle de &lt;i&gt; &lt;strong&gt;param&#232;tre de contr&#244;le&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, et on montre que, &lt;strong&gt;au voisinage d'une valeur critique, une toute petite variation de ce param&#232;tre peut entra&#238;ner une bifurcation&lt;/strong&gt;. Les dialecticiens reconna&#238;tront ici un des types de changement qualitatif &#224; la Hegel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On voit la diff&#233;rence entre ce cas, o&#249; le &#8216;saut qualitatif' d&#233;pend d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chaque fois qu'une petite modification d'un param&#232;tre de contr&#244;le modifie la nature de l'&#233;tat singulier d'un syst&#232;me dynamique non lin&#233;aire, on parle de bifurcation. La bifurcation n'est dite fourche que si elle fait passer un syst&#232;me de un &#224; deux (ou plus) &#233;tats stationnaires possibles (ou inversement)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un autre type de bifurcation, bien connu &#233;galement est celui qui se produit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une illustration en est donn&#233;e dans la &lt;i&gt;figure 1&lt;/i&gt;, o&#249; l'axe z (la profondeur) repr&#233;sente la variation du param&#232;tre de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.idees-beaumont.org/local/cache-vignettes/L500xH330/Figure1-4d041.png?1750704869' width='500' height='330' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Figure 1
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les vall&#233;es repr&#233;sentent les bassins d'attractions. Il y en a deux avant la bifurcation, (plus un instable, sur la ligne de cr&#234;te). Selon l'endroit d'o&#249; elle sera lanc&#233;e, une bille aboutira au fond de l'une ou de l'autre vall&#233;e. Mais apr&#232;s la bifurcation il n'y a plus qu'un seul bassin d'attraction, d'o&#249; qu'elle soit lanc&#233;e, la bille aboutira toujours au fond de la seule vall&#233;e existante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;2 - Application au cas de l'&#233;volution du CIUN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi qu'aucune mod&#233;lisation sous forme d'&#233;quations diff&#233;rentielles n'est envisageable dans le cas qui nous pr&#233;occupe. L'utilisation du concept de bifurcation ne peut se faire que sous forme d&#8216;une &lt;i&gt; &lt;strong&gt;m&#233;taphore&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. Nous allons donc chercher si on peut trouver des comportements lors de l'&#233;volution du CIUN qui rappellent les bifurcations, puis nous demander si une telle m&#233;taphore peut &#233;clairer cette &#233;volution, ou aider &#224; poser de nouvelles questions. J'appellerai bifurcation une modification du comportement (et de la nature de l'&#233;tat stationnaire) du syst&#232;me due &#224; une petite modification des conditions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se souviendra du double film &#8216;smoking/no smoking &#187; de Alain Resnais, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai explor&#233; dans ce cadre, deux voies assez diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, j'ai fait une liste de changements qui ont entra&#238;n&#233; une modification de la dynamique du rassemblement. Telle est par exemple la d&#233;cision que les partis signent en tant que tels l'appel du 11 Mai. En rigidifiant les rapports entre partis et collectif, elle a favoris&#233; les rapports de force, qui ont abouti &#224; l'&#233;mergence de deux camps que nous analyserons ci-dessous. (Lors des interviews, seules 3 personnes sur 17 ont dit avoir ressenti qu'il s'agissait d'une bifurcation). Un autre exemple, que personne n'a signal&#233;, me para&#238;t &#234;tre l'appel &#224; d'autres candidatures, lanc&#233; le 10 septembre lors d'une AG des collectifs. Examinons de plus pr&#232;s. On avait eu trois candidats potentiels (les 3 B&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie Georges Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR) et Jos&#233; Bov&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), de stature ou notori&#233;t&#233; &#233;quivalente, et parfaitement incompatibles. Aucun ne se serait d&#233;sist&#233; pour un des deux autres, aucun compromis n'&#233;tait possible. Avec le retrait de la LCR, la situation ne changeait pas radicalement. On avait un syst&#232;me &#224; deux candidats incompatibles. Et on savait que chacun repr&#233;sentait un &#8216;bassin d'attraction' constitu&#233; de membres diff&#233;rents des collectifs et de la gauche. Trois solutions pouvaient &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; &#234;tre envisag&#233;es. Des primaires, une discussion permettant de trouver un consensus (voir ci-dessous), ou, solution retenue, un appel &#224; de nouvelles candidatures qui se &lt;i&gt;voulaient&lt;/i&gt; de consensus (un consensus &#8216;autoproclam&#233;' en quelque sorte, &#224; ceci pr&#232;s qu'ils &#233;taient deux et sont rest&#233;s en lice jusqu'au bout&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.Braouzec ayant d'entr&#233;e de jeu dit qu'il n'irait pas jusqu'au bout.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Avec 4 candidatures la solution consistant &#224; faire &#8216;choisir' les collectifs locaux a paru &#233;vidente &#224; tous, m&#234;me s'il s'est av&#233;r&#233; ult&#233;rieurement que les modalit&#233;s de choix envisag&#233;es sous le terme commun de &#8216;double consensus' &#233;taient fort diff&#233;rentes. Autrement dit, la d&#233;cision (dont il faut noter qu'elle a &#233;t&#233; prise sans discussion tant elle paraissait &#8216;&#233;vidente') de faire un appel &#224; nouvelles candidatures, s'est av&#233;r&#233;e lourde de cons&#233;quences, a chang&#233; la possible dynamique, a donc &#233;t&#233; une bifurcation, bien que, sur le moment (et m&#234;me plus tard), personne n'en ait &#233;t&#233; conscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu bien d'autres bifurcations dont la liste serait fastidieuse, mais qui toutes montrent que l'&#233;volution du CIUN a d&#233;pendu de d&#233;cisions qui n'&#233;taient pas &#8216;fatales', et dont certaines d'ailleurs ont &#233;t&#233; v&#233;cues comme bifurcation par quelques uns des participants. La plupart de ces bifurcations sont dues &#224; des d&#233;cision prises en dehors du CIUN (d&#233;cision de la LCR, des socialistes antilib&#233;raux, etc.). Dans certains cas on ne peut pas pr&#233;ciser le moment de la bifurcation. Par exemple, au d&#233;part, le PCF avait &#8216;propos&#233;' la candidature de sa secr&#233;taire nationale. Les cause du blocage de ce parti sur cette candidature sont multiples (tensions internes, votes des collectifs en faveur de cette candidature, r&#233;tr&#233;cissement de l'union, agressivit&#233; de certains des partenaires ..) mais la plupart r&#233;sultent en fait du fonctionnement (et des contradictions), soit des collectifs , soit du PCF lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;par exemple, lors de la conf&#233;rence nationale tenue pour d&#233;finir la strat&#233;gie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'ailleurs certains interview&#233;s r&#233;futaient l'id&#233;e d'une bifurcation car ils pensent qu'il s'agissait d'une position prise d&#232;s le d&#233;but par le PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'int&#233;r&#234;t d'un tel exercice&lt;/strong&gt; est d'une part de mettre en &#233;vidence certains &#233;v&#232;nements qui ont pu para&#238;tre n&#233;gligeables sur le moment &#224; la plupart des participants, mais qui se sont av&#233;r&#233;s avoir eu un grand effet sur la dynamique. D'autre part, et plus largement il permet de d&#233;terminer les moments o&#249; l'&#233;volution a pris une route particuli&#232;re qui aurait pu &#234;tre diff&#233;rente. La plupart du temps ces bifurcations proviennent de d&#233;cisions politiques, et en cons&#233;quence ne sont pas fatales. L'int&#233;r&#234;t en est donc r&#233;trospectif en permettant de mieux comprendre ce qui s'est pass&#233;. Il s'agit d'un outil d'analyse qui permet de d&#233;passer le &#171; c'est la faute &#224; &#8230; &#187;, pour &#233;tudier l'ensemble des moments o&#249; une autre d&#233;cision aurait permis une autre dynamique (dont le r&#233;sultat d&#8216;ailleurs n'est pas non plus pr&#233;dictible dans la mesure o&#249; d'autres bifurcations se seraient alors peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai aussi utilis&#233; la notion de bifurcation fourche d'une tout autre mani&#232;re&lt;/strong&gt;. Lorsqu'on a plusieurs candidats, on peut consid&#233;rer qu'il y a l&#224; un syst&#232;me multistationnaire, o&#249; chaque candidat est une &#8216;solution' possible du syst&#232;me, et o&#249; les bassins d'attraction peuvent &#234;tre constitu&#233;s des partisans de chaque candidat. Il faut alors d&#233;terminer la m&#233;thode de choix entre ces solutions. Le vote est la m&#233;thode la plus utilis&#233;e en g&#233;n&#233;ral. Vote dans un corps &#233;lectoral large (primaires propos&#233;es par J. Bov&#233;), ou vote dans les collectifs. Mais on n'a pas voulu parler de vote, on a parl&#233; de &#8216;double consensus'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je n'aborderai pas les raisons qui ont pouss&#233; &#224; ce choix, et il n'est pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Une repr&#233;sentation du consensus peut elle &#234;tre propos&#233;e d'un point de vue dynamique ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; Puisqu'il s'agit d'une solution unique &#224; laquelle tous se rallient, &#224; partir de positions initialement divergentes, il y a bien eu une dynamique. Si on reprend la &lt;i&gt;figure 1&lt;/i&gt;, on peut dire que les deux bassins d'attraction du premier plan repr&#233;sentent les partisans de deux candidats, et qu'une bifurcation fait passer le syst&#232;me de deux solutions &#224; une seule. Cette m&#233;taphore sugg&#232;re &lt;i&gt; &lt;strong&gt;qu'il n'y a pas choix&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; entre deux candidatures, il y a une &lt;i&gt; &lt;strong&gt;modification du syst&#232;me&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; qui fait qu'il n'y a plus qu'une seule candidature, qu'elle soit l'une des deux pr&#233;c&#233;dentes ou une autre. Quel est le param&#232;tre de contr&#244;le dont la modification peut faire passer le syst&#232;me de deux &#224; un bassin d'attraction ? C'est &#233;videmment un facteur humain, &lt;i&gt; &lt;strong&gt;la volont&#233; de consensus&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, dont la force doit d&#233;passer un certain seuil pour que le consensus se r&#233;alise. Apr&#232;s l'AG du 9-10 d&#233;cembre &#224; St Ouen, qui a consacr&#233; l'impossibilit&#233; de trancher entre les candidatures en pr&#233;sence et conduit &#224; la rupture, une tentative de la derni&#232;re chance a pr&#233;sent&#233; toutes les caract&#233;ristiques de &lt;i&gt;la recherche de consensus prise au sens de cette bifurcation&lt;/i&gt;. Il s'est agi de la candidature de Francis Wurtz qui a &#8216;presque' r&#233;ussi &#224; faire consensus, mais la volont&#233; n'en &#233;tait pas assez forte et partag&#233;e, le &#8216;seuil' de bifurcation n'a pas &#233;t&#233; atteint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que dans ce cas, l'utilisation du concept de bifurcation reste certes une m&#233;taphore, mais qui peut permettre de comprendre, voire (on peut r&#234;ver) de g&#233;rer les &#233;v&#232;nements au fur et &#224; mesure. Un consensus ne peut pas &#234;tre un vote, ne peut pas r&#233;sulter du choix entre plusieurs candidats par quelque m&#233;thode de vote que ce soit. Un consensus r&#233;sulte d'une discussion &#224; l'issue de laquelle il n'y a qu'un seul candidat accept&#233; par tous (Ce qui ne veut pas dire que, en l'absence constat&#233;e de consensus, le recours au vote n'&#233;tait pas n&#233;cessaire, mais dans ce cas, il ne faut pas parler de consensus, mais de vote.). Et le &#8216;double consensus' aurait n&#233;cessit&#233; une proc&#233;dure impliquant obligatoirement un va et vient entre le CIUN et les collectifs jusqu'&#224; d&#233;gager une candidature, que ce soit l'une de celles affich&#233;es ou une autre (comme celle de F. Wurtz ).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;seaux et dynamique des r&#233;seaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis un certain nombre d'ann&#233;e le terme de &#8216;r&#233;seaux' est (re)devenu &#224; la mode, et s'applique m&#234;me parfois &#224; tort et &#224; travers. Je vais m'appuyer ici sur ce que j'appelle &#8216;science des r&#233;seaux', c'est-&#224;-dire le corpus scientifique (r&#233;cent) provenant essentiellement des math&#233;matiques, de la physique, de l'informatique, des sciences de l'ing&#233;nieur, qui traite des propri&#233;t&#233;s g&#233;n&#233;rales des r&#233;seaux ind&#233;pendamment de leur nature (physique ou sociale). Ce qui caract&#233;rise la &#171; d&#233;marche r&#233;seau &#187; est la volont&#233; de prendre en compte, dans un syst&#232;me, &#224; la fois les &#233;l&#233;ments et les interactions entre eux. Ceci n'est pas nouveau, c'est le c&#339;ur de la d&#233;marche dialectique, mais ce qui l'est, et qui &lt;strong&gt;change profond&#233;ment les choses&lt;/strong&gt;, c'est non seulement qu'on a pris conscience que les interactions ne sont g&#233;n&#233;ralement pas &#8216;lin&#233;aires' (complexit&#233;), mais aussi qu'on travaille au niveau global de &lt;strong&gt;l'ensemble des interactions&lt;/strong&gt;, et non des seules contradictions, prises chacune &#224; son tour. Les r&#233;seaux sont donc des syst&#232;mes complexes, dont l'&#233;tude n&#233;cessite un point de vue particulier, et les &#233;tudes dont ils ont fait l'objet devraient pouvoir &#234;tre utilis&#233;es dans le cadre de notre projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Pr&#233;sentation des concepts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appelle r&#233;seau un ensemble d'&#233;l&#233;ments en interaction. Ces interactions peuvent &#234;tre statiques (un r&#233;seau de routes ou la carte du m&#233;tro parisien), mais dans la plupart des r&#233;seaux elles sont dynamiques (un r&#233;seau d&#8216;a&#233;roports, un r&#233;seau d&#8216;influences). Et d'entr&#233;e de jeu on voit qu'il y a une question de point de vue. On peut consid&#233;rer un r&#233;seau routier comme statique (l'ensemble des villes et des routes qui les joignent), mais on peut aussi envisager le trafic sur ces routes ce qui introduit la dimension dynamique. De m&#234;me le r&#233;seau des a&#233;roports peut ne s'int&#233;resser qu'aux vols ou aux compagnies, qui relient telle ville &#224; telle autre, mais peut impliquer le trafic des a&#233;roports, soit en terme de nombre d'avions, de nombre de passagers, voir de nombre de changements que ces passagers sont amen&#233;s &#224; faire, etc. Un r&#233;seau d'amis peut repr&#233;senter seulement les noms des personnes qui se fr&#233;quentent (r&#233;seau statique) ou impliquer aussi la nature des interactions, et leurs variations. Il en est de m&#234;me d'un r&#233;seau militant. Pour chacune de ces questions, on va consid&#233;rer un r&#233;seau diff&#233;rent, et utiliser des m&#233;thodes d'&#233;tude diff&#233;rentes. Il est donc important de r&#233;aliser d&#232;s l'abord que &lt;strong&gt;l'&#233;tude d'un r&#233;seau correspond &#224; un point de vue, &#224; une question que l'on se pose&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question ici de r&#233;sumer en quelques pages cette science des r&#233;seaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour en savoir plus on se r&#233;f&#233;rera &#224; l'excellent ouvrage de vulgarisation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais de pr&#233;senter quelques concepts qui m'ont servi d'outils pour comprendre certains aspects du fonctionnement du CIUN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re notion &#224; d&#233;gager est celle de &lt;strong&gt;structure d'un r&#233;seau&lt;/strong&gt;. Elle va &#234;tre repr&#233;sent&#233;e par un graphe, dans lequel les &#233;l&#233;ments sont appel&#233;s les n&#339;uds, reli&#233;s par les interactions (arcs ou connections), quelle que soit la nature de ces interactions. Le graphe est donc statique, et il existe un grand nombre de structures possibles de r&#233;seau, dont quelques uns sont repr&#233;sent&#233;s dans la &lt;i&gt;figure 2&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.idees-beaumont.org/local/cache-vignettes/L500xH347/Figure2-d17a3.png?1750704869' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Figure 2
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les math&#233;maticiens ont d&#233;fini toutes sortes de grandeurs qui permettent de caract&#233;riser chacune de ces structures. On voit par exemple que ces graphes diff&#232;rent pas le nombre moyen de connections n&#233;cessaires pour passer d'un &#233;l&#233;ment &#224; l'autre, pris chacun au hasard. On nomme &#8216;petit monde' les r&#233;seaux o&#249; ce nombre est relativement faible par rapport au nombre total d'interactions. Par exemple, on a calcul&#233; qu'il ne faut jamais plus de 19 clics pour passer, sur le web, d'un site &#224; un autre site pris au hasard, et ce alors qu'il y a des millions de sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette propri&#233;t&#233; n'est pas g&#233;n&#233;rale. Un r&#233;seau hi&#233;rarchique (f), ou un r&#233;seau constitu&#233; d'&#233;l&#233;ments plac&#233; sur un cercle et reli&#233;s simplement deux &#224; deux (non repr&#233;sent&#233; sur la figure) ne sont pas &#8216;petit monde'. Une autre propri&#233;t&#233; importante de ces structures est leur &lt;strong&gt;robustesse&lt;/strong&gt;. Quel est l'effet de la rupture d'une connexion, de la disparition d'un &#233;l&#233;ment ? On voit que, dans le r&#233;seau centralis&#233; distribu&#233; (b), la disparition m&#234;me du centre ne change pas la structure g&#233;n&#233;rale du r&#233;seau. Dans le r&#233;seau &#224; connecteurs (d), la disparition d'un des n&#339;uds &#224; multiples connections peut avoir de fortes r&#233;percussions sur la structure du r&#233;seau, mais c'est dans le r&#233;seau centralis&#233; (e) ou hi&#233;rarchique (f) que cette disparition d&#233;truit compl&#232;tement le r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut encore compl&#233;ter le graphe par des fl&#232;ches si les interactions ne sont pas r&#233;ciproques, par des signes + et &#8211; qui indiquent que l'interaction est favorable ou d&#233;favorable &#224; l'&#233;l&#233;ment qui la re&#231;oit, voire &#224; des pond&#233;rations qui indiquent que les interactions sont plus ou moins &#8216;fortes'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l&#224;, on se pose la question de la nature des interactions, on arrive donc &#224; la notion de &lt;strong&gt;dynamique du r&#233;seau, de son fonctionnement&lt;/strong&gt;. C'est &#224; la fois ce qui est le plus int&#233;ressant mais le moins bien connu encore. Les questions sont foisonnantes, et n'ont pas toutes re&#231;u de r&#233;ponses satisfaisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander si le fonctionnement d'un r&#233;seau r&#233;pond &#224; la volont&#233; d'un ou plusieurs membres du r&#233;seau, qui vont alors jouer le r&#244;le de leader ou de chef d'orchestre, ou si au contraire il va &#233;merger de l'ensemble du r&#233;seau (fonctionnement &lt;i&gt; &lt;strong&gt;global, distribu&#233;, &#233;mergent&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;). Dans la nature, on conna&#238;t de nombreux cas de r&#233;seaux &#233;mergents, qu'il s'agisse du plus &#233;tudi&#233; d'entre eux, la colonie de fourmis, ou du plus &#233;volu&#233;, le cerveau, qui n'a aucun centre d&#233;cisionnel, mais qui constitue le r&#233;seau distribu&#233; &#233;mergent le plus efficace qui soit. Un autre r&#233;seau &#233;mergent est constitu&#233; par le web, que personne n'a construit ou imagin&#233;, mais dont la structure et le fonctionnement r&#233;sultent de &#8230; son fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on commence &#224; bien savoir maintenant (du moins pour les r&#233;seaux simples, ou pour les r&#233;seaux simul&#233;s sur ordinateur), c'est que &lt;strong&gt;la dynamique d'un r&#233;seau est fortement d&#233;pendante de sa structure. Et r&#233;ciproquement.&lt;/strong&gt; En particulier, toutes les structures de r&#233;seau ne permettent pas un fonctionnement global &#233;mergent. Il s'agit l&#224; d'un domaine en pleine &#233;tude, mais les r&#233;seaux globaux &#233;mergents que je connais ont tous des structures petit monde. Les connections faciles entre tous les n&#339;uds pourraient &#234;tre une condition n&#233;cessaire &#224; un tel fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de dynamique c'est s'int&#233;resser &#224; la nature et au fonctionnement des connexions. On ne consid&#233;rera ici que des r&#233;seaux o&#249; toutes les connexions sont de m&#234;me nature. Or les &#233;tudes sur la dynamique des r&#233;seaux sont tr&#232;s compliqu&#233;es. D&#232;s que le r&#233;seau poss&#232;de de nombreux n&#339;uds, les scientifiques doivent avoir recours &#224; des m&#233;thodes de simulation informatique, qui ne permettent pas toujours de comprendre ce qui se passe, mais simplement de pr&#233;dire, ou d'exp&#233;rimenter. Un tr&#232;s grand nombre de recherches actuelles concernent les langages informatiques qui permettent le mieux de r&#233;aliser ces simulations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains travaux, en revanche concernent des r&#233;seaux qui, pour &#234;tre complexes, n'en sont pas moins simples, c'est-&#224;-dire constitu&#233;s d'un nombre restreint de n&#339;uds et de connections. Dans de tels cas, on peut recourir aux m&#233;thodes d'&#233;tude des syst&#232;mes dynamiques non lin&#233;aires et retrouver leurs comportements. Une m&#233;thode tr&#232;s pris&#233;e actuellement consiste &#224; &#233;tudier ainsi des sous-r&#233;seaux, puis &#224; les combiner, en cherchant si les propri&#233;t&#233;s se maintiennent lorsqu'on accro&#238;t progressivement la taille du r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - Utilisation dans le cas de l'&#233;volution du CIUN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re notion utile dans ce cas est celle de graphe. Tracer le graphe d'un r&#233;seau r&#233;el, c'est se poser de nombreuses questions, c'est mettre en avant l'importance du point de vue, c'est donc se doter &lt;strong&gt;d'une m&#233;thode d'&#233;tude&lt;/strong&gt;, non pas, pour le moment, dynamique, mais tout au moins globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut par exemple se poser la question des rapports entre le CIUN et les collectifs locaux (CLs ou CUALs). Le graphe qui les repr&#233;sente, &lt;i&gt;figure 3&lt;/i&gt;, est un graphe quasi centr&#233; sur le CIUN, les seuls contacts entre CLs &#233;tant lors des trois assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, elles m&#234;mes pr&#233;par&#233;es par le CIUN. Peu de connections des CLs vers le CIUN. On peut comprendre que la disparition du CIUN a compl&#232;tement ruin&#233; le r&#233;seau, et on voit que ce r&#233;seau avait peu de chances de faire &#233;merger quoi que ce soit qui n'ait pas &#233;t&#233; d'abord pr&#233;par&#233; par le CIUN.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.idees-beaumont.org/local/cache-vignettes/L500xH379/Figure3-54663.png?1750704869' width='500' height='379' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Figure 3
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On pourrait aussi se demander &lt;strong&gt;quelle autre structure aurait &#233;t&#233; plus performante&lt;/strong&gt;. Des propositions avaient &#233;t&#233; faites visant &#224; faire venir des repr&#233;sentants des CLs au CIUN. De quelque fa&#231;on qu'on imagine un tel syst&#232;me, il restait centr&#233;, et m&#234;me hi&#233;rarchique, car il impliquait une organisation interm&#233;diaire au niveau d&#233;partemental, mais n'imaginait pas de m&#233;thodes d'interactions entre des CLs &#233;loign&#233;s. Il n'&#233;tait ni plus robuste, ni surtout plus &#233;mergent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette technique du graphe peut aussi &#234;tre utilis&#233;e pour &#233;tudier le CIUN lui-m&#234;me. Cet exemple illustrera le fait que &lt;i&gt; &lt;strong&gt;la repr&#233;sentation sous forme de graphe permet de se poser de multiples questions&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. La premi&#232;re question concerne les n&#339;uds de ce graphe. Si on repr&#233;sente les 40 participants, le nombre de n&#339;uds et de connections va devenir inextricable. Peut on regrouper les participants en &#233;l&#233;ments qui constitueront les n&#339;uds ? Certes, mais ce regroupement va correspondre &#224; des choix, &lt;i&gt;donc aux questions que l'on se pose&lt;/i&gt;. On peut par exemple les regrouper selon la couleur des cheveux. Cela diminuerait le nombre de n&#339;uds mais n'aurait &#224; l'&#233;vidence aucun int&#233;r&#234;t. Pendant la phase d'&#233;laboration du texte &#8216;ambition et strat&#233;gie', les regroupements pertinents se feront par rapport aux positions en pr&#233;sence, celle de la LCR, celle de PRS et celle du r&#233;dacteur du texte de compromis, Claude Debons. Ce regroupement, cessera d'&#234;tre pertinent pendant la phase de &#8216;choix' de la candidature. Cette fois, c'est en fonction du candidat qu'ils soutiennent que seront regroup&#233;s les membres du CIUN. 4 candidats, soient 5 groupes, le 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tant constitu&#233; de ceux qui ne voulaient pas choisir. Les connexions sont telles que chaque n&#339;ud entretient des relations n&#233;gatives avec tous les autres n&#339;uds (&lt;i&gt;figure 4a&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter on pourrait repr&#233;senter le nombre des partisans de chaque candidat par la taille du n&#339;ud, mais je n'ai pas les donn&#233;es me permettant de le faire. Cependant, cette repr&#233;sentation ne tient pas compte d'un facteur important, la pr&#233;sence &lt;i&gt;es&lt;/i&gt; qualit&#233; des repr&#233;sentants de partis, et en particulier du parti communiste. Ainsi les supporters de MGB ne sont peut &#234;tre que 4 au sein de r&#233;seau, mais ils repr&#233;sentent la formation politique de loin la plus importante de cette coalition. Qui plus est, ils ne sont pas des membres comme les autres du CIUN, mais les repr&#233;sentants d'une formation dont ils se doivent de r&#233;percuter les positions. Comment repr&#233;senter cette situation ? La &lt;i&gt;figure 4b&lt;/i&gt; tente d'apporter une forme de r&#233;ponse, en repr&#233;sentant l'intersection entre le CIUN et le PCF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un graphe complet impliquerait de repr&#233;senter les autres partis, mais cela (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette figure &lt;i&gt; &lt;strong&gt;attire l'attention&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; sur la rigidit&#233; que cette formule introduit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est d'ailleurs pourquoi on peut dire que la d&#233;cision du PCF de signer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi repr&#233;sent&#233;, cependant, le r&#233;seau est relativement simple, et on peut donc s'int&#233;resser &#224; sa dynamique. On voit qu'entre tous les n&#339;uds se produisent des couples d'interactions n&#233;gatives. Lorsque deux &#233;l&#233;ments sont reli&#233;s par deux interactions n&#233;gatives (A refuse B qui refuse A), cela forme un circuit de r&#233;troaction positive, ce qui est une condition n&#233;cessaire (en dynamique des syst&#232;mes non lin&#233;aires), de l'apparition d'une bistationnarit&#233;. Avant de pouvoir &#233;tudier la dynamique du r&#233;seau CIUN au cours de la recherche d'une candidature, il faut donc faire le d&#233;tour par l'&#233;tude du r&#244;le des circuits de r&#233;troaction.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.idees-beaumont.org/local/cache-vignettes/L500xH343/Figure4-5b39d.png?1750704869' width='500' height='343' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Figure 4
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Circuits de r&#233;troaction positive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Pr&#233;sentation des concepts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un circuit de r&#233;troaction est un r&#233;seau dans lequel les interactions entre les &#233;l&#233;ments sont telles que, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, chaque &#233;l&#233;ment exerce un effet sur lui-m&#234;me. Si A influence B qui influence C qui influence A, alors, A va influencer A, de m&#234;me que B influence B etc. Ces interactions peuvent &#234;tre affect&#233;es d'un signe, on parle d'interaction n&#233;gative si elle d&#233;favorise l'&#233;l&#233;ment vers lequel elle est orient&#233;e, d'interaction positive si elle le favorise. Le circuit a &#233;galement un signe : il est positif si l'influence &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; de chacun des &#233;l&#233;ments sur lui-m&#234;me, est positive. Il est n&#233;gatif dans le cas contraire On montre que, quel que soit le nombre d'&#233;l&#233;ments dans le circuit, son signe d&#233;pend uniquement de la &lt;i&gt;parit&#233; des interactions directes n&#233;gatives&lt;/i&gt; : un nombre impair d'interactions n&#233;gatives entra&#238;ne un circuit de signe n&#233;gatif, un nombre pair (y compris 0), correspond &#224; un circuit de signe positif (on les d&#233;signe respectivement comme circuits de r&#233;troaction n&#233;gative ou positive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Attention, ici les termes positif et n&#233;gatif sont des notations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les circuits de r&#233;troaction n&#233;gative sont bien connus, l'exemple type en est le thermostat : la temp&#233;rature diminue le chauffage qui augmente la temp&#233;rature, ce qui diminue le chauffage et ainsi de suite pour maintenir la temp&#233;rature constante. A diminue B (interaction n&#233;gative) qui augmente A (interaction positive). Il y a ici une seule interaction n&#233;gative (nombre impair). C'est une hom&#233;ostasie, l'augmentation d'un &#233;l&#233;ment conduisant in&#233;luctablement &#224; sa diminution et r&#233;ciproquement ... S'il existe des interactions non lin&#233;aires dans le circuit, le syst&#232;me, dans certaines conditions, peut pr&#233;senter des oscillations. La pr&#233;sence d'un circuit n&#233;gatif est la condition n&#233;cessaire (bien que non suffisante) &#224; l'apparition d'oscillations dans un syst&#232;me non lin&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des circuits de r&#233;troaction dont l'importance est peut-&#234;tre moins connue, sont les &lt;i&gt; &lt;strong&gt;circuits de r&#233;troaction positive&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; qui vont nous concerner ici. On y voit souvent exclusivement l'emballement illimit&#233; qui caract&#233;rise par exemple l'explosion atomique. Mais la plupart du temps, les conditions dans lesquelles se r&#233;alise un circuit de r&#233;troaction positive sont suffisamment contr&#244;l&#233;es, pour ne laisser place &#224; aucune catastrophe. Or il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette r&#232;gle a d'abord &#233;t&#233; une conjecture propos&#233;e par Ren&#233; Thomas de l'ULB (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que la pr&#233;sence de circuits de r&#233;troaction positive dans un syst&#232;me o&#249; certaines au moins des interactions sont non lin&#233;aires, est la condition n&#233;cessaire (et l&#224; encore non suffisante) &#224; l'existence de multistationnarit&#233;. Parmi les circuits de r&#233;troaction positive, celui qui nous int&#233;resse ici est le circuit &#224; double n&#233;gation. Si A d&#233;favorise B, et B d&#233;favorise A, alors, une augmentation de A, en diminuant B, va contribuer &#224; augmenter A et ainsi de suite, si bien qu'il ne restera au final plus que A. Le m&#234;me raisonnement vaut pour B. Si le circuit de r&#233;troaction est actif, le syst&#232;me devrait conduire &#224; ce que l'un seulement des deux &#233;l&#233;ments subsiste (ou gagne). (On voit bien ici que le terme &#8216;positif' ne connote aucun aspect &#8216;favorable').&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; ceci se produit dans un r&#233;seau, il y a aussi la possibilit&#233;, si la &#8216;solution' provoqu&#233;e par la pr&#233;sence du circuit de r&#233;traction positive est incompatible avec le reste du r&#233;seau, ou si aucune solution n'est possible, que celui-ci casse (C'est le cas lors d'un match de foot, si les supporters d'un camp envahissent le stade !!).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - Utilisation dans le cas de l'&#233;volution du CIUN consid&#233;r&#233; comme un r&#233;seau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons laiss&#233; le graphe du CIUN au niveau de la &lt;i&gt;figure 4b&lt;/i&gt;. o&#249; chaque groupe de participants de ce collectif &#233;tait en interaction n&#233;gative avec les autres, ce qui repr&#233;sentait autant de couples de r&#233;troactions n&#233;gatives, donc autant de circuits de r&#233;troaction positive, donc autant de bassins d'attractions que de candidats. &#192; l'&#233;vidence, une situation assez inextricable, qui aurait pu conduire &#224; une discussion pour aboutir, soit &#224; un consensus, soit &#224; la d&#233;cision que celui-ci &#233;tait impossible, et qu'il fallait changer de strat&#233;gie. Mais ce n'est pas ce qui s&#8216;est pass&#233;. Le PCF a insist&#233; pour que le CIUN, en tant qu'organe informel et non repr&#233;sentatif de coordination des collectifs locaux, ne soit pas le lieu de cette prise de d&#233;cision, mais que ce soient d'abord les collectifs qui choisissent. La discussion n'a donc pas eu lieu, du moins pas au d&#233;but, au sein du CIUN qui s'est content&#233; de discuter (d'ailleurs sans pouvoir se mettre d'accord), sur les consignes &#224; envoyer aux collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette absence de discussion a exacerb&#233; des tensions implicites, qui ont conduit &#224; l'&#233;mergence d'une tout autre dynamique repr&#233;sent&#233;e sur la &lt;i&gt;figure 5&lt;/i&gt;. L'ensemble des participants sauf les repr&#233;sentants &lt;i&gt;es&lt;/i&gt; qualit&#233; du PCF, se sont regroup&#233;s progressivement, en un &#8216;camp' implicite, en d&#233;pit de leurs divergences, unis seulement sur le refus de la candidature de MGB. De leur c&#244;t&#233;, les repr&#233;sentants du PCF ont, dans un premier temps simplement refus&#233; ce refus (pas de pr&#233;alable).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.idees-beaumont.org/local/cache-vignettes/L500xH480/Figure5-67f7b.png?1750704869' width='500' height='480' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Figure 5
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Mais on voit que cela forme maintenant un circuit unique de r&#233;troaction positive par double n&#233;gation. Avec trois solutions, la victoire de l'un des deux &#8216;camps &#8216; (et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; du camp &#8216;anti-MGB' ne permet pas de pr&#233;sager de ce que son &#233;ventuelle victoire aurait donn&#233;), ou la rupture du r&#233;seau. Il s'en est suivi un &#8216;bras de fer, qui a pr&#233;par&#233; la rupture consomm&#233;e lors de l'AG des collectifs (il y a l&#224; une dynamique diff&#233;rente dont l'&#233;tude n&#233;cessiterait de travailler sur les Proc&#232;s Verbaux de ces collectifs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls deux des interview&#233;s avaient clairement per&#231;u cette modification progressive de la dynamique au sein du CIUN o&#249; l'on peut voir l'&#233;mergence d'une sorte d'auto-organisation en deux &#8216;camps', que personne n'avait voulue au d&#233;part. La m&#233;thode d'&#233;tude illustr&#233;e ici permet donc de mettre en &#233;vidence des &#233;volutions importantes, et leurs causes dynamiques. Il est clair cependant qu'elle ne met pas, qu'elle ne peut pas mettre en &#233;vidence les causes politiques de ces &#233;volutions. Par exemple, l'interaction n&#233;gative venant du PCF, est dynamiquement la m&#234;me qu'il s'agisse de refuser le refus des autres (pas de pr&#233;alable), ou de refuser toute autre candidature (MGB seule candidate possible). Politiquement, bien sur, c'est diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 - Pourquoi certaines actions ont-elles l'effet inverse de celui pr&#233;vu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche des circuits de r&#233;troaction positive &#224; l'&#339;uvre lors de l'&#233;volution du CIUN m'a aussi permis de voir le r&#244;le de ces circuits dans des cas o&#249; l'action s'est retourn&#233;e contre le but que ses protagonistes s'&#233;taient fix&#233;s. La &lt;i&gt;figure 6&lt;/i&gt; regroupe ces cas, j'en d&#233;taillerai ici un seul, le premier. Vers la fin du mois de novembre 2007, alors que les tensions commen&#231;aient &#224; &#234;tre fortes au sein du CIUN, mais que le travail &#233;tait relativement serein et tr&#232;s s&#233;rieux dans les collectifs locaux qui travaillaient sur le choix de la candidature, un &#233;v&#232;nement a fortement pr&#233;cipit&#233; la rupture. Une p&#233;tition, issue de militants des Bouches du Rh&#244;ne, prenant pr&#233;texte du retrait de Jos&#233; Bov&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jos&#233; Bov&#233; a retir&#233; sa candidature le 23 novembre, ce qui a pris ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, demandait notamment &#224; MGB de retirer sa candidature. Cette p&#233;tition n'aurait peut-&#234;tre pas eue une forte incidence si une majorit&#233; de membres du CIUN ne l'avaient sign&#233;e. Ce faisant, ils avaient voulu avertir le PCF, puisqu'il n'&#233;tait pas possible d'en discuter au sein du CIUN, des risques &#233;normes de rupture au cas o&#249; la candidature de MGB serait maintenue. Ils (tout au moins ceux qui m'en ont parl&#233;, et avaient d'ailleurs reconnu que c'&#233;tait une erreur), en escomptaient que le PCF prendrait ainsi conscience de la d&#233;termination de ceux qui refusaient que sa secr&#233;taire nationale soit la candidate d'union. Ils esp&#233;raient ainsi &#233;viter la rupture qu'ils pr&#233;voyaient d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'&#233;tait sans compter avec les circuits de r&#233;troaction positive ! En signant cette p&#233;tition, ils voulaient donner un signal au PCF pour affaiblir sa position n&#233;gative par rapport aux autres candidatures. Mais ce signal a &#233;t&#233; ressenti par la grande majorit&#233; des militants communistes, impliqu&#233;s ou non dans les collectifs, comme une manifestation violente d'anticommunisme. Ce signal n&#233;gatif a donc d&#233;favoris&#233; ceux de la direction du PCF qui &#233;taient pour la d&#233;marche unitaire, (boucle positive par double n&#233;gation) et a donc, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, renforc&#233; la d&#233;termination de ce parti &#224; maintenir la candidature de sa secr&#233;taire nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;figure 6&lt;/i&gt; montre 3 autres boucles de r&#233;troaction positive &#224; l'origine d'une situation inverse de celle voulue par les acteurs. On se rappelle ici &#8216;Alice &#224; travers le miroir' qui doit tourner le dos &#224; son objectif pour l'atteindre. Il s'agit peut &#234;tre de la manifestation la plus spectaculaire du caract&#232;re complexe d'un processus. On peut m'objecter qu'on n'a pas besoin des circuits de r&#233;troaction pour la comprendre. J'avancerais que la formalisation que peut repr&#233;senter cette m&#233;thode, &lt;i&gt;oblige&lt;/i&gt; &#224; voir ce qu'il est &lt;i&gt;&#233;ventuellement possible&lt;/i&gt; de voir sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.idees-beaumont.org/local/cache-vignettes/L500xH352/Figure6-0752b.png?1750704869' width='500' height='352' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Figure 6
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ces outils peuvent ils &#234;tre utilis&#233;s pour l'action ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les quelques exemples ci-dessus montrent comment l'utilisation des concepts issus des sciences de la complexit&#233; peut pr&#233;ciser une d&#233;marche de type dialectique (&#233;tude de la dynamique et des interactions en jeu lors d'un processus), et amener &#224; mieux cerner r&#233;troactivement le d&#233;roulement d'un processus. Encore une fois, cette &lt;i&gt; &lt;strong&gt;analyse dynamique&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; ne remplace pas &lt;i&gt; &lt;strong&gt;l'analyse politique&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. Elle ne dit pas ce qui aurait d&#251; &#234;tre fait pour obtenir tel ou tel r&#233;sultat. Elle d&#233;m&#234;le seulement des interactions plus compliqu&#233;es et plus nombreuses que celles qui sont g&#233;n&#233;ralement &#233;nonc&#233;es lorsqu'on omet ces m&#233;thodes. Ainsi, un grand nombre d'analyses politiques sur cette p&#233;riode sont unilat&#233;rales, mettant l&#8216;accent sur une cause, ou sur une famille de causes. M&#234;me lorsqu'elles prennent en compte plusieurs causes, elles n'en cherchent pas les r&#233;troactions, et se contentent le plus souvent d'en faire la liste. L'analyse dynamique peut donc &#234;tre propos&#233;e comme &lt;i&gt; &lt;strong&gt;outil pour comprendre&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; l'&#233;volution d'un processus pass&#233;. Elle aurait tout avantage &#224; &#234;tre pratiqu&#233;e par tous ceux qui tirent les le&#231;ons du pass&#233; pour pr&#233;parer politiquement l'avenir. En effet, autant il est important de tirer ces le&#231;ons, autant il est n&#233;cessaire de ne pas se tromper, de ne pas se contenter d'une analyse unilat&#233;rale ou simpliste, voire d&#233;terministe-fataliste : &#171; si &#231;a a rat&#233;, c'est que &#231;a ne pouvait pas r&#233;ussir, donc cette porte est d&#233;finitivement ferm&#233;e, ce chemin est clairement une impasse ! &#187; Non ! Si &#231;a a rat&#233;, c'est que le d&#233;roulement, les d&#233;cisions, les &#233;v&#232;nements ont conduit &#224; l'&#233;mergence de l'&#233;chec. A plusieurs moments des d&#233;cisions diff&#233;rentes auraient pu &#234;tre prises, avec des r&#233;sultats peut-&#234;tre diff&#233;rents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'est en effet pas possible non plus, sans analyse approfondie d'affirmer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; quel moment cet &#233;chec &#233;tait il devenu in&#233;vitable ? Personne n'est d&#8216;accord l&#224;-dessus, ce qui illustre l'absence de fatalit&#233; de l'issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, l'analyse dynamique aide &#224; d&#233;terminer les moments de bifurcation, les boucles de r&#233;troaction conduisant &#224; des impasses. Elle aide l'analyse politique &#224; tirer du pass&#233; des le&#231;ons plus exactes, et plus nuanc&#233;es. Les conclusions tir&#233;es du pass&#233; ne pourront cependant &#234;tre que politiques, car elles r&#233;sultent de choix, alors que &lt;i&gt; &lt;strong&gt;l'analyse dynamique insiste sur les possibles&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. L'analyse dynamique permettra par exemple &#224; ceux qui ne souhaitent pas, politiquement, abandonner la voie du rassemblement antilib&#233;ral, de faire la liste la plus compl&#232;te possible des obstacles, et de jauger s'il est possible de mieux les surmonter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on voit l&#224; poindre une autre question, autrement redoutable. L'analyse dynamique pourrait-elle aider l'action, par exemple en aidant, en temps r&#233;el &#224; la prise de d&#233;cisions ? Cette question m&#234;me est elle compatible avec l'absence de pr&#233;dictibilit&#233; des processus complexes ? Or s'il n'y avait aucune prise sur la dynamique d'un processus, la militance ne servirait &#224; rien ! Je n'apporterai ci qu'une r&#233;ponse partielle. Dans le cas o&#249; les r&#233;sultats de la dynamique sont pr&#233;visibles mais non pr&#233;dictibles, le r&#244;le des militants est de favoriser le r&#233;sultat qu'ils ambitionnent (on appelle cela en physique la brisure de sym&#233;trie lors d'une bifurcation fourche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi dans le cas du CIUN, une analyse dynamique &#8216;prospective' aurait-elle pu contribuer &#224; une autre dynamique, faire r&#233;ussir le processus, aider &#224; &#233;viter des erreurs, &#224; emp&#234;cher &#224; tout le moins une rupture brutale ? J'ai interrog&#233; sur ce point ceux d'entre ses membres qui ont assist&#233; aux comptes rendus que j'ai faits de mon travail, mais les r&#233;ponses ont &#233;t&#233; au mieux, mitig&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une chose est certaine, l'analyse dynamique est impossible dans des conditions d'ambigu&#239;t&#233;, de non-dits, de rapports de force qui ont pr&#233;valu vers la fin du CIUN. En ce sens, elle repr&#233;sente aussi une &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#8216;d&#233;marche'&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, susceptible d'influer sur le d&#233;roulement d&#8216;un processus parce qu'elle conduit les participants &#224; adopter une attitude r&#233;flexive, m&#233;thodologique, dynamique, dialectique et globale...et &#224; tenter de la faire partager. Pour le reste, la discussion reste ouverte, et il y faudra s&#251;rement de multiples exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Premiere-partie-des-processus' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers la premi&#232;re partie : des processus complexes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Troisieme-partie-methodes-d-etude' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers la troisi&#232;me partie : m&#233;thodes d'&#233;tude des syst&#232;mes complexes utilisables pour l'action : l'exemple des r&#233;seaux militants ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Encore que le seul fait de se situer dans un cadre de pens&#233;e du complexe, soit une prise de parti.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On voit la diff&#233;rence entre ce cas, o&#249; le &#8216;saut qualitatif' d&#233;pend d'un changement quantitatif dans un param&#232;tre du syst&#232;me et celui que l'on observe lorsqu'une variable d&#233;passe son seuil d'activit&#233; ou lorsque l'on passe d'un bassin d'attraction &#224; l'autre dans un syst&#232;me multistationnaire par le changement quantitatif de la valeur d'une variable &#224; l'origine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un autre type de bifurcation, bien connu &#233;galement est celui qui se produit lorsqu'on fait une mayonnaise, o&#249; le param&#232;tre de contr&#244;le est la quantit&#233; d'huile qui d&#233;termine la qualit&#233; de l'&#233;mulsion &#224; partir de laquelle la mayonnaise a pris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On se souviendra du double film &#8216;smoking/no smoking &#187; de Alain Resnais, qui en est une superbe illustration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie Georges Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR) et Jos&#233; Bov&#233; (syndicaliste paysan et altermondialiste)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;.Braouzec ayant d'entr&#233;e de jeu dit qu'il n'irait pas jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;par exemple, lors de la conf&#233;rence nationale tenue pour d&#233;finir la strat&#233;gie &#233;lectorale, la question du retrait &#233;ventuel de la candidature n'a &#233;t&#233; pos&#233;e qu'&#224; travers le choix, en commission, du mot &lt;strong&gt;propose&lt;/strong&gt; au lieu de &lt;strong&gt;pr&#233;sente&lt;/strong&gt;. Ce n'&#233;tait pas &#8216;fatal'&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je n'aborderai pas les raisons qui ont pouss&#233; &#224; ce choix, et il n'est pas dans mon propos d'&#233;mettre un jugement de valeur entre les divers modes de choix C'est &#224; l'analyse politique de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour en savoir plus on se r&#233;f&#233;rera &#224; l'excellent ouvrage de vulgarisation de H . Bersini &#8216;des r&#233;seaux et des sciences' Vuibert 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un graphe complet impliquerait de repr&#233;senter les autres partis, mais cela entra&#238;ne une confusion du graphique sans apporter de modification des conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est d'ailleurs pourquoi on peut dire que la d&#233;cision du PCF de signer l'appel du 11 Mai en tant que tel a repr&#233;sent&#233; une bifurcation par rapport aux collectifs pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Attention, ici les termes positif et n&#233;gatif sont des notations math&#233;matiques sans aucune implication de valeur. Un circuit de r&#233;troaction positif peut avoir une action tr&#232;s dommageable pour le syst&#232;me qui lui est soumis !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette r&#232;gle a d'abord &#233;t&#233; une conjecture propos&#233;e par Ren&#233; Thomas de l'ULB au d&#233;but des ann&#233;es 80, puis d&#233;montr&#233;e par plusieurs travaux math&#233;matiques depuis la fin des ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jos&#233; Bov&#233; a retir&#233; sa candidature le 23 novembre, ce qui a pris ses partisans &#224; contre-pied, et les a divis&#233;s entre ceux qui attendaient son retour, et ceux qui ont report&#233; leurs espoirs sur Yves Salesse, ou sur Cl&#233;mentine Autain. Mais ce retrait n'a pas fondamentalement chang&#233; la dynamique, dans la mesure o&#249; il prenait acte du poids relativement faible de ses partisans dans les collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il n'est en effet pas possible non plus, sans analyse approfondie d'affirmer que cela pouvait r&#233;ussir, mais seulement qu'un seul des possibles a &#233;t&#233; explor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Premi&#232;re partie : des processus complexes</title>
		<link>https://www.idees-beaumont.org/Premiere-partie-des-processus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.idees-beaumont.org/Premiere-partie-des-processus</guid>
		<dc:date>2008-05-15T07:59:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janine Guespin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection</dc:subject>

		<description>Autant l'emploi du terme 'complexe' est fr&#233;quent, autant sa signification reste vague, et tend souvent &#224; se confondre avec celle du mot compliqu&#233; (terme d&#233;mobilisateur s'il en est). Pourtant ce terme a acquis, avec les r&#233;centes d&#233;couvertes des sciences de la nature, une densit&#233; qui le rend incontournable. La principale difficult&#233; pour en pr&#233;ciser la signification est l'impossibilit&#233; d'une d&#233;finition unique. Un processus complexe est un processus qui poss&#232;de plusieurs des propri&#233;t&#233;s &lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Premiere-partie-des-processus' class=' pts_suite'&gt; (lire la suite&#8230;)&lt;/a&gt;

-
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Politique-+" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Election-+" rel="tag"&gt;&#201;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autant l'emploi du terme 'complexe' est fr&#233;quent, autant sa signification reste vague, et tend souvent &#224; se confondre avec celle du mot &lt;i&gt;compliqu&#233;&lt;/i&gt; (terme d&#233;mobilisateur s'il en est). Pourtant ce terme a acquis, avec les r&#233;centes d&#233;couvertes des sciences de la nature, une densit&#233; qui le rend incontournable. La principale difficult&#233; pour en pr&#233;ciser la signification est l'impossibilit&#233; d'une d&#233;finition unique. Un processus complexe est un processus qui poss&#232;de plusieurs des propri&#233;t&#233;s d'une liste ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette liste est ouverte parce qu'il n'est pas &#233;vident que toutes les propri&#233;t&#233;s aient encore &#233;t&#233; d&#233;couvertes, et aussi parce que les scientifiques des diff&#233;rents champs qui s'occupent de processus complexes ne la constituent pas exactement de la m&#234;me mani&#232;re. Et pourtant, tous ces scientifiques, qu'ils proviennent de sciences de la nature, des math&#233;matiques, ou des sciences de l'homme et de la soci&#233;t&#233; ont bien le sentiment de parler de la m&#234;me chose lorsqu'ils &#233;voquent les syst&#232;mes complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;t&#233;s de cette liste ont comme caract&#233;ristique essentielle d'&#234;tre &#8216;non intuitives', c'est &#224; dire diff&#233;rentes des propri&#233;t&#233;s des syst&#232;mes &#233;tudi&#233;s auparavant. Ces propri&#233;t&#233;s sont nouvelles pour plusieurs raisons. D'une part elles affectent des &#233;l&#233;ments dont les interactions sont &#8216;non lin&#233;aires', c'est &#224; dire qu'il n'y a ni proportionnalit&#233;, ni additivit&#233; dans ces interactions (cf. note 6, premi&#232;re partie). &#192; la place, une s&#233;rie de comportements que les math&#233;maticiens, les physiciens et les informaticiens commencent &#224; bien conna&#238;tre, mais qui sont loin d'&#234;tre pass&#233;s dans le domaine public. D'autre part elles r&#233;sultent aussi du fait qu'un grand nombre de processus complexes comprennent de tr&#232;s nombreux &#233;l&#233;ments en interaction, si bien qu'il n'est pas possible d'analyser math&#233;matiquement toutes ces interactions, et qu'il faut utiliser des m&#233;thodes plus globales (essentiellement la simulation par ordinateur) pour les &#233;tudier, les comprendre et/ou en pr&#233;dire l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit &#224; cause des interactions non lin&#233;aires, ou &#224; cause de l'enchev&#234;trement d'interactions multiples (et d'ailleurs non lin&#233;aires), les syst&#232;mes complexes sont dits &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#233;mergents&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; parce que les propri&#233;t&#233;s globales ne sont pas pr&#233;sentes dans les &#233;l&#233;ments qui les constituent, mais r&#233;sultent pr&#233;cis&#233;ment de ces interactions complexes, que celles-ci soient ou non analysables math&#233;matiquement. L'&#233;mergence poss&#232;de la plupart du temps un caract&#232;re inattendu. Les nouvelles propri&#233;t&#233;s sont rarement pr&#233;dictibles m&#234;me s'il est quelque fois possible de d&#233;terminer l'ensemble des comportements (pr&#233;visibles) parmi lesquels se situera celui du processus en cours, ce que l'on nomme d&#233;terminisme non pr&#233;dictible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour certains auteurs c'est uniquement le caract&#232;re inattendu qui fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour la clart&#233; de mon expos&#233; je distinguerai les comportements pr&#233;visibles (lorsque l'on peut pr&#233;voir les multiples comportements possibles d'un processus) des comportements pr&#233;dictibles (qui sont donc uniques). Dans un syst&#232;me complexe, l'issue d'une dynamique peut &#234;tre pr&#233;visible ou non, elle sera rarement pr&#233;dictible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question ici de pr&#233;senter les &#233;tudes math&#233;matiques qui ont permis de caract&#233;riser les comportements complexes, mais simplement de pr&#233;senter cette liste &#8216;non ferm&#233;e', et de l'illustrer &#224; partir d'un exemple concret.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des propri&#233;t&#233;s non intuitives, une liste non exhaustive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; est un processus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On parle plus souvent de syst&#232;mes complexes. J'utilise de pr&#233;f&#233;rence le mot (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont les transformations se font sous l'influence des relations, non lin&#233;aires, et souvent contradictoires entre les acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus dont les transformations ont &lt;strong&gt;plusieurs causes&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus dont les transformations sont &lt;strong&gt;&#233;mergentes&lt;/strong&gt;, c'est &#224; dire qu'elles sont &lt;strong&gt;inattendues&lt;/strong&gt;, qu'elle ne d&#233;coulent pas directement de celles des &#233;l&#233;ments constitutifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus o&#249; des transformations importantes peuvent provenir de causes minuscules, alors que des causes importantes peuvent n'avoir aucun effet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans ce cadre, la notion de bifurcation sera d&#233;velopp&#233;e plus loin&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus dont les transformations impliquent ce que l'on nomme tant&#244;t cercles vicieux tant&#244;t cercles vertueux, qui repr&#233;sentent &lt;strong&gt;des &#8216;r&#233;troactions' des causes les unes sur les autres&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus dont l'issue &lt;strong&gt;n'est pas fatale&lt;/strong&gt;. Il y a plusieurs issues possibles. (Qui, elles, sont pr&#233;visibles dans les cas o&#249; l'on peut mod&#233;liser ou simuler le processus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus o&#249; se produit de &lt;strong&gt;l'auto organisation&lt;/strong&gt;, organisation collective coh&#233;rente sans &#8216;chef d'orchestre', sans d&#233;cision pr&#233;alable et surplombante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus qui peut &#234;tre simple, avec tr&#232;s peu d'&#233;l&#233;ments et d&#8216;interactions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains scientifiques r&#233;cusent l'appellation complexe pour de tels syst&#232;mes&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou tr&#232;s compliqu&#233; avec des millions d'&#233;l&#233;ments en interaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette liste, il faut s'en souvenir, n'est pas exhaustive, et un processus complexe, s'il poss&#232;de souvent plusieurs des caract&#233;ristiques &#233;nonc&#233;es, les poss&#232;de &lt;strong&gt;rarement toutes&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un exemple de processus complexe, l'&#233;volution du CIUN&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons circonstancielles, j'ai choisi d'&#233;tudier, comme exemple de processus complexe dans le champ de la transformation sociale, le fonctionnement du collectif d'initiative unitaire national (CIUN), qui, de mai &#224; d&#233;cembre 2006, a coordonn&#233; et g&#233;r&#233; une tentative de rassemblement antilib&#233;ral en vue de candidatures aux &#233;lections de 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#233;lections pr&#233;sidentielle d'avril 2007 et l&#233;gislatives de juin 2007&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassembl&#233; autour d'un appel (dit du 11 Mai), ce collectif &#233;tait constitu&#233; d'une quarantaine de membres dont certains repr&#233;sentaient des partis signataires d'importance tr&#232;s in&#233;gale (le PCF, les alternatifs, Alternative citoyenne), d'autres repr&#233;sentaient des minorit&#233;s de partis (la LCR, les verts), d'autres enfin intitul&#233;s &#8216;personnalit&#233;s' n'avaient pas de statut de repr&#233;sentation. L'objectif affirm&#233; dans l'appel &#233;tait de susciter des candidatures unitaires antilib&#233;rales pour les &#233;lections, et une dynamique populaire pour les soutenir. L'appel mentionnait aussi la &#8216;p&#233;rennisation' de l'union ainsi trouv&#233;e, et ce terme vague &#233;tait d&#233;clin&#233; de mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;rente (mais jamais explicit&#233;e) par les divers participants. Enfin, le CIUN devait susciter la cr&#233;ation partout en France de collectifs unitaires locaux (CUALs), charg&#233;s de mettre en &#339;uvre cette dynamique populaire &#8230; mais les rapports entre le CIUN et les collectifs n'&#233;taient pas pr&#233;cis&#233;s, et les participants en avaient l&#224; encore des conceptions tr&#232;s diverses. Au final, le r&#233;sultat a &#233;t&#233; un &#233;chec en ce qui concerne les candidatures unitaires, et ce r&#233;sultat, que personne n'a voulu, &#233;tait donc &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#233;mergent&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, r&#233;sultant des interactions entre les constituants. Le fonctionnement du CIUN peut donc &#234;tre vu comme un processus complexe suffisamment restreint et circonscrit dans le temps pour en faciliter l'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons donc si des propri&#233;t&#233;s de la liste ci-dessus peuvent le concerner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus dont les transformations se font sous l'influence des relations, non lin&#233;aires, et souvent contradictoires entre les acteurs (un processus dialectique est complexe)&lt;/i&gt;. Ces &#8216;transformations' peuvent &#234;tre ici repr&#233;sent&#233;es par les &#233;tapes, les phases du bref fonctionnement de ce comit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cerner l'essentiel des interactions &#224; l'&#339;uvre lors de ce processus, j'ai interview&#233; 17 membres du CIUN aussi divers que possible, en leur demandant de nommer et d&#233;crire ces phases, et de donner leur avis sur les interactions, entre les membres, et entre le CIUN et les collectifs locaux &#8230; En se limitant aux transformations internes (c'est &#224; dire sans prendre en compte le r&#244;le des collectifs locaux et de la soci&#233;t&#233;), on peut distinguer essentiellement trois phases, marqu&#233;es chacune par une des trois AG regroupant les d&#233;l&#233;gations des collectifs locaux qui devaient valider (ou corriger) les actes du CIUN. La premi&#232;re phase a permis d'&#233;tablir une charte &#8216;ambition et strat&#233;gie' qui situait le mouvement antilib&#233;ral en opposition au social-lib&#233;ralisme mais pas au PS &lt;i&gt;per se&lt;/i&gt;. Cette phase a impliqu&#233; des interactions contradictoires entre LCR et PRS, et a conduit &#224; un compromis largement majoritaire mais rejet&#233; par la majorit&#233; de la LCR et sur lequel PRS s'est abstenu. La deuxi&#232;me phase a conduit &#224; l'&#233;laboration d'un programme, &#8216;les 125 propositions'. Du point de vue du fonctionnement et des interactions, ce programme a r&#233;sult&#233;, pour partie d'une addition des programmes des composantes en pr&#233;sence (ce qui n'a rien de complexe). Mais pour partie, l&#224; o&#249; des contradictions existaient entre ces composantes (la question du nucl&#233;aire par exemple) plus que d'un compromis (qui aurait consist&#233; &#224; prendre le commun entre ces positions contradictoires, ou &#224; l'extr&#234;me &#224; supprimer la question), il y a eu un &lt;i&gt; &lt;strong&gt;consensus&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, o&#249; certaines propositions nouvelles (un r&#233;f&#233;rendum sur la question du nucl&#233;aire apr&#232;s un grand d&#233;bat national) ont &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#233;merg&#233;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; au cours de la discussion pour surmonter les interactions divergentes. Enfin la troisi&#232;me phase qui aurait d&#251; conduire au choix d'une candidature unitaire pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle a &#233;chou&#233;, les interactions entre les composantes du CIUN s'&#233;tant, sur ce sujet tr&#232;s politicien, transform&#233;es en rejets mutuels et en rapports de force. C'est cette phase qui fera l'objet des &#233;tudes pr&#233;sent&#233;es ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus dont les transformations ont g&#233;n&#233;ralement &lt;strong&gt;plusieurs causes&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. Dans le cas &#233;tudi&#233;, on a vu que les transformations elles-m&#234;mes ont &#233;t&#233; diverses au cours du temps. Mais il n'est pas possible de comprendre l'&#233;chec final en restant &#224; l'int&#233;rieur du CIUN (qui n'&#233;tait pas un syst&#232;me ferm&#233;) et sans prendre en compte l'ensemble des acteurs du processus. Tr&#232;s bri&#232;vement, on peut mettre en &#233;vidence trois s&#233;ries de causes elles m&#234;me inter-agissantes : le fait que les membres du CIUN se soient bloqu&#233;s sur la d&#233;fense de &#8216;leur' candidat, ce qui, bien au-del&#224; du seul probl&#232;me de la personne correspondait aux positions contradictoires des uns et des autres concernant l'objectif du rassemblement. Ces positions ont &#233;t&#233; d'autant plus tranch&#233;es que, &#8216;deuxi&#232;me cause', le PCF &#233;tait devenu, suite au retrait de la LCR et &#224; celui plus discret de PRS, la seule formation politique importante du rassemblement, ce qui d'une part, motivait certains des dirigeants communistes &#224; pousser la candidature de leur secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale, et d'autre part et l&#224; encore de fa&#231;on contradictoire, accentuait le refus, voire l'agressivit&#233; de ceux qui avaient peur d'un leadership de ce parti. La troisi&#232;me cause a tenu &#224; l'absence de la dynamique populaire souhait&#233;e, elle-m&#234;me cause et cons&#233;quence de la d&#233;sunion, et du r&#233;tr&#233;cissement de l'arc des forces. Ici, non seulement il y a plusieurs causes mais elles interagissent et r&#233;troagissent les unes sur les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus dont les transformations sont souvent &lt;strong&gt;&#233;mergentes&lt;/strong&gt;, c'est &#224; dire qu'elles sont &lt;strong&gt;inattendues&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. J'ai d&#233;j&#224; mentionn&#233; comment l'&#233;chec de la candidature, qui n'a &#233;t&#233; voulu par personne, a &#233;t&#233; un r&#233;sultat &#233;mergent. Et comment une partie des 125 propositions a &#233;merg&#233; de la discussion entre des participants aux positions oppos&#233;es. Mais il y a plus. La rupture de l'union a eu des r&#233;percussions tr&#232;s importantes dans l'opinion de gauche, et les tr&#232;s mauvais r&#233;sultats de toute la gauche &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle sont peut-&#234;tre un r&#233;sultat &#233;mergent, inattendu et de tr&#232;s longue port&#233;e du fonctionnement de ce processus complexe, dont la complexit&#233; n'a pas assez &#233;t&#233; prise en compte, ni m&#234;me explor&#233;e puisque aucune analyse de la diversit&#233; des collectifs locaux n'a pu &#234;tre entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus o&#249; des transformations importantes peuvent provenir de causes minuscules, alors que des causes importantes peuvent n'avoir aucun effet&lt;/i&gt;. Les exemples abondent mais seront analys&#233;s plus loin dans le cadre des bifurcations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus dont les transformations impliquent des cercles vicieux, &lt;strong&gt;des &#8216;r&#233;troactions' des causes les unes sur les autres&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. L&#224; encore cette propri&#233;t&#233; sera analys&#233;e plus en d&#233;tail ci-dessous, et nous en avons vu un premier exemple dans l'intrication des causes de l'&#233;chec de la candidature commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus dont l'issue &lt;strong&gt;n'est pas fatale&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. Il y a g&#233;n&#233;ralement plusieurs issues possibles. Contrairement &#224; ce que pensent actuellement un certain nombre de personnes (essentiellement, &#224; ma connaissance, ceux qui n'ont vu qu'une seule des causes de l'&#233;chec), l'issue du rassemblement n'&#233;tait en effet pas fatale. Le fonctionnement m&#234;me a accumul&#233; une s&#233;rie d'obstacles qui sont finalement devenus infranchissables, et dont nous analyserons quelques uns ci-dessous en termes de bifurcations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Est complexe&lt;/strong&gt; un processus o&#249; peut se produire de l'auto organisation, organisation collective coh&#233;rente sans &#8216;chef d'orchestre', sans d&#233;cision pr&#233;alable et surplombante&lt;/i&gt;. Nous verrons par exemple ci-dessous comment le CIUN s'est auto-organis&#233; en deux camps en d&#233;pit de la diversit&#233; des opinions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici nous avons confront&#233; ce que j'ai pu apprendre du fonctionnement du CIUN &#224; travers les 17 interviews, &#224; la liste des propri&#233;t&#233;s qui d&#233;finissent un processus complexe. &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Ce premier aper&#231;u&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; confirme le bien fond&#233; du choix du CIUN comme un exemple possible de processus complexe, mais il dit plus que cela. Il repr&#233;sente une &lt;i&gt; &lt;strong&gt;grille et une d&#233;marche d&#8216;analyse&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, il attire l'attention sur certains aspects, il oblige &#224; rechercher, dans le d&#233;roulement du processus des aspects peu habituels, et surtout les aspects dynamiques. Il donne d'ores et d&#233;j&#224; une vision de ce qui s'est pass&#233;, plus riche, plus dense que ce que j'ai per&#231;u dans nombre d&#8216;analyses de cette p&#233;riode. Il conduit &#224; s'interroger sur les autres possibles, et montre qu'il n'y a pas de conclusion simple &#224; tirer de cet &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Introduction,961' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers l'introduction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Deuxieme-partie-des-outils-pour' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers la deuxi&#232;me partie : des outils pour &#233;tudier la complexit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour certains auteurs c'est uniquement le caract&#232;re inattendu qui fait l'&#233;mergence, et ce mot s'appliquerait selon eux &#224; ce que la science n'est pas capable d'expliquer. Nous ne retiendrons pas cette conception holiste voire vitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On parle plus souvent de syst&#232;mes complexes. J'utilise de pr&#233;f&#233;rence le mot processus pour insister sur le fait que j'ai ici en vue l'&#233;volution d'un syst&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans ce cadre, la notion de bifurcation sera d&#233;velopp&#233;e plus loin&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Certains scientifiques r&#233;cusent l'appellation complexe pour de tels syst&#232;mes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#233;lections pr&#233;sidentielle d'avril 2007 et l&#233;gislatives de juin 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Introduction</title>
		<link>https://www.idees-beaumont.org/Introduction,961</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.idees-beaumont.org/Introduction,961</guid>
		<dc:date>2008-05-15T07:59:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janine Guespin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection</dc:subject>

		<description>Le monde, la soci&#233;t&#233;, l'&#233;conomie sont complexes. Cette expression mainte fois lue et entendue, loin de sonner comme un aveu d'impuissance peut devenir un levier pour am&#233;liorer l'efficacit&#233; des analyses et des actions. C'est &#224; quoi s'attache ce texte. &lt;br /&gt;En utilisant quelques uns des concepts issus de sciences de la complexit&#233;, il montre, &#224; partir de quelques exemples de d&#233;marches de construction d'outils pour la transformation sociale, comment ces concepts peuvent aider &#224; les analyser &lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Introduction,961' class=' pts_suite'&gt; (lire la suite&#8230;)&lt;/a&gt;

-
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Politique-+" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.idees-beaumont.org/+-Election-+" rel="tag"&gt;&#201;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le monde, la soci&#233;t&#233;, l'&#233;conomie sont complexes.&lt;/strong&gt; Cette expression mainte fois lue et entendue, loin de sonner comme un aveu d'impuissance peut devenir un levier pour am&#233;liorer l'efficacit&#233; des analyses et des actions. C'est &#224; quoi s'attache ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En utilisant quelques uns des concepts issus de sciences de la complexit&#233;, il montre, &#224; partir de quelques exemples de d&#233;marches de construction d'outils pour la transformation sociale, comment ces concepts peuvent &lt;strong&gt;aider &#224; les analyser&lt;/strong&gt; en stimulant la r&#233;flexion dans d'autres champs que ceux dont ils sont tir&#233;s. Il ne s'agit ici que de fournir un alli&#233; &#224; la r&#233;flexion politique et non de la remplacer. A lui seul cet outillage conceptuel ne permet pas de donner sens au monde, mais priv&#233; de cet outil l'analyse du monde peut perdre son sens, en passant &#224; c&#244;t&#233; de la complexit&#233;, en la niant, ou en s'y perdant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces concepts peuvent aussi &lt;strong&gt;aider l'action&lt;/strong&gt;. L'utilisation de la science des r&#233;seaux pour penser la coh&#233;rence entre la structure d'un r&#233;seau militant et ses objectifs en est une illustration. Cela correspond &#224; &lt;strong&gt;une nouvelle d&#233;marche&lt;/strong&gt;, dans laquelle une r&#233;flexion m&#233;thodologique s'articule &#224; la pens&#233;e du complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quelques exemples propos&#233;s n'&#233;puisent certes pas le sujet. Ils permettront cependant &#224; ceux qui s'en empareront, &lt;strong&gt;en articulation avec la m&#233;thode dialectique&lt;/strong&gt; (que ces concepts enrichissent et pr&#233;cisent), de mieux d&#233;crypter la complexit&#233;, et de commencer &#224; la mettre au service d'une volont&#233; de transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire pour cela, que se confrontent les diff&#233;rents modes d'approche de la complexit&#233; &lt;strong&gt;dans un effort de co-construction d'un projet de transmission de ces savoirs pour une appropriation politique&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le partage des savoirs est un des enjeux majeurs de la lutte de classes, de la marche de l'&#233;mancipation&lt;/strong&gt;. Il est donc devenu imp&#233;ratif que les militants de la transformation sociale acqui&#232;rent (et contribuent &#224; forger) les connaissances n&#233;cessaires pour avoir une vision dialectique et dynamique des processus complexes sur lesquels ils souhaitent influer. Il s'agit donc &lt;strong&gt;d'expliciter&lt;/strong&gt; la pens&#233;e du complexe, &lt;strong&gt;pour que le plus grand nombre de militants de la transformation sociale ait la possibilit&#233; de se l'approprier&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les avatars r&#233;cents des approches m&#233;thodologiques en politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tournement de la pens&#233;e th&#233;orique marxienne sous l'emprise du stalinisme a conduit &#224; un r&#233;ductionnisme d&#233;terministe, selon lequel le &#171; socialisme scientifique &#187; &#233;tait l'outil th&#233;orique, qui, pour peu qu'on su le manier, disait comment faire advenir la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette conception &#8216;int&#233;griste' de la th&#233;orie, a succ&#233;d&#233; progressivement la conception inverse. La reconnaissance que le &#171; socialisme scientifique &#187; comme solution toute faite &#233;tait une imposture, allait ternir pour longtemps, dans les rangs des communistes et bien au-del&#224;, l'id&#233;e qu'une th&#233;orie puisse &#234;tre autre chose que dogmatique. &#192; un mat&#233;rialisme dialectique p&#233;trifi&#233; sous forme de &#171; diamat &#187;, devait succ&#233;der un relativisme tous azimuts, pr&#244;nant l'incertitude, au nom du pragmatisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'utilise ce terme en son sens courant et non philosophique&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certes, le fait que Marx ait utilis&#233; la dialectique mat&#233;rialiste sans l'expliciter est peut &#234;tre la source de nombreuses difficult&#233;s. N'est-ce pas d'une part ce qui a rendu possible les pires d&#233;rives du &#8216;diamat', et d &#8216;autre part, en contrepartie, contribu&#233; &#224; faire de la dialectique mat&#233;rialiste quelque chose d'obscur, de difficile &#224; appr&#233;hender, bref, qui a favoris&#233; le pragmatisme ? La dialectique, telle que Marx l'a &#8216;remise sur ses pieds' doit se chercher dans les d&#233;dales de son &#339;uvre immense. Les tentatives de l'en extraire sont souvent regard&#233;es avec suspicion comme des volont&#233;s de &#8216;dogmatiser'. La dichotomie entre dialectique comme &#8216;logique' et dialectique comme &#8216;m&#233;thode' contribue aussi &#224; ces difficult&#233;s. Comme si la m&#233;thodologie qu'on emploie devait obligatoirement &#234;tre cach&#233;e pour &#234;tre non dogmatique, comme si militer pouvait se faire efficacement sans r&#233;fl&#233;chir &#224; sa pratique avec les meilleurs outils disponibles, comme si la logique ne faisait pas partie de ces outils, mais, tout aussi grave, comme si seuls quelques intellectuels (et philosophes) pouvaient avoir acc&#232;s &#224; ces arcanes, inutiles ou inaccessibles aux militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science aussi fut mise de la partie. Au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les tentatives d'utiliser la physique quantique comme soutien &#224; l'irrationalisme avaient &#233;chou&#233;. Dans les ann&#233;es 80 la th&#233;orie du chaos, la th&#233;orie des structures dissipatives, furent appel&#233;es en renfort d'une nouvelle pouss&#233;e relativiste, voire irrationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On serait donc condamn&#233; &#224; penser qu'il n'y a pas de l&#233;gitimit&#233; pour une th&#233;orie dans le domaine non d&#233;termin&#233; de la politique et que celle-ci se doit d'&#234;tre exclusivement pragmatique ? Cette vision a certes confort&#233; l'id&#233;e de la richesse du pluralisme. Mais c'est une richesse &#171; par d&#233;faut &#187;, les id&#233;es se juxtaposent, ou au mieux se confrontent uniquement entre elles et non &#224; une r&#233;alit&#233; qui ne serait pas sujet d'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouvel &#233;l&#233;ment plaide en faveur de la mise &#224; disposition des militants de la m&#233;thode de pens&#233;e dialectique, c'est l'&#233;mergence des concepts li&#233;s &#224; l'&#233;tude de la complexit&#233;. Enrichir et rendre plus accessible une m&#233;thode souvent encore d&#233;cri&#233;e et mal connue, par l'utilisation des r&#233;sultats d'une science en train de se faire, et r&#233;put&#233;e difficile, est-ce une absurdit&#233;, une utopie ou une possibilit&#233; ? &lt;strong&gt;C'est en tous cas le pari que j'ai entrepris de tenter dans le texte qui suit&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sciences de la complexit&#233; et dialectique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue travers&#233;e du d&#233;sert, la (ou doit on dire les ?) dialectique revient progressivement sur le devant de la sc&#232;ne, comme en atteste par exemple le succ&#232;s du r&#233;cent colloque &#171; dialectiques aujourd'hui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf l'ouvrage &#171; dialectiques aujourd'hui &#187; coordonn&#233; par L. S&#232;ve et O. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'est pas question ici de faire un &#233;tat des lieux de cette r&#233;surgence, ce dont l'ouvrage cit&#233; se charge tr&#232;s bien, mais d'avancer quelques pistes suppl&#233;mentaires, sous forme d'hypoth&#232;ses, qui se limiteront volontairement &#224; la dialectique consid&#233;r&#233;e comme une m&#233;thode de pens&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si cette distinction a quelque chose d'artificiel, elle me permet de ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cents d&#233;veloppements des sciences de la nature nous apportent une vision tout &#224; fait renouvel&#233;e du &lt;strong&gt;d&#233;terminisme&lt;/strong&gt;. Il existe des domaines, tant en biologie qu'en physique, o&#249; l'historicit&#233;, c'est-&#224;-dire, l'irr&#233;versibilit&#233;, mais aussi l'incertitude, la non pr&#233;dictibilit&#233;, font partie de la science. Mais l'historicit&#233; dans ces domaines, loin de correspondre &#224; une absence de d&#233;terminisme, &#224; un relativisme absolu, traduit l'existence de lois de la nature qui incluent par exemple l'existence simultan&#233;e de plusieurs possibles, ou qui se r&#233;alisent dans des processus extr&#234;mement sensibles aux conditions, et donc &lt;strong&gt;non pr&#233;dictibles&lt;/strong&gt;. C'est ce que Prigogine consid&#233;rait comme une dissociation entre science et d&#233;terminisme, mais que la majorit&#233; des physiciens de ce domaine appellent &#224; pr&#233;sent le &lt;strong&gt;d&#233;terminisme non pr&#233;dictible&lt;/strong&gt;. En m&#234;me temps des comportements &#171; naturels &#187; inattendus et &#171; d&#233;rangeants &#187;, sont mis en &#233;vidence par l'&#233;tude de ces syst&#232;mes : ils ont nom chaos, auto-organisation, bifurcations, &#233;mergence, multistationnarit&#233;. Ces ph&#233;nom&#232;nes sont d&#233;rangeants parce qu'ils contreviennent aux canons de la logique formelle, parce qu'ils introduisent des processus objectivement contradictoires dans la science, parce qu'ils correspondent &#224; ce que seule la logique dialectique permet de penser. &lt;i&gt; &lt;strong&gt;La science moderne, en &#233;tant oblig&#233;e d'abandonner la liaison entre d&#233;terminisme et pr&#233;dictibilit&#233;, entre science et absence d'historicit&#233;, red&#233;couvre par l&#224; m&#234;me la dialectique&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf l'ouvrage &#8216;&#233;mergence, complexit&#233; et dialectique' L. S&#232;ve et al. Eds Odile (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, n'a-t-on pas les moyens de d&#233;passer l'alternance entre un d&#233;terminisme absolu et un relativisme absolu, qui conduisent d'ailleurs &#224; la m&#234;me attitude ? N'y a-t-il pas une possible alternative, que l'articulation entre les sciences de la complexit&#233; et la m&#233;thode dialectique nous permettrait d'approcher &#224; nouveaux frais ? N'y a-t-il pas l&#224; une forte incitation, non seulement &#224; revisiter les id&#233;es ambiantes sur l'inutilit&#233; de la th&#233;orie, particuli&#232;rement de la dialectique, en politique, mais &#224; d&#233;velopper et enrichir la m&#233;thode dialectique ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que peuvent apporter &#224; la politique les sciences de la complexit&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les sciences de la complexit&#233; d&#233;signent un ensemble h&#233;t&#233;rog&#232;ne de recherches, en cours depuis quelques d&#233;cennies, et pourtant encore d&#233;butantes. D'ores et d&#233;j&#224; cependant, elles fournissent un corpus de concepts et de m&#233;thodes qui permettent d'am&#233;liorer la compr&#233;hension du monde actuel. En effet, il semble de plus en plus av&#233;r&#233; que les syst&#232;mes que l'on appelle complexes ont des propri&#233;t&#233;s &#171; g&#233;n&#233;riques &#187; qui ne d&#233;pendent pas de la nature des constituants mais de la forme des relations entre ces constituants, et qui par cons&#233;quent peuvent &#234;tre d&#233;couvertes en physique et utilis&#233;es en &#233;conomie ou en sociologie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette conception n'est pas universellement admise, et, m&#234;me si je m'y (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Attention, &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; propri&#233;t&#233;s, pas &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt; leurs propri&#233;t&#233;s, &lt;i&gt;utilis&#233;es&lt;/i&gt;, et non pas &lt;i&gt;plaqu&#233;es&lt;/i&gt; !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utiliser ces concepts c'est se focaliser sur les &lt;strong&gt;interactions dynamiques&lt;/strong&gt; entre les diff&#233;rentes entit&#233;s que l'on consid&#232;re, ce qui est &#233;galement le propre de la dialectique. Mais il se trouve que ces interactions ne sont pas lin&#233;aires, ce qui est une premi&#232;re raison pour introduire les concepts issus des sciences de la complexit&#233;. Des interactions non lin&#233;aires signifient qu'il n'y a pas de proportionnalit&#233; et d'additivit&#233; entre causes et effets : il y a par exemple des effets de seuil, le r&#233;sultat de l'interaction ne se faisant sentir qu'au dessus d'un certain seuil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des interactions comportant un effet de seuil sont un des exemples (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La dialectique nous a d&#233;j&#224; familiaris&#233;s avec ce type de comportement sous le terme &#8216;saut qualitatif' ou &#8216;changement du quantitatif en qualitatif'. Mais il s'agissait l&#224; d'un concept relativement flou et global. La dynamique des syst&#232;mes non lin&#233;aires (qui est la branche des sciences de la complexit&#233; qui m'est famili&#232;re et dont je me servirai tout au long de ce travail) permet de pr&#233;ciser et classer divers types de &#8216;sauts qualitatifs' (cf. infra, les bifurcations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s souvent ces interactions non lin&#233;aires constituent un &lt;strong&gt;r&#233;seau&lt;/strong&gt;, terme tr&#232;s &#224; la mode &#224; l'heure actuelle, mais l&#224; encore de fa&#231;on vague. Or les sciences de la complexit&#233; commencent &#224; &#233;tudier des r&#233;seaux, et &#224; comprendre certains de leurs comportements, certaines de leurs propri&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la r&#233;alit&#233; sociale aussi &#233;volue, les interactions se multiplient et s'enrichissent gr&#226;ce &#224; Internet et aux techniques de l'information, et la mondialisation, qui n'est pas r&#233;duite au seul lib&#233;ralisme, se r&#233;alise &#224; travers l'&#233;mergence de r&#233;seaux de plus en plus complexes. Bref, pour reprendre la formule de Chico Whitaker, les sciences de la complexit&#233; sont les sciences qui accompagnent l'&#233;mergence du &#171; nouveau monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je ne pr&#233;tends pas ici &#224; l'originalit&#233;, il est certain par exemple qu'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc l&#224; un formidable r&#233;servoir d'id&#233;es et de potentialit&#233;s th&#233;oriques, pour peu qu'on n'h&#233;site pas &#224; penser les cons&#233;quences impr&#233;vues et d&#233;rangeantes de ces nouvelles sciences en termes de logique dialectique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien S&#232;ve et al. Op cit&#233;&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui conduit &#224; tenter de savoir si on peut articuler la m&#233;thode dialectique mat&#233;rialiste et les m&#233;thodologies sugg&#233;r&#233;es par les sciences de la complexit&#233;. Si &#171; la dialectique est l'exigence de penser concr&#232;tement l'universelle connexion des choses &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martelli in &#8216;dialectiques aujourd'hui' Syllepse/espaces Marx 2007&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les sciences de la complexit&#233; devraient permettre, au moins dans certains cas, de pr&#233;ciser les dynamiques de ces connexions. &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Une dialectique, enrichie par la confrontation avec les processus et les comportements mis en &#233;vidence par les sciences du non lin&#233;aire, de la complexit&#233;, de l'&#233;mergence&lt;/strong&gt; (sciences qui n'en sont pourtant qu'&#224; leur d&#233;but) &lt;strong&gt;serait-elle &#224; m&#234;me de contribuer au renouveau th&#233;orique n&#233;cessaire &#224; la transformation sociale dont a besoin le XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ? &#192; m&#234;me de fournir des m&#233;thodes nouvelles pour comprendre un monde, nouveau &#224; bien des &#233;gards, et rendre ceux qui la ma&#238;trisent mieux arm&#233;s pour le transformer ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est l'enjeu que s'est propos&#233; un atelier de travail (l'atelier L &#171; nouveaux concepts, nouveaux outils pour la transformation sociale &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.espaces-marx.eu.org/spip.php?rubrique53&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir l'article&lt;/a&gt;) d&#233;marr&#233; dans le cadre du colloque &#8216;&#233;mancipation, alternative, communismes'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir l'article&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui s'est tenu les 19 et 20 mai 2006. Les premiers r&#233;sultats du travail que j'ai effectu&#233; dans ce cadre permettent, je le crois, d'en montrer la faisabilit&#233;. Ce texte veut en expliciter les objectifs, et rendre compte de ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y pr&#233;senterai quelques uns des concepts issus des sciences de la complexit&#233; (du c&#244;t&#233; des &#8216;sciences dures'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il ne s'agit pas d'un choix th&#233;orique mais de la volont&#233; de n'utiliser que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), et montrerai sur quelques cas concrets, comment ils peuvent &#234;tre utilis&#233;s pour mieux comprendre l'&#233;volution de certains processus politiques, voire de les utiliser pour guider certaines actions. &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Il s'agit donc d'une approche m&#233;thodologique, qui n'&#233;puise en aucune fa&#231;on les objectifs de &#171; l'atelier L &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, mais en repr&#233;sente un premier aspect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Il ne s'agit donc pas d'une tentative d'analyse globale des processus utilis&#233;s comme exemples&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. La m&#233;thode, que je tente ici d'illustrer, sous le terme d'analyse dynamique ne peut pas se substituer &#224; la n&#233;cessaire analyse politique, mais servir d'outil pour aider, dans des cas concrets &#224; une analyse plus pertinente. Elle n&#233;cessite toutefois de s'int&#233;grer &#224; une d&#233;marche globale, s'appuyant sur une m&#233;thode dialectique enrichie par la prise en compte de la complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin si ce texte se veut une tentative d'expliciter certaines des m&#233;thodes permettant de d&#233;crypter la complexit&#233; des processus politiques, c'est &lt;i&gt; &lt;strong&gt;pour en permettre la ma&#238;trise, l'appropriation par tous les militants de la transformation sociale&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. Penser le complexe dans un monde complexe ne doit pas &#234;tre l'apanage d'une minorit&#233; de &#8216;sages' sauf &#224; retomber dans un dirigisme &#233;litiste, dont personne ne veut plus tant il a montr&#233; ses limites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je veux remercier ici tous mes amis qui m'ont aid&#233;s par leurs critiques et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.idees-beaumont.org/Premiere-partie-des-processus' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lien vers la premi&#232;re partie : des processus complexes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'utilise ce terme en son sens courant et non philosophique&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf l'ouvrage &#171; dialectiques aujourd'hui &#187; coordonn&#233; par L. S&#232;ve et O. Bertell, eds Syllepse/espaces Marx 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me si cette distinction a quelque chose d'artificiel, elle me permet de ne pas affronter l'&#233;pineux probl&#232;me des cat&#233;gories, qui n&#233;cessite une r&#233;flexion philosophique hors de ma port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf l'ouvrage &#8216;&#233;mergence, complexit&#233; et dialectique' L. S&#232;ve et al. Eds Odile Jacob 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette conception n'est pas universellement admise, et, m&#234;me si je m'y r&#233;f&#232;re, j'en admets la possible erreur. Mais &#224; ceux qui consid&#232;rent cette position comme r&#233;dhibitoire, j'aurais tendance &#224; demander de juger sur pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des interactions comportant un effet de seuil sont un des exemples d'interactions non lin&#233;aires. On en conna&#238;t beaucoup dans la vie courante, que ce soit le pot de confiture r&#233;calcitrant qui s'ouvre d'un coup apr&#232;s des efforts infructueux, ou la mayonnaise qui prend seulement lorsque la quantit&#233; d'&#233;mulsion a d&#233;pass&#233; une certaine valeur. Inversement, la centrifugeuse &#224; salade repr&#233;sente une interaction de type lin&#233;aire o&#249; la perte de l'eau est proportionnelle au travail fourni&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je ne pr&#233;tends pas ici &#224; l'originalit&#233;, il est certain par exemple qu'un certain nombre de sociologues ont entrepris une d&#233;marche similaire. (cf par exemple Michel Grossetti dont les travaux ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s par Yvette Lucas, lors de la journ&#233;e d'&#233;tude &#8216;r&#233;seaux, th&#233;orie et pratique du 3 f&#233;vrier 2007, &lt;a href=&#034;http://www.espaces-marx.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=74&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir l'article&lt;/a&gt;). Il est indispensable de confronter les r&#233;sultats auxquels je parviens avec mes m&#233;thodes &#224; ceux obtenus par les autres d&#233;marches appuy&#233;es sur la complexit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien S&#232;ve et al. Op cit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martelli in &#8216;dialectiques aujourd'hui' Syllepse/espaces Marx 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.espaces-marx.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=10&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir l'article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il ne s'agit pas d'un choix th&#233;orique mais de la volont&#233; de n'utiliser que des concepts que je ma&#238;trise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je veux remercier ici tous mes amis qui m'ont aid&#233;s par leurs critiques et suggestions &#224; rendre ce texte plus clair et plus pr&#233;cis. Merci &#224; Aline, Jean Pierre, Karine, Philippe, Roland et Yves&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
